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CHAPITRE I

Une soirée à Arcachon. — Un pari bizarre. — Le passé de Marcel Valdy, — Sir "Walter Donderry. — Un enjeu de 3cx),ooo francs. — Dernières conditions.

Le i" septembre 187., vers huit heures du soir, plusieurs personnes étaient rassemblées dans j le salon de conversation du grand hôtel d'Arca- J chon. Le refroidissement subit de la température, la pluie fine et serrée qui tombait au dehors, exiA pliquaient cette réunion insolite. Il fallait tuer le ^ temps, ainsi qu'on le dit vulgairement, et les baigneurs le tuaient en babillant. Quelquefois, ce- ^ pendant , la causerie devenait languissante , et ^ chacun écoutait silencieusement le clapotage des Y^^^vagues sur la plage sablonneuse ou le mugisse- ^ ixisnt du vent qui secouait les rameaux des pina- ^/ dus. Plusieurs groupes s'étaient formés; chaque "^^rsonne, selon son caractère, son humeur ou le / caprice du moment, pouvait varier son babil. Dans i un coin on parlait littérature, dans Tautre, la dis- ^ cussîon était toute politique; ici, les femmes cau-

saient toilette ; là, de graves financiers élevaient pompeusement le 3 Yo à la hauteur d'un principe social. Mais le groupe le plus animé était celui où Ton s'entretenait des explorations lointaines et des voyageurs qui les avaient entreprises.

« Oui, s*écriait sir Walter Donderry, un Anglais ventru comme un moine de Rabelais, rouge comme une pivoine; oui, et je ne dis point ceci, messieurs, pour blesser votre susceptibilité nationale, mes compatriotes ont seuls cette persévérance, cette hardiesse qui surmontent les obstacles et bravent les dangers contre lesquels se heurtent souvent les voyageurs qui pénètrent dans les régions inconnues.

— Le Royaume-Uni est la première nation du monde! ajouta sentencieusement M. Harry Catien, ancien industriel de Birmingham, doté par sa fortune du titre d'esquire.

— Les Anglais Ils poussent parfois la suffisance et la vanité fusqu'à la sottise, dit doucement un Russe à Toreille d'un Français que le hasard avait placé à côté de lui .

— C'est une maladie dont nous nous sommes débarrassés et que nous avons transmise aux insulaires britanniques, répondit à mi-voix le Français.

— Monsieur de KisselofF,,interrompit sir Walter Donderry , je n'ai point entendu les paroles que vous avez adressées à M. Dambielie, votre voisin, mais je parie 1,000 livres sterling quelles n'étaient point à la louange des Anglais.

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