LA. GUERRE ROUGE
Le fort Leavenworlh et la ville du même nom, qui commence à s'élever sous la protection des batteries fàdérales, oat récemment été le théâtre de quelques épisodes de la Guerre Rouge, — guerre intermittente, qui semble quelquefois s'éteindre, mais qui ne disparaîtra jamais d'un pays dont les blancs et les rouges se disputent la possession.
Une haine indestructible, haine de races, ne cesse de régner sur la ligne frontière séparant l'État blanc du Kansas, où se multiplient collèges et écoles, du territoire rouge des Osages et des Chéyennes, où, aujourd'hui encore, les indigènes vivent de chasse et ne connaissent d'autre gouvernement que celui du tomahawk.
Les sauvages, riches en chevaux, accusent les colons de les leur voler ; les colons, riches en bestiaux, font le même reproche aux chasseurs.
Cette double accusation n'est que trop souvent fondée. Le colon de la frontière s'empare d'un cheval ou d'un mulet aussi indifféremment que d'une antilope ou d'un élan i l'Iadien, de son ciïté, n'hésite pas plus à tuer le bœuf de son voisin qu'à abattre un jeune bison. Les blancs vont-ils chasser sur le territoire? Auasitét les Peaux-Rouges envahissent le Kansas et tuent les bœufe de leurs ennemis.
Ce n'est là qu'une partie de plaisir, disent les Indiens. Quand il s'agit d'une expédition sérieuse, ils convoquent les Chevaulégers, la Bande-matinalc, ou toute autre société Indigène, galopent vers les cantons colonisés, font choix d'une habitation isolée , entourent l'enclos , brisent les portes , scalpent tous les hommes, font ripaille avec les provisions, mettent le feu aux bâtiments et traînent les femmes à leurs campements.
Au mois de mai de l'année dernière, tin des fils de Petite-Robe,