LES PREMIERS CONQUERANTS DE L'AFRIQUE
quant Tavant-garde, tantôt en se précipitant sur les derniei*s rangs. Ils ne livraient jamais de bataille rangée, mais ne laissaient pas non plus de repos aux Romains ; la nuit, dérobant leur marche par des routes détournées, ils attaquaient à l'improviste les soldats qui erraient dans la campagne, les massacraient ou les faisaient prisonniers, et, avant qu'aucun secours arrivât du camp romain, ils se retiraient sur les hauteurs voisines. »
Cette perpétuité dans les coutumes est importante à constater, parce qu'elle démontre que les peuplades de l'Afrique septentrionale n'ont jamais adopté franchement la civilisation des nations qui les ont successivement conquises. Elles sont en quelque sorte restées réfraclaires au progrès. Aussi jamais n'ont-elles été capables de se fondre en corps de nation ou de repousser les envahisseurs étrangers, mais elles ont -toujours opposé à leurs conquérants la plus redoutable des résistances, celle de la force d'inertie. Telles elles étaient à l'origine de leur histoire, telles elles se sont maintenues à travers les siècles et jusqu'à nos jours.
D'autres peuples ont laissé une trace bien plus durable dans l'histoire de l'Afrique. Deux d'entre eux méritent une étude spéciale : les Égyptiens et les Phéniciens. Ce sont, à vrai dire, les premiers conquérants de l'Afrique, dont il est relativement aisé de reconstituer les annales : c'est ce que nous allons essayer de faire.