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Chapitre XXII

le 1 1 octobre au matin, au lieu d'y arriver le soir. Comme ça, personne ne chicanera sur la question de temps. Du reste, si pour une cause quelconque nous sommes obligés d'abandonner le Céleste^ il y a des chemins de fer en Espagne, et je pense que nous serons assez tôt à Bordeaux pour que M. Harry Catien ne se gausse pas de nous.

— Messieurs, que pensez-vous de la proposition de Cardounet? demanda Valdy.

— Elle est très - praticable , répondit Will Tooke.

— Cardounet a raison, dit Iwan de Kisseloff.

— En route ! répliquèrent sir Walter, Pickerreek et M"'^ Valdy. •

Le commandant supérieur, les officiers de la garnison, les colons présentèrent quelques objections sur les dangers d'une course nocturne et essayèrent de retenir les voyageurs, mais ceux-ci les rassurèrent et s'embarquèrent immédiatement.

Le Céleste s'élança au-dessus de la Méditerra* née qui, sous l'influence du vent, agitait ses flots et grondait sourdement. Il traversa rapidement le bras de mer compris entre la côte espagnole et la côte africaine, d'une longueur moyenne de 160 kilomètres, et arriva sur la pointe d'Eténa, près de la ville d'Almeria. Désormais, plus de grands dangers à redouter.

« C'est commode de voyager ainsi, dit Cardounet, on n'a qu'à v se laisser faire » .

Le vent soufflait toujours violemment, et l'aéronef avançait avec une vitesse extraordinaire. La

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lune répandait sa pâle clarté sur la terre, et dans le lointain les silhouettes des montagnes se découpaient sur le del en traits fortement accusés. Par une sorte de répercussion qui se produit la nuit, on entendait les sifflements aigus des locomotives, les bruissements des bois et des forêts, les mugissements des rivières et des torrents lorsqu'ils s'épanchaient en cascades; on apercevait les villes et les villages endormis, reconnaissables à l'éclairage public ou aux lanternes que portaient les veilleurs de nuit en parcourant les rues désertes.

Toutes les sierras qui sillonnent l'Espagne de Test à l'ouest, depuis la sierra Nevada jusqu'à celle de Biscaye, furent franchies sans encombre. Le Céleste courait, courait avec une rapidité qu'il avait rarement atteinte. Vers le commencement du * jour, un peu avant six heures, les voyageurs aperçurent l'océan Atlantique. Ne voulant pas faire sa dernière traversée sans avoir des garanties suffisantes, Valdy dirigea l'aéronef sur un petit promontoire et s'y abattit. Il examina la coque du Céleste^ s'assura qu'elle renfermait toujours une bonne quantité d'hydrogène et que tous les mécanismes de l'appareil fonctionnaient avec régularité.

« Avons-nous encore beaucoup de bicarbonate

de soude et d'acide chlorhydrique? demanda-t-il.

— Ne vous inquiétez point de cela, capitaine,

répondit Pickerreek, il y en a suffisamment pour

aller jusqu'en Angleterre, si ça nous plaît.

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