A WASHINGTON. U
ia loi fédérale. C'est pour elle que je souffre et pour vivre en paix. Je ne désire qu'une chose, m'adminislrer en vertu de la Constitution.
— La Constitution ! s'écrie Grant en plongeant son poignard dans le cœur de la jeune femme, c'est moi qui suis votre Constitution ! »
La passion est aveugle. On oublie tout ce qu'il y a de grandeur et de noblesse dans le caractère du général Grant, mâme son génie militaire et ses services sur les champs de bataille. C'est un grand malheur pour un soldat que de gagner ses lauriers dans une guerre civile. Ses succès lui attirent la haine d'une moitié de la nation ; l'autre moitié s'empresse de reconnaître ses services par la plus noire ingratitude.
Si les batailles de Naseby et de Dunbar' avaient été remportées en France au lieu de l'avoir été en Angleterre et en Ecosse, Cromwell aurait certainement sa statue. Cependant les Cavaliers mêmes ne songèrent jamais à contester les talents militaires du Protecteur; et ce n'est pas sans surprise et sans chagrin qu'un Anglais entend affirmer que l'homme qui a pris Donelson, Vicksburg et Richmond', n'est pas un grand capitaine.
> Shéridan, reprit le Président, est un excellent administrateur qui comprend parfaitement le Sud. Malheureusement, on se méprend sur son compte, et on ne veut pas voir ses actes sous leur véritable jour. »
Dans sa pensée, cela veut dire que Shéridan est impliqué dans l'injuste suspicion oii est tenu son gouvernement. Et il a raison. Incontestablement l'aversion est grande ; mais Grant souffre autant pour Shéridan que Shéridan pour Grant.
Comme la question rouge, la question noire ne saurait être résolue en un jour; elle durera plus que Grant et Shéridan.
Les gens de couleur sont-ils susceptibles de vivre en liberté, de résister au contact et à. la concurrence des Anglo-Saxons î Cette lutte dévore des races plus élevées que la race africaine. Où sont les Pietés et les anciens Bretons? Où, sur le sol américain, sont les Six Nations', les Chevau-Iégers, les Mexicains?
1. Nasebf, dans le Comté do Norlhunpton; Charles [" y fui défail, en 1645, p&r Cromwell et Fajrfax. Duabar, ville el port d'Ecosse ; Cromwell y batlit, en 1S50, les royalistes écossais. {Sole du Iraducleur.)
2. Fort DooelsoD, sur la rivière Cumberland, Ëtat du Tenncssi (16 février 1SC2J ; — V{ckaburg,poBilioDrortiQéGsur]eMLsais9L[>i, Ëlat du mime nom (4 juillet 1S63); — Ridimond, capitale de la Virginie [avrJI 1865). {Xole du Iraducleur.)
S.HohawkB, Onondagas,Onéidas, Sénécas, Cayugas et Tuscaroraa, qui prirent pa<-li
Quel Tait historique permet de supposer que les nègres feront exception à une règle générale? L'homme énergique progresse, l'homme intelligent s'élève. Les nègres sont-ils plus énergiques et plus intelligents que les blancs?
En me rendant au Capitole avec le sénateur Fowler, je rencontre Tom Chester, un nègre pur-sangde la Nouvelle-Orléans, dont j'avais fait la connaissance quelques années auparavant, en Angleterre, à l'époque où nous faisions tous deux notre cours de droit. Une fois reçu avocat, il était retourné à la Nouvelle- Orléans oh il a toujours exercé depuis. De temps en temps, il vient en Europp; nous y avons renoué nos relations, chez des réfugiés polonais, français et allemands, qu'il fréquentait de préférence.
« Étcs-vous Kellogguiste?
— Non, né dans le Sud, je veux vivre en paix avec les blancs. Je ne suis pas à proprement parler un homme public, n'ayant jamais sollicité ni occupé d'emploi. Je ne rougis pas de mon origine. Si mes congénères sont ignorants, inintelligents, et j'ajoute paresseux, ils sont ce que Dieu les a faits ; mais ils ont d'excellentes qualités. Abandonnés à eux-mêmes, ils ne larderaient pas à s'entendre avec leurs anciens maîtres. Règle générale, quand il y a du tapage, ce n'est pas le nègre qu'il en faut accuser.
— Qui donc? Les carpct-baggcrs, comme Kellogg et Chamberlainî
— Oui, et dans leur intérêt, non pas dans le ndtre. Ces gens-là nos amis ! Vous me connaissez. A la nouvelle-Orléans, j'ai l'estime de mes confrères du barreau et celle du tribunal. Il n'y a pas d'avocat qui refuse de plaider avec ou contre moi. Je suis reçu dans l'intimité des juges blancs. Je dtne à toutes les tables, comme je le ferais à Paris, à Londres et à Berlin. Mais dans le
" Nord, dans lesvilles d'où viennent ces Chamberlains et ces Kelloggs, je ne serais admis à aucune table d'hôte, pas plus à Boslon,qu'& Chicago ! Je vous l'atteste, tout ira mieux à ta Nouvelle- Orléans quand nous serons délivrés de toute pression. »
En sortant de la salle du Sénat, où l'on attaque avec une incroyable violence la politique du Président, je me trouve, dans un couloir, face à face avec Pincfaback.
pour les Fntnfais dans la gaerre du Canada (n54-n60). Massacrés parle* ADglo-Américains, en 1119, il n'en reste plus qu'une douzaine de mille, vivant sa partie dam l'Ëlatde New-York et en partie dans le (^ada. Ils sont collectivement appelés Iro- <|uDiB, nom générique de celte puissante Tamille indienne. (A'ofc da Iraducleur.)