‹ La conquête blancheChapitre 84 sur 130 · Es|iÈcB d'anlilope. (A'ole du IraducUiir · texte numérisé non relu

Es|iÈcB d'anlilope. (A'ole du IraducUiir

<lu Missouri, du Kenlucky, du Haryland et de la Virginie? Ou bien, cet immense exode est-il uq signe de déchéance ?

Uoe double solution se présente & l'esprit-

La race africaine se développe-t-elle en Amérique ? Les membres de cette race sont-ils actuellement mieux logés et mieux nourris?

On n'est pas d'accord sur la question de savoir si le nombre des Africains augmente en Amérique.

Ce qui est certaiD, c'est que la moyenne de l'augmentation s'est affaiblie. Que les noirs ne se multiplient pas dans la mémo proportion que les blancs, le fait est hors de discussion. Tous les statisticiens constatent que l'état de liberté est moins favorable à leur développement que l'état de servitude.

Quant à la nourriture et au logement, ils sont restés à peu près les mêmes qu'avant l'acte d'alTranchîssement. Et même, en dehors de quelques exceptions, les nègres et les mulâtres habitent des maisons moins confortables et ont une moins saine alimentation. S'ils sucent plus de cannes k sucre et m&chent plus de tabac, leur nourriture générale est moins fortifiante et leurs demeures sont moins habitables. L'infanticide, ce vice des tribus sauvages, est devenu très-fréquent chez eux.

Les nègres répugnent & élever les enfants, qui causent beaucoup de soucis, coûtent beaucoup d'argent et réclament beaucoup de soins.

Elsclave, la négi-esse était forcée d'élever ses enfants qui représentaient une propriété; libre, elle reule abandonnée & ses instincts qui, comme chez la Mongole et la Fidjienne, la poussent quelquefois & l'infanticide. En Afrique, les Papals et les BuUoms tuent leur progéniture; on n'est pas encore parvenu, en Amérique, à déraciner celte sauvage coutume. En état de liberté, le génie originel de la race semble se ranimer. Dans la Caroline du Sud, un nègre libre doit pourvoir à la noun iture et à l'habillement de son enfant, et chaque dollar qu'il dépense dans ce but est autant d'enlevé à la satisfaction de ses passions dominantes, le tabac k chiquer et le whisky.

On m'a affirmé qu'actuellement l'infanticide est aussi commun dans les marécages nègres que dans une rue chinoise ou une steppe tartare.

Voilà la véritable question nègre.

Il ne s'agit pas de niaiseries : les noirs peuvent-ils entrer daos la même voiture et s'asseoir à la même table que les

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blancs? ou bien : les noirs peuvent-ils voter, légiférer et porter des armes comme les blancs? La véritable question nègre, dans la Caroline du Sud et ailleurs, est de savoir si, dans l'état de liberté, les gens de couleur peuvent vivre.

Dans l'état d'esclavage, le vagabondage est interdit. Ce qui a surtout contribué à faire passer l'homme de la licence sauvage à l'ordre constitué, est cette restriction imposée 4 la liberté individuelle qui a converti le nomade en citoyen. Quelques sauvages ne sout pas susceptibles d'entrer dans cette voie.

Est-il possible de confiner un Africain?

En liberté, il n'obéit qu'à son caprice. Il va et vient au gré de sa fantaisie ; — cette semaine, il est dans le Missouri ; dans huit jours, il sera dans le Tcnnessi, dans quinze, sur le Golfe.

La Turquie essaye de flxer à la glèbe quelques-unes de ses tribus arabes ; mais jusqu'ici ses efforts ont été infructueux.

Les tentatives faites par la Russie pour coloniser ses steppes l'ont conduite au servage, et ce ne fut qu'après trois siècles d'une discipline de fer que les czars purent enlin croire que le peuple russe avait renoncé à ses anciennes habitudes nomades.

Les nègres sont-Ils aptes à la colonisation ?

Il est impossible de fixer au sol un Sioux ou un Apache. Un Peau-Rouge ne saurait vivre dans le voisinage d'un blanc.

Le nègre a-t-il la force de se soutenir seul? En servitude, le nombre de noirs s'est accru; en liberté, celui des rouges a diminué. Le sort des rouges est-il réservé aux noirs ?

Ceux qui, pénétrés d'un zèle pieux, ont donné aux nègres la liberté, n'ont-ils, dans leur ignorance des lois de la nature, fait que décréter leur lente mais infaillible extermination?

« Soyez certain d'une chose, me dit le colonel Binfield, officier sudiste qui a élndié la question nègre sur le champ de bataille, dans les plantations de tabac et dans les écoles publiques ; nous n'aurons plus de tumulte dans les rues. Nous ne nous laisserons influencer, dans notre conduite, par aucune passion locale. Nous avons commis une grande fauté en nous séparant de notre drapeau ; mais 11 y a longtemps déjà que nous l'avons reconnue et nous n'y retomberons plus.

« Toute notre confiance repose sur la loi de vie;

a Le nègre a eu son jour de suprématie. Si sa pétulance et sa folie nous ont irrités, jamais sa force ne nous a etl'rayés.

a Uaintenant m£me qu'il a, à Washington, un Président qui pense comme lui, une majorité amie dans la législature, et l'ap-

put de toutes les forces publiques, nous ne le craignons point. Un Européen l'emportera toujours, en vigueur corporelle, sur un Africain. A moins de frapper dans l'ombre ou de jeter une torcbe allumée dans un appartement, l'iiomme de couleur est à I}eu près incapable de mal faire. La lutte entre blanc et noir est celle d'un homme contre une femme. Il en est de même collectivement.

«Qu'on établisse une colonie sur les^bords du Santie ou de t'Edisto', qu'on y place dix Européens et quatre-vingt-dix nègres; qu'on distribue à chacun des cent colons la même quantité de terres, d'outils et d'argent; qu'après leur avoir octroyé un code libre et des droits égaux , on les laisse cultiver le sol , faire des lois et s'administrer eux-mêmes ; au bout de dix ans , les blancs seront seuls propriétaires du sol, des récoltes et des capitaux.

« La nature a donné au blanc plus d'intelligence et de force, plus de génie inventif, de courage et de persévérance qu'au nègre. Rien ne saurait empêcher le blanc d'être le mattre sur ce continent.

« Pourquoi, dans ce cas, en appellerions-nous aux armes pour provoquer une infaillible solution? Il n'y a qu'un ennemi de la civilisation blanche qui puisse désirer une guerre civile. Nous attendons donc, avec la certitude que notre patience nous rendra la victoire. »

Mon ami a raison.

Le nègre n'est pas fait pour la vie libre dont les engrenages le brisent et le déchirent.

Tout est relatif dans l'univers, et pendant vingt siècles l'Europe a été la pépinière féconde de toutes les forces vitales. Elle alimente les autres continents de plantes et d'animaux aussi bien que d'hommes appartenant aux races les plus élevées. Un sapin apporté d'Europe en Amérique se multiplie de manière A former une forêt et tue tous les arbres indigènes qui se trouvent dans son voisinage. On importe un cheval et un taureau; ils chassent le buffle et l'élan. Toujours les espèces inférieures font place aux espèces supérieures.

Même avec le soutien temporaire des troupes fédérales, l'ascendant nègre s'évanouira devant la science blanche, comme une forêt de plantes disparaît devant un sapin anglais et un troupeau de fauves devant un cheval anglais.

1. Dcai cours d'eau de la Carolioe du Sud. (Noie dit Iraducteur.)

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