Perse Satire^ IV
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»ilc5, déliées d'une flore éclatante, feaveur des rf*pô9 gagnés, indépendance etc., de même tout jeune homme peut coordonner autour d'une vie salubfe et énergique un puissant faisceau d'idées, de sentiments, de tendances associées. Cela, il ne le fera pas en un jour, mais avec le temps, il le fera. Une fois qu'il Taura conquise, peutêtre découvrira-t-il avec surprise qu'une vie droite et vertueuse est comme une belle jeune fille intelligente : point n'est besoin de dot pour l'épouser : par ellemême elle est un tel trésor que c'est dérision que dé la mettre en balance avec une dot.
L'effbrt du philosophe — et c'est celui que lious avons tenté dans ce livre, — e'est d'aider les jeunes gens à se faire une habitude de ces sortes de réflexions réconfortantes et enrichissantes pour 1 âme.
Toutefois, n'oublions pas qu'il ne faut pas demandei* rimposf^ible. La nature humaine est imparfaite. Nous avons hérité d'un long passé de violence et de sottise. Les mieui équilibrés sentent au fond d'eux-mêmes ce sentiment de sourde inquiétude et d'ennui qui pousse les gens à toutes les folies, car « tout le malheur des^ hommes vient d'une seule chose^ qui est de tie savoir ! pas demeurer en repos, dans une chambre. » L'ennui remplit l'esprit de son venin, d'où la recherche à tout prix « du divertissement » qui nous rend dépendants « et partant sujets à être troublés pai" mille accidenta qui font les afflictions inévitables. »
La recherche du divertissement est la plus grande de liosmisères. « Sans cela, nous serions dans l'ennui, et cet ennui nom porterait d chercher un moyen plus solide d^én sortir» »
Il est évidemment impossible de trouver le bonheur hors de nous et il est difficile de le trouver en nous.
Pourquoi ? Pourquoi ne cherchons-nous pas le moyen solide de sortir d'ennui ?
A cause ât notfe dissipai ton. La pltij^art dès gens ii*ônt ni le goût ûi le loisir dfe regarder les réalités eii face. Regarde les choses eti face^ maxime vraiment héroïque! Cependant, comme le dit Bufifon, « la vraie phildsophife efet dd voir les choses telles qu'elles sont » *. « Lorsque le ccbur est corroftipu, on ù'ésl guère en état dé contempler l'ordre en lui-même : on ne Considère âvec plaisir que les rapports imaginaires que lés choses ôht avec soi, et on méprise les rapports réels qu'elles ont entré elles » ^.
Lé cdBilr tt'a même pas besoin d'être corrompu : là dissipation suffit pour anulhiler 1 intelligence.
Si les jeuties geiis étaient capables de considérer leur vie dans son ensemble et s'ils savaient que leur avenir est dans leurs mains, quelle belle destinée ils pourraient réaliser !
Mais à vingt ans nous sommes trop ardents pour réfléchir. Nous sortîmes tout entiers tournés vers le monde extérieur, ^ous avons d'ailleurs notre carrière à faire, qui noUs arrache à nous-mêmes.
0e plus nous souffrons : douloureux sont les premiers heurts avec ladunité, rinjuslîce, l'incompréhen^ siûn, la lUéchancelé des autres hommes. Incapables d'uti retour sur nous-^mêraes et d'Un effort de sincérité, nous refusons d'apercevoir au fond de notre âhae cette mênfie dureté, cette même injustice, tîette même Incompréhension, eette même méchariceté dorit Uous ne souffrons que quand nous en sommes victimes.
La crise de nos vin^t ans est une crise d'orgueil. Nous sommés sévères pour les autres : cependant nos chttteSj notre avidité, notre paresse, les aVorlements incessants dé notre volonté débile, devraient noUs montrer le ridicule de nos indignations Juvéniles et dé notre