‹ La conquête de l'AfriqueChapitre 6 sur 76 · LES DESCENDANTS DES PREMIERS CONQUÉRANTS (TYPES KADVLES · texte numérisé non relu

LES DESCENDANTS DES PREMIERS CONQUÉRANTS (TYPES KADVLES

il les nomme Arméniens, Mèdes et Perses, qui se seraient fondus avec des Libyens et des Gélules et auraient définitivement occupé l'Afrique du Nord.

Assurément ces indications sont fort vagues. Ni l'ethnographie ni la chronologie sérieuse ne peuvent s'en accommoder. Un fait pourtant se dégage, celui de l'existence d'un peuple envahisseur qui aurait expulsé les tribus noires des territoires primitivement occupés par elles dans l'Afrique du Nord, et se serait maintenu à travers les siècles avec son autonomie, ses usages, sa langue même. Ce sont sans doute ces premiers conquérants qui ont couvert de monuments mégalithiques, dont quelques-uns se sont conservés jusqu'à nos jours, le sol qu'ils occupaient. Sous différents noms, Libyens, Gétules, Numides dans l'antiquité. Berbères, Kabyles ou Touaregs dans les temps modernes, ils se sont si solidement fixés dans le pays conquis, qu'ils le possèdent encore de nos jours. Le trait caractéristique de cette longue domination, c'est qu'elle nous montre une race si singulièrement attachée à son individualité que, depuis trente siècles et peut-être davantage, elle a résisté à tous les envahisseurs qui ont successivement essayé de la débusquer de ses positions. Rien n'a jamais changé dans ses habitudes guerrières, et, bien que son pays ait presque toujours été occupé, elle n'a jamais su se plier complètement au joug. Raconter l'histoire de ce peuple serait presque raconter l'histoire générale de l'Afrique du Nord. C'est encore Salluste qui a le mieux étudié dans l'antiquité ces populations, devenues presque indigènes par la continuité Je leur occupation. Il a établi une distinction, qui dure encore ajourd'hui, entre les sédentaires et les nomades. Les première auraient occupé le littoral et les nombreuses vallées qui descendent des montagnes; les seconds se seraient fixés ou plutôt auraient campé sur les plateaux et dans les déserts. Plusieurs des traits de sa description s'appliquent encore aux possesseurs actuels du sol. « C'est une race dure, écrit-il, et exercée aux fatigues. Ils couchent sur la terre et s'entassent dans des mapalia^ espèces de tentes allongées, faites d'un tissu grossier, et dont le toit cintré ressemble à la carène renversée d'un vaisseau. Leur manière de combattre confondait la tactique romaine. Ils se précipitaient sur l'ennemi d'une manière tumultueuse; c'était une attaque de brigands plutôt qu'un combat régulier. Dès qu'ils apprenaient que les Romains devaient se porter sur un point, ils détruisaient les fourrages, empoisonnaient les vivres, et emmenaient au loin les bestiaux, les femmes, les enfants, les vieillards; puis les hommes valides, se portant sur le gros de l'armée, la harcelaient sans cesse, tantôt en alta-

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