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Chapitre IV

Sir Walter Donderry fit ses adieux en termes émus et souhaita un heureux voyage au Céleste, Dambielle essuya furtivement une larme qui vint humecter ses yeux. Mais Valdy montrait tant de confiance et de courage, ses compagnons semblaient vouloir le seconder avec tant de dévouement et d'énergie que la tristesse et les appréhensions de ce dernier moment se dissipèrent comme une goutte de rosée au soufile du zéphyr, et l'espérance entra dans tous les cœurs.

« Attention! cria Valdy; lâchez les amarres, ouvrez le robinet du récepteur, surveillez la tige du piston et les courroies ! En avant ! »

Les volants tournèrent, la transmission du mouvement s'opéra, les deux ailes immenses se soulevèrent. On entendit un cliquetis, un grincement, un bruissement formidables produits par les armatures et l'action de l'air violemment chassé, mais le Céleste n'éprouva que quelques oscillations... Ce fut tout!...

Valdy sentit tout son sang refluer vers le cœur ; une sueur glacée perla sur son front ; mille pensées bizarres et contradictoires traversèrent son cerveau et un doute poignant s'empara de son esprit. Après tant de patientes recherches, de laborieuses études et un travail opiniâtre, arriver à un insuccès et à une déception ! Certes, il y avait de quoi accabler Thomme le plus résolu ! Cependant, il maîtrisa son émotion, il se souvint qu'un échec est quelquefois amené par des causes secondaires et qu'une mésaventure semblable était survenue à Fulton

lorsqu'il lança le premier bateau à vapeur. Il descendit à terre, inspecta minutieusement le C^leste^ s'assura qu'aucune fissure n'avait laissé échapper le gaz hydrogène et que tous les accessoires de Tappareil fonctionnaient avec régularité.

« Peut-être votre aéronef est-il trop chargé , dit sir Walter Donderry.

— Je pense qu'il ne l'est pas assez » , répondit Valdy.

Dambielle crut que son ami devenait fou et que le dépit Tégarait. Pouvait-on judicieusement soutenir, en effet, qu'un objet paraissant être ancré à la terre fût plus lourd pour s'élever dans les airs ! Jamais le paradoxe n'avait eu tant d'aplomb et tant de désinvolture. Valdy fit de nouveau manœuvrer les ailes et observa attentivement. Enfin un soupir de soulagement et un cri joyeux s'échappèrent de sa poitrine.

« Messieurs, dit-il, dans la construction du Céleste , j'ai péché par excès de dimensions. Mon système alaire est trop étendu. Pour partir il nous faut élever l'aéronef de quelques mètres. 1

C'était la vérité.

Lorsque Toiseau vole, il presse sur l'air et trouve aiiisi un point d'appui résistant. Il est aisé de comprendre que si la colonne d'air agitée par les ailes est trop restreinte, l'élasticité devient presque nulle et la détente insignifiante. C'est pour ces diverses raisons que les canards rasent la surface de l'eau avant de voler et que les martinets tombés acci-

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