‹ La conquête du bonheurChapitre 114 sur 133 · LA CULTURE INTELLECTUELLE · texte numérisé non relu

LA CULTURE INTELLECTUELLE

consîi^te en cette double fermeté de vouloir penser à ce à quoi l'on a décidé de penser et de refuser audience aux impressions ou idées f|ui tentent de faire tumultueusement irruption en nous. Velle et noli, c'est tout le génie.

Nous avons dit du travail qu'il donne sur chacun de nous le verdict définitif. Tout travail bien fait implique le pouvoir de résister à la dispersion, de faire attention. Il implique donc la liberté. Le contraire de la iibwté, c'est la sujétion aux choses extérieures, avec sa conséquence, la nullité. Ou cesse d'être une personne quand on est ballotté commfe pliime âd vent.

Cela est si vrai que nous admirons tout travail où nous apercevons les effets de celte liberté qui est le chefd'œuvre de la volOiilé hurftaJnê. (Jné dentelle, quand elle est d*un dessin gracieux et qu'elle est exécutée avec un soin scrupuleux, est belle. Une couture, une boutonnière^ quand les points sont fins, réguliers, égaux, également i^i^pàcéâ, ûdus pardiï^l^enl belles parce qu'ellèà sddt une preuve de pôillétteèi, d^égallté d'huméùr, de vigueur d'àttenllôû et dé cotlsciéhce. Uriê fobô éîégatitê et sitople ttâciifeste le triomphé de Tesprit qiii l'a cônçtie et ëlécutée sur la matière et chose plas difficile sur Tinâttefiiioh et rétôUrdérië. Il en \& de mètDé d un plat doât h ftâvëur éxqiiUé prouvé qu'i) est réussi. ïôUt travail àcôOknpK. parfaii, émèuieti nou^ la sympathie etràdâ)H faiiôti parce que la splendeur d'une âme hutnainô libre s'y ré&étô.

Feuilletez un vieux missel du moyen-âge : voUS é&tèt fàvl et rasséréné par la finéàsé, la déliôaléâse, là charlUa&té tiaïv^elë. la dou^^èur, la fui sans trouble du tnoiûô qui, abstrait dés cruaulés de la vie d'aloi's, déâsinattla Vierge, le^ saiutés, et d'Un pihceau habile, ihinuUéul, étalait sur le parchemin les bleus éclatante. lëS éearlatës et les ors. Ou imagiUé les autres Moines penches sur le

ehef^d'œuvre et leur ferveur d'admiration semblable à ttii« prlèté, Oa ttottvéra la mêftè coûsciènce et le même

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arftôur du tiravàit parfait dân§ léÉ f eliarê^ de^ bètètùè et quâtid ôt) exanûiné l^un de leurâ admirables dessins, oû panade letlt cbagfia quand ih s'apéfijôiveût qu'ils ôùt tuai prîâ leurs mesures si délicates et on espère, avee m%, que léé rused qu'ils emploiêût pour ma&quer uûd faute légère, perâouûe û« les apereêvra.

Cest le besoin du travail prdbe, pUr et cômine austère, qui a fait la gfaudeur et la sublimité deà eathêdralês gothiques. Les hommes qui les ont rêalUées étaient des hommes de foi, coniseieucieux, équilibrés, des hommes

libres, les plus beaux exemplaires humains que la Frauee ait produits et siirement les plus heureux.

t)e la même lignée sont nos grauds artistes, ho6 grands poètes, nôs grands écrivains, uôs grands philosophes. tlS sont supérieurs aux travailleurs spécialisés qui réalisent des œuvres qui ue serviront qu*â un seul, OU k Mû petit nombre ! eux, ils travaillent pour tous.

Ils ont su résister à répàrpillement du vulgaire : ils ont pénétré à travers la gangue des ap[)arences qui cachent le pur diamant des réalités : sous cette surface, ils ont découvert la réalité suprême : Tesprit. De même que dans les plis des draperies ils sentent la force de la gravitation universelle qui fail rouler la terre autour du soleil, ils savent découvrir dans les visages les plus humbles la beauté et la grandeur des âmes qui péniblement, éommé nous tous, montent leur ealvaire, avec

combien de chutes! vers la libération dé tous les esclavages. Dans tout Objet, ils savent discerner la peine dés

humains.

bàns les animaux et même dans la nature, par la puissance de leur sympathie ils sentent que l'esprit enchaîné par la matière fait effort vers la libération...

ï)e même que selon Porphyre les esprits célestes sont les médiateurs entre les fidèles et Dieu, les artistes, les poètes, les philosophes sont lés médiateurs entre les hommes, distraits par nature, et myopes, et les réalités

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