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Chapitre XIX

nèrent sur moi et ne m'accordèrent plus un seul instant de repos. Alors je résolus de fuir. Je connaissais votre itinéraire, je savais que vous deviez vous arrêter à Kouratchi pour vous ravitailler. Je m'embarquai à Marseille sur un paquebot en partance pour Bombay, et de Bombay je suis venu ici par le chemin de fer. Maintenant j'irai en France avec vous, si vous voulez m'accepter pour compagnon de voyage.

— De grand cœur, répondit Valdy, vous remplacerez M. Georges Simpson que nous perdons. V

La conversation continua et les voyageurs durent conter les principales aventures qui leur étaient survenues. Sir Walter Donderry, son ami le capitaine du porr, les invités, s'émerveillèrent de ce qu'ils entendirent et applaudirent à tout rompre; lorsque Pickerreek, avec ses expressions pittoresques, sa modestie naïve, ses gestes francs et brusques, raconta l'heureux sauvetage du lieutenant Simpson. Celui-ci versait des larmes d'attendrissement.

Vers onze heures, tes voyageurs, fatigués de leur longue veillée chez le gouverneur de l'Adjimir, demandèrent la permission de se retirer.

« Dormez bien, dit sir Walter en leur serrant les mains, vos fatigues exigent un repos réparateur. Moi, je vais attendre impatiemment le jour, rêver que je suis transformé en sylphide, que mon ventre silénien s'est déprimé, et que je vole dans les sphères éthérées, aussi léger qu'une libellule* »

yj2 La ConqÊiite de l'Air,

Le lendemam, 2 octobre, Valdy et ses compagnons, sui\îs du capitaine du port et d'une foule de curieux, se préparèrent au départ. Georges Simpson At ses adieux en termes émus.

c Vous étiez devenus mes amis les plus chers, dit' il, et Dieu vous a placés sur mon' chemin pour que vous remplaciez ceux que j'ai perdus. Dans mon affliction vous m'avez consolé et mis au cœur Tespérance. «

Puis il se tourna vers M"* Valdy et ajouta :

« Et vous, madame, soyez bénie pour les bonnes paroles et les encouragements que vous n'avez cessé de me prodiguer. Quand mon courage a faibli, vous m'avez soutenu. Soyez bénie, car vous avez été ma providence. »

Iwan de Kisseloff se jeta dans les bras du lieutenant.

• Monsieur Simpson, dit-il, vous avez nûeuxfait que de me réconcilier avec les Anglais, vous m'avez appris à aimer mes semblables. Je vous en remercie sincèrement. Ma vanité et mon orgueil se sont humiliés devant vous, qui m'avez sauvé la vie quand j'étais votre ennemi ; votre noble exemple me tracera désormais mon devoir.

— Voilà de bonnes et généreuses paroles, s'écria sir Walter en tendant la main à Iwan de KisseloiF, et je vous permets de railler les Anglais tant qu'il vous plaira.

— Et si j'usais de la permission? demanda de Kisseloff en souriant.

— Je ne m'en formaliserais pas.

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