LE GENERAL SHÉRIDAN
Kansas, de Colorado, d'Illinois et de Missouri, le territoire dti Nouveau-Mexique et le district de Gamp-Supply; celui du Texa;;, l'état du Texas et le territoire des Nations indiennes, à l'exception de Camp-Supply.
Ces réglons constituent la province normale administrée par
Nouvelle-Orlions : IlMel Saml-Charlc».
le général Shéridan j mais, en l'envoyant à la Nouvelle-Orléans, on lui avait secrètement donné le pouvoir discrétionnaire d'ajouter à sa juridiction soit une partie, soit la totalité de la division du général Mac Dowell.
Quel est-il donc l'homme ainsi chargé d'administrer huit États
libres et six grands territoires, et maître, sans avoir besoin de consulter personne, d'ajouter à son commandement, déjà si prodigieux, dix États de plus?
Comme homme du monde, j'aime beaucoup le général Shéridan, et si je le peins avec des couleurs un peu sombres, c'est parce que la vérité historique ne me laisse pas le choix des nuances. Ce serait, d'ailleurs, faire injure à cette grande et sombre personnalité que de chercher & adoucir les traits qu'elle tient de la nature. Pour comprendre la situation, il Taut voir l'homme.
Tournure de soldat, taille courte et trapue, physionomie ouverte, tête ronde comme un boulet, œil plein de flammes ; tel est le « petit Phil >, le « sauvage démon irlandais d, qui, peu & peu, est arrivé jusqu'au plus haut degré de la hiérarchie militaire. Cimi noms seulement émergent des brouillards de la guerre civile, et celui de Shéridan est un des cinq. Si Lee et Jackson' ont laissé de plus éclatants souvenirs, quel est le Nordiste, à l'exception de Grantet de Sherman, qui ait une plus universelle réputation que Shéridan? De ces immortels capitaines, Shéridan est le plus jeune. Aussi actif que Mosby, il a l'ardeur de Hood et le sangfroid de Bragg*. Entre ses mains, le pauvre Early était une souris sous la griffe d'un chat*. Il y a peu de faits mihtaircs, pendant la guerre de la sécession, qui puissent être comparés à ia série de combats dans lesquels il attaqua, bouscula et anéantit les ennemis qui avaient brûlé Ghambersburg et menacé Washington. La récompense a été à la hauteur des services rendus. L'Amérique ne compte qu'un seul lieutenant général, et c'est Philippe Shéridan qui en porte les insignes.
Shéridan a fait un rude service dans une région oii la douceur et la bienveillance sont dangereuses à mettre en pratique. Il a passé six années parmi les Ghêyennes et les Sioux, apprenant leurs dialectes et prenant part à toutes leurs guerres. Il est passé en proverbe, dans l'armée, que le petit Phil est moitié sauvage irlandais, moitié sauvage indien. Dans l'opinion géné-
1. JacksoD, Gurnommé Stùneuiall (mur de pierre), élait le plus brillgjil orOcier de t'armée confédérée du Sud. II joignait il aoe (urie toute fren(«ige, le calme et le eang-froid de t'Aiigl»SaxoD, Par suite d'une méprise funeste, ses soldats le blessèrent morlellement à Chance! 1o«ï il le (Virginie), le 3 mai 1863. (,VoI< du IraducUur.)
2. OfScierg de l'armée cooTAdérée du Sud. Mosby commandait one guérilla, llood et Bragg étaient lieulenanls généraux. (A'ofe du traducteur-.)
3. L'auteur fait ici allusion t la victorieuse campagne do Shéridan dans la vallée de la Sbénando&h (Vii^inie), quelque temps avant la cbule de Richmond.