‹ La conquête de l'air: 40 jours de navigation aérienneChapitre 183 sur 234 · Chapitre XVIII · texte numérisé non relu

Chapitre XVIII

de plaintif; on eût dit qu'elle avait conscience d'un danger impossible à braver. Berley recommença son attaque et lança avec force pierres sur pierres. Le tigre bondit et partit comme un trait. Aussitôt le Céleste accéléra sa vitesse et le poursuivit. Berley tira; deux fois il toucha le carnassier, mais chaque balle qui l'atteignait semblait le révivifier; il hurlait plus fort et fuyait plus rapidement. C'était une course magnifique, un steeple-chase aussi fantastique certainement que celui soutenu par l'honorable William Reading sur le Central Pacific Railway.

Enfin, après une poursuite effrénée qui dura deux minutes, Berley visa la tête et tjia Tanimal. L'aéronef s'abattit dans la jungle. Les Hindous, précédés des deux Anglais, de Will Tooke et de Simpson, accoururent et se montrèrent très-joyeux d'être débarrassés de leurs hôtes dangereux.

f Si j'avais à ma disposition un appareil comme celui que vous dirigez si bien, dit Berley à Valdy, je me chargerais de délivrer les possessions anglaises de tous les animaux malfaisants qu'elles contiennent.

— Espérez, répondit Valdy; l'Angleterre, qui est la nation industrielle par excellence, ne restera pas en arrière lorsqu'il s'agira de créer une flottille aérienne. »

Les chasseurs dirent adieu aux voyageurs, et ceux-ci repartirent aussitôt. Le Céleste franchit rapidement la distance qui le séparait de l'Indus,

passa sur Haïder-Abad, la capitale du Sindhy, sans pénétrer dans le delta, suivit la ligne ferrée qui relie Bombay à Kouratchi et arriva dans cette dernière ville vers cinq heures du soir.

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