‹ La conquête du bonheurChapitre 126 sur 133 · III, xni · texte numérisé non relu

III, xni

cette guerre atroce qu'on peut le nier — mais heureusement ce soût des cas exceptionnels — et nous croyons fermement que Thabitude de la sagesse et du stoïcisme donne une force supérieure de résistance et une facilité de rebondissement que les non éduqués n'ont pas. /N'est-ce rien que d'être porté à éclaircir le présent par Tavenir, et de savoir que si la sagesse ne peut pas grand'chose pour alléger un chagrin actuel, une activité réglée est toute puissante à la longue ? N'est-ce rien que de savoir de science certaine que rien autre ne peut remplir le vide des heures que l'activité et le travail et qu'une vie toute de plaisirs est intolérable ?

N'est-ce rien que de connaître la force libératric^de l2^ loi qui fait sortir les effets de la cause?

N'est-ce rien que d'avoir découvert l'absurdité des théories du caractère immuable?

N'est-ce rien, enfin, que de savoir que notre bonheur dépend de nous?

Un sage ne souffre pas de la goutte parce qu'il est sage. L'imbécillité et le vice, si on regarde la vie dans son ensemble, sont cruellement punis. C'est une grande vérité que nous ne sommes pas punis pour nos péchés mmspar nos péchés. Le vieil Hésiode « corrige le dire de Platon que la peine suit de bien près le péché ». Il affirme « qu'elle naît en l'instant et quand et quand le péché ^ ». Si nous étions élevés à discerner les effets inévitables des causes, nous verrions que toute faute se paye avec une terrible fatalité et alors nous oserions « être poires » avec sérénité. Nous serions d'ailleurs dans les deux plus grandes traditions du monde. D'abord dans la tradition chrétienne^ Le rusé Judas s'est trouvé être en fin de compte un imbécile.

Nous serions aussi dans la tradition nationale la plus pure. C'est en France que sont nés la chevalerie el

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