Nous devons cependant dire pour notre justilication
Dans une des dernières ascensions, un ballon conduit par un des plus habiles aéronautesdu siège s'approcha trop rapidement de terre. Un des passagers avait oublié de se tenir aux cordes, et fut projeté en dehors de la nacelle. Il tomba fort heureusement sur le dos d'une hauteur assez faible pour qull ne se fit aucun mal et la descente eut lieu sans accident.
Un accident anaIogue,mais beaucoup plus singulier, vient d'arriver en Angleterre à la suite d'une asceasion exécutée au Palais de Cristal.
Le passager, qui était seul avec l'aéronaute, avait oublié aussi de se tenir aux cordes. Il tomba comme Tautre et cette fois encore d'une si faible hauteur qu'il ne se ût non plus aucun mal, mais le ballon qui était beaucoup plus petit que Taérostat du siège, se trouvant subitement délesté, reprit sa course vers les espaces célestes. L'aéronaule ayant eu la présence d'esprit de jouer de la soupape, exécuta sa descente à 10 kilomètres de l'endroit où il avait involontairement déposé son passager *.
que la difficulté de Topération était considérable et qn'avec des moyens insuffisants nous fûmes surpris par un temps affreux.
i. Ce dernier se voyant ainsi abandonné prit le parti fort sage de revenir chez lui et d'écrire aux administrateurs du Palaiâ de Cristal pour leur demander ce qu'était devenu le ballon à bord duquel on l'avait vu s'enlever. Les directeurs du Palais de Criatal, stupéfaits de recevoir oetle lettre, s'em*
A 11 heures et demie du. soir^ il avait regagné son port d'armement.
L'accident arrivé au ballon du Daily-Graphic^ lors de son gonflement à New-York, occupa toute la presse européenne et américaine. Il ne tenait cependant qu'à ce que les précautions nécessaires n'avaient point été prises contre le vent. Peut-être les aéronautes ne furent-ils point in petto mécontents de s'apercevoir qu'un cas de force majeure interrompait une entreprise dont l'issu» n'était que trop certaine aux yeux de tous les gens sensés.
11 en est de même de l'accident arrivé au ballon captif de Marseille, dont les passagers allèrent prendre un bain dans la Méditerranée parce que la résistance du câble n'avait point été calculée avec un soin suffisant.
Quelquefois ces mésaventures prennent la proportion d'effrayantes tragédies aériennes, comme on Ta vu en Amérique^ où des ballons mal lancés ont crevé en l'air ^ et produit la mort de ceux qui les mon-
pressèrent de télégraphier au passager pour avoir Texplication de ce qui était arrivé.
i. Un de ces balioDs était uue montgolfière perdue k laquelle se trouvait accroché unaéronaute; quelques étincelles s'étant communiquées à l'appareil avant le départ, le feu s'alluma pendant la durée de l'ascension et le malheureux tomba d'une grande hauteur, avec une force si terrible que ses jambes pénétrèrent dans le sol comme un projectile aurait pu le faire. Dans la terrible chute faite par cet infortuné» son cadavre fut mis littéralement en lambeaux.
laienf. Mais la période des dangers réels et sérieux ne commencera pour les aéronautes que lorsque la construclion des ballons dirigeables permettra de faire de véritables voyages au long cours avec des chances de succès. Le métier offrira des hasards et des péripéties étranges dès que Vhomme d'air ne se bornera pas aux -simples promenades dont on se contente forcément aujourd'hui.
Ces dangers pourront être évités par des capitaines hardis et prudents à la fois^ quand ils seront secondés par des équipages dévoués. Ils n'auront rien d'excessif avec des ballons disposés d'après les principes de M. Giffard, qui sont bien simples : appliquer à l'air de la façon directe, sans complication aucune, les résultats connus de la mécanique aquatique ou terrestre. Mais on frémit en songeant à tous les naufrages que des inventeurs maladroits provoqueront le jour où ils chercheront-à faire de la navigation aérienne ailleurs que sur le papier *.
1. Nous citerons comme exemple des rêveries auxqueUes le désir d'inventer quand même' peut conduire des hommes doués 'd'une certaine intelligence et d'une certaine éducatiun, le Mémoire de M. Goede, capitaine d'artillerie prusiiien, dont il a été rendu compte dans le n» i5 du Bulletin hebdomadaire de la réunion des officiers. Entre autres singularités, cet ingénieux Allemand imagine do faire un cercle en fer de dimensions colossales et de le garnir d'une toile afin de le transformer en paravent destiné à abriter le ballon captif et à l'empêcher d'osciller. Hàtons-nous d'ajouter, car il ue faut pns médire des Allemands, que cet homme a pratiqué
La plus fausse idée que Ton puisse se faire de cet art admirable est de s'imaginer que le. problème est de résister quand même au vent d'orage et démarcher constamment vers le but que Ton se propose d'atteindre. S'il en était ainsi, les critiques ennemis des ballons auraient mille fois raison de rester à terre. Mais tous les inventeurs raisonnables n'ont jamais eu d'autre idée que de construire des machines auxiliaires permettant de donner au navire aérien une vitesse comparable à celle du steamer sans lui enlever la f^iiculté de passer au-dessus de la tempête aûn de trouver plus haut le vent qui lui convient ou au moins celui qui Técarte moins du but vers lequel il se dirige.
Une autre faculté non moins indispensable, c'e&t de pouvoir rester captif à l'ancrage sans avoir rien à redouter du vent le plus violent, résultat qui n'est point chimérique, grâce à Rallongement du ballon *.
Il est essentiel de faire comprendre à tous hes inventeurs gue le gonflement du ballon dirigeable doit être considéré comme étant une partie intégrante
dans sou paravent trois trous afin que l'air puisse trouver un écoulement. Le moteur qu'il choisit est la machine à gaz. Il craint sans doute de ne pas avoir assez de poids avec la machine à vapeur! Ce Mémoire nous parait digne d'être cilë comme un exemple des erreurs auxquelles conduit forcément l'ambition d'innover à tout prix.
1. Voir les articles que nous avons publiés à ce sujet dans la Liberté,
de la conslructioa. Jamais le navire aérien ne doit toucher le sol que pour désarmer. En cela au moins il resseml)le au navire de haute mer^
Dans le choix du parti à prendre l'intelligence du capitaine joue un plus grand rôle qu'au milieu de rOcéan. Le nombre des combinaisons possibles est tellement considérable qu'il faut une science et une décision des plus grandes pour arriver à jouer convenablement d'un pareil instrument, doué de facultés si multipliées ^, susceptible de produire des effets si
1. M. Goede, Tofficier prussien précité, s'imagine qu'il faut que le ballon puisse être empaqueté, et qu'il suive l'armée sur un chariot avec des fourgons portant une espèce d'usiné destinée à effectuer son gonflement. Lcsaérostiers de la première République maintenaient leurs ballons gonflés pendant des mois entiers, et ils ne les gonflaient que dans des camps permanents où ils établissaient à demeure leurs fourneaux. On avait construit à Meudon un ballon allongé qui, nous ne savons pour quelle raison, ne fut pas mis en service. Si M. Giffard n'a point exécuté ses ascensions captives des ballons allongés, c'est que le ballon allongé demande pour sa manœuvre un cercle d'un ra^on immense, comme un navire qui serait à l'ancrage.
2. Nous devons tenir compte des effets de la foudre, qui semble devoir être à redouter quand le navire aérien est à l'ancrage. Faut-il, dans ce cas, le garnir d'un paratonnerre ? Nous avons traité cette question dans notre a"**" édition des Eclairs et Tonnerre, mais on ne saurait la résoudre sans des expériences préliminaires faites avec les ballons paragrèles de Dupuls Delcourt, dont .l'usage fut patronné par Arago (dans sa notice sur le Tonnerre), On doit même se préoccuper de l'effet que produirait la masse de la machine en traversant une nuée orageuse. Le fnan(9Uvrier aérim dont
puissants, mais exposé par la nature des choses à tant de chances de destruction.
Le gouvernement de la République est pauvre et l'on ne peut exiger que le ministère de la guerre, dont le budget est déjà si surchargé, s'occupe de la création d'une école aéronautique en vue de résultats futurs. Les autorités doivent donc borner leur rôle à faciliter le développement du goût des exercices aéronautiques.Elles trouveront certainement danslesamateurs un personnel précieux pour recruter les équipages aériens lorsque la question sera mûre ou si la guerre vient à être rapidement déclarée. Le personnel de la marine fournira des sujets capables, car la navigation océanique peut être considérée comme une école préparatoire pour la navigation aérienne. Les matelots des équipages de ligne ont pu être improvisés aéronautes sans de trop grandes difficultés. Ils auraient accompli des merveilles si leur éducation spéciale n^avait trop laissé à désirer. Si tous n*ont pu arriver à bon port, ceux qui manquent à Tappel sont morts avec gloire, et ont inscrit leurs noms à côlé de rimmortel Pilâtre des Rosiers.
on comprend facilement toute la complication et toute l'importance doit contenir une partie électrique : il est entièrement à récUger. Ctst pour arriver à débrouiller les inconnues de ce travail que nous désirons exécuter le voyage en zigzag ou toute expérience suivie.
Iinpiimcrie E icriic Heotts et Ciei à Saint* Germain.