Chapitre XV H
à 7,boo mètres environ au-dessus du niveau de la mer!
Les voyageurs ressentirent les effets de la raréfaction de Pair, du froid glacial, enfin de ces phénomènes si souvent observés et décrits par les aéronautes, et qui provoquent un abattement, une inertie entraînant fatalement la mort si Ton ne réagit contre eux.
« Du courage 1 du courage ! criait Valdy d'une voix un peu affaiblie! j'aperçois le versant méridional. Encore quelques minutes et nous planerons sur les plus belles contrées de la terre 1 »
Au-dessous de l'aéronef, le paysage était horrible et grandiose. Des neiges éternelles, des glaciers bouleversés réfléchissaient les rayons du soleil et se coloraient des teintes de l'arc-en-ciel. Des aiguilles de glace surgissaient çà et là avec les formes les plus excentriques et paraissaient les sentinelles géantes de ces montagnes géantes. Partout la désolation et le silence. Si l'on n'eût entrevu au loin les derniers plateaux du Thibet et les profondes vallées du Boutan, on se serait cru dans les tristes régions circumpolaires.
Enfin, lé faîte de l'Himalaya fut fi'anchi et le . Céleste s'abaissa' de 3,000 mètres. Valdy mit le cap à l'ouest pour atteindre Katmandou, la capitale du Népaul, distante encore de plus de 100 lieues. On traversa le Boutan, État indépendant, montueux, peu fertile, habité par des populations indisciplinées, violentes, pillardes, barbares, et que les Anglais ont dû châtier plusieurs fois. Du reste, les
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Boutanèses sont tributaires des Anglais pour ot qui concerne le commerce ; tous les ans, leur goi^ ■■ vernement expédie des caravanes dans le Bengak' qui s'approvisionnent de marchandises etiro* péennes. Tôt ou tard, les soldats et les canooi* suivront les marchandises. L'on prévoit dé)lrépoque où l'Angleterre joindra le Boutan à ses possessions de l'Inde.
L'aéronef traversa le Sikkim, État qui sépare k Boutan du Népaul, et réuni, depuis plusieun années, au Bengale. Puis il pénétra dans le Népaul.
A partir de ce point, les voyageurs ne distio» guèrent presque plus les contrées sur lesquelles ils passaient. L'ombre des montagnes s'allongeait dans les plaines. Ils ne virent que très-imparfaitement le Népaul^ qui leur parut ressembler physiquement au Boutan. C'étaient le même aspect alpestre, la même stérilité, le même climat.
Enfin, après une marche rapide qui se continul encore pendant deux heures, on vit Katmandou, reconnaissable dans l'obscurité à quelques lueurs tremblotantes brillant dans la nuit comme le reflet des étoiles du ciel. Valdy fit projeter la lumière électrique sur le sol, fouilla tous les points de l'horizon afin de choisir un emplacement assez escarpé pour être à l'abri d'une surprise et descendit à quelques lieues de la ville, sur un sommet isolé de la chsjne montagneuse qui forme le premier gradin méridional de l'Himalaya.