‹ La conquête de l'air: 40 jours de navigation aérienneChapitre 184 sur 234 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Une visite inattendae. — Une épftre embarrassante. — Adieux de Simpson. — Le Béloutchistan. -^ Gwadel. — Bender-Âbassi. — Sur un ilbt. — Un monologue poétique interrompu. — Les pirates du golfe Persique. — Secours inespéré. — Le commodore anglais. — La zone torride. — Une exploration avortée. — L'Arabie. — La bataille. — Hasek.

A peine l'aéronef touchait-il terre, qu'il fut entouré par une multitude de curieux. Les indigènes, les Européens, les marins, se pressaient pour examiner de près cette merveille. Tout à coup on vit sortir du sein de la foule un gros homme, rouge comme un homard, soufflant, suant, haletant.

• Ah! mes amisi mes bons amis! s'écria- t-il; quel beau jour pour moi ! Je vous retrouve enfin! >

Et à gauche et à droite, il distribua de rudes poignées de main.

• Comment, dit Valdy tout étonné, c'est vous, sir Walter Donderry?

— Eh ! pardieu, oui, c'est moi ! Ne suis-je plus reconnaissable à l'œil nu? Ma corpulence a-t-elle diminué et mon ventre s'est-il affaissé depuis que vous ne m'avez vu ?

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— Certes, non, mais je suis surpris...

— De me voir ici, n'est-ce pas? Et moi aussi. Mais vous en êtes cause.

— Comment cela?

— Je vous expliquerai la chose une autre fois. Sur ma demande, un détachement de soldats va garder le Céleste. Le capitaine du port, un de mes amis, nous attend chez lui. Allons-y. »

Sir Walter offrit galamment son bras àM** Valdy et pénétra dans Kouratchi avec Taplonib d'un triomphateur qui vient de gagner dix batailles. Le capitaine du port accueillit les voyageurs avec cette urbanité qui distingue les officiers de marine et mit à leur disposition sa personne, sa maison, ses serviteurs.

Une heure après, l'équipage aérien et quelques invités s'asseyaient autour d'une table splendidement servie. Pendant le dîner on causa.

t Ah ! mes amis, dit sir Walter, on parle de vous en Europe. Jamais question d'État n'a été aussi discutée que votre voyage. On oublie tout, même la politique, pour s'occuper spécialement de la navigation aérienne. C'est une véritable frénésie. Les journaux, les revues littéraires et scientiriques, les brochures, les publications de toutes sortes examinent le passé, le présent et l'avenir de l'aviation. Les uns en rient, les autres la nient, et il m'a fallu écrire au Times pour affirmer votre départ. Malgré ma lettre, je crois qu'il existe des gens qui ne sont pas encore convaincus. Ceux-là sont les véritables ratapoils du progrès !

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