Chapitre IV, j
parieur de Tannée précédente ne manquait au rendez-vous. On renouvela et on arrêta définitivement les stipulations du pari. M. Harry Catien formula impertinemment ses doutes et ses contradictions; M. deKisselofFlui répondit vertement; sir Walter Donderry, par ses bons offices et son tact délicat, mit fin à la discussion.
« Messieurs, dit Valdy, fidèle à l'engagement que j'ai pris, je partirai demain, i®^ septembre. Si je ne suis à Bordeaux le 1 1 octobre prochain après avoir fait le tour du monde, vous aurez gagné les 300,000 francs que MM. de KisselofF, Will Tooke et moi, nous parions contre vous. »
Puis, prenant à part sir Walter Donderry, il ajouta:
« Sir Walter, vous êtes un véritable gentleman. La loyauté de votre caractère, la noblesse de votre cœur m'ont inspiré une estime qu'on ne ressent jamais pour les natures vulgaires. Je vous prie, au nom de tous mes compagnons, d'être le témoin de nos premiers -efforts. Cette nuit, vers une heure du matin, nous partirons pour Parentis; au point du jour nous nous élancerons dans les sphères aériennes.
— Je suis reconnaissant de la déférence que vous me témoignez, dît sir Walter, et j'accepte avec plaisir votre proposition.»
Peu à peu, les salons du Grand-Hôtel se dégarnirent et chacun se retira pour goûter le repos du sommeil.
jS La Conquête de l'Air,
Vers minuit el demi , un grand break de famille, véhicule de dix à douze places, traîné par quatre chevaux landais, s'arrêta dans la cour du Grand-Hôtel. Les garçons de service éveillèrent les voyageurs qui devaient partir pourParentis. Après quelques instants, sir Walter Donderry, Dambielle et tout réquipage du Céleste prenaient place.
Les 40 kilomètres qui séparent Arcachon de Parentis - en - Born furent franchis en moins de quatre heures, et Taube commençait à grisonner derrière les nuages lorsque le break arriva au chantier.
En apercevant le Céleste accroupi à terre comme une immense chauve-souris, sir Walter et Dambielle ne purent contenir leur étonnement. Ils firent deux fois le tour de l'aéronef et adressèrent à Valdy une foule de questions. Celui-ci donna amicalement les renseignements qui lui furent demandés; mais comme il craignait la venue des importuns, il procéda immédiatement aux soins de l'appareillage. Depuis lavant-veille le ballon était rempli d'hydrogène, et trois récepteurs renfermaient une bonne quantité d'acide carbonique liquéfié. Lesgénérateurs étaient prêts à fonctionner s'il en eût fallu davantage. M'"« Valdy, Will Tooke, Iwan de KisselofF, Pickerreek, Cardounet, Dernghuiz, au moyen d'une échelle de corde, grimpèrent sur la partie supérieure du ballon, et Valdy, après avoir assigné à chacun sa place et son travail du moment, se mit à l'arrière et prit la barre du gouvernail.