‹ La conquête blancheChapitre 45 sur 130 · UN VILLAGE ZAMBO · texte numérisé non relu

UN VILLAGE ZAMBO

les, et, dau3 l'éUt de servitude, sont toujours payées plus cher qu'une esclave géorgienne eo Turquie.

Cn nègre et une mulâtresse produisent lecubra, uoe fortlude créature. A la génération suivante le type nègre reparaît.

II n'en est pas de même dans la famille indienne. Un père indien et une métisse donnent naissance au métis-clair, souvent un bel échantillon de la race humaine. Hais le sang indien semble ne se confondre qu'imparfaitement avec le sang noir. Le chino est un être grêle et gauche; son demi-frère, le zambo, est plus mal constitué encore. La nature, il semble, n'a point prévu le mélange de ces deux familles. 11 est impossible de rien voir sur terre de plus étrange que le petit zambo qui patauge dans les ruisseaux et se roule dans les ornières.

Et cependant ces laides créatures sont, dit-on, très-proliiïques. A Caddo, chaque cabine peut exhiber une nichée d'enfants. S'il faut en croire la nouvelle école ethnologique, ces demi-sang sont destinés à se multiplier plus rapidement que les nègres purs. Quelles créatures humaines est-on donc appelé à voir à Caddo dans un siècle? Si on l'abandonne à lui-même, Caddo est susceptible de produire une race semblable à celle de Los Angeles et de San-José, et de fournir aux colons de la rivière Rouge et de Limestone-Gap une série de héros pareilsà Tiburcio Vasquez.

Aussi est-ce à Caddo surtout qu'il est possible d'étudier les deux questions de la couleur et de l'esclavage dans leur état le plus primitif, et è un point de vue totalement inconnu à Richmond, à Charleston. et & la Nouvelle-Orléans.

Avant la guerre de la sécession, tous les nègres du territoire indien étaient esclaves et appartenaient aux Cricks, aux Choctaws, aux Sémlnoles, aux Chickasaws et aux Ghérokis, — cinq nations qui passent pour avoir « complètement abjuré la vie sauvage ». Leur sort était alTreux; leurs souffrances dépassaient toute imagination.

Ailleurs, lascrvitude se trouve adoucie par quelque lien de race, delangagc ou de croyance. A Pékin, les esclaves et leurs maîtres sont de même couleur; au Caire, ils parlent la même langue; & Rio, ils adorent le même Dieu. Mais dans les solitudes indiennes, le nègre n'avait ni les traits, ni l'idiome, ni la religion de son propriétaire; il en différaitpar ses intérêts en ce monde aussi bien que par ses espérances pour l'autre.

On aurait peine à concevoir quelle horrible destinée était celle, de l'esclave du Peau-Rouge..

Certes, le serf d'un blanc ne couchait pas sur un lit de roses ; mais, on apercevait encore, mëRie dans la pire des plantations de ta Géorgie et de l'Alabama, des éléments de bienveillance et de justice qu'oD ne reocontrera jamais dans le meilleur des camps de Chérokis ou de Séminoles.

Dans la Géorgie et l'Alabama, les maîtresses n'étaient jamais loin, les enfants restaient toujours en vue. Le sol appartenait à un peuple civilisé et chrétien, vivant sous le régime de la loi. Même dans les localités où abondaient les maîtres cniels, les forces de la société se portaient toujours du cAté de l'ordre et du droit. En "Virginie, tous les nègres résidaient assez près des églises pour que le son des cloches arriv&t à leurs oreilles; tous jouissaient & leur convenance du repos dominical. Aucun nègre en Louisiane n'était étranger aux vertus et à la règle de la vie domestique.

Quel est le village cboctaw oit le son d'une cloche sacrée se soit jamais fait entendre? Quel tableau de la vie de famille a jamais été entrevu dans une tente de Chickasaw? Dans tout campement indien, les squaws traitaient le nègre plus brutalement encore que leurs brutaux époux. Au lieu d'être une sauvegarde, l'enfant indien n'était souvent que la cause d'un surcroît de cruauté ; on profitait de sa présence pour martyriser l'esclave afin d'habituer le brave en herbe à se réjouir des souffrances d'autrui.

Si un esclave du Tennessi appartenait h un maître insouciant, du moins ce- maître était-il un homme d'habitudes régulières et passible des tribunaux. Ce n'était pas un sauvage nomade, vivant de chasse, et gouvernant sa famille avec le casse-tète et le couteau à scalper.

Qu'un planteur blanc soit emporté, son commandeur vindicatif, tous deux, toutefois, citoyens etchrétiens, restent soumis aux lois et à la censure de leur Église. Partout on a mis un frein aux abus.

Hais & qui l'esclave d'un Séminole ou d'un Ghéroki se serait- Il adressé pour obtenir aide et protection? Le Séminole n'a pas plus de juge k craindre que le Chéroki do pasteur à consulter.

Dans sa tribu etsurson territoire,un chef indien pouvait assouvir sa rage sur un esclave aussi librementque s'il était un roi de l'Afrique centrale. Aucun shérif ne venait lui demander compte du sang de son frère. Aucune crainte de réprobation publique n'arrêtait son bras. Dès que ses mauvais instincts sont réveillés,

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