IK SABtÉ
sentiment de bien-être, d'énergie, de joie, d'aisance et de liberté plus grande.
Quand on passe en revue la multipticité des pièces qui composent un automobile et dont chacuue peut amener l'arrêt du fODCtionoement, on est saisi d'inquiétude : on a le sentiment que « cela » ne pourra jamais marcher. Pourtant la confiance' vient, puis une quiétude exagérée, si bien qu'une « panne » apparaît comme une injustice \
Quel ne serait pas notre afToIement si, de même qu'on achète une machine, nous devions à un moment donné changer notre corps et en acheter un oeuf ? Quel effroi en présence d'un mécanisme aussi fragile et d'une complication aussi inouïe! Le cerveau est composé d'un demi-milliard de cellules et d'un réseau de communications s'élevant à plus de trois milliards. Le corps est soutenu et mû par 160 oset 368 muscles. II y a deux millions de glandes sudoripares, qui règlent la température du corps et qui se déversent à ta surface de la peau par des canalisations qui, mises bout à bout, iraient peut-être à quinze kilomètres. Le cœur pousse, par heure, quatre cents litres de sang dans des artères qui se terminent par des canaux plus Ans que des cheveux. Chacun de ces canaux fragiles et dont la rupture entraîne la mort, supporte trente-six millions de propulsions par an, plus de cent mille par jour!
Toute celle machinerie effroyablement compliquée est
enfermée dans une peau qu'une balle, un coup de
couteau, moins encore, un choc, une piqûre de mouche,
condanme à la pourriture.
Malgré tout, par un miracle permanent, cette machine
lonnante marche.
Un automobile, mené sans intelligence ne tarde pas protester à sa façon contre la violence qui lui est ,ite : le corps humain plus souple et plus résistant, smble mieux tolérer les infractions à l'hygiène. Mais
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Là santé h
ce n'est qu'une apparence car une foule d'enfants meixént prématurément, victimes de Tignorance des mères. Upe visite à un hôpital d'enfants montre, parmi ceux qui vivent, un déchet terrifiant qui provient d'une alimentation absurde, de l'ignorance, de la paresse, du vice.
Parmi les enfants qui grandissent dans leur famille, que de nerveux, que d'agités, de violents, que d'irritables ou de vicieux ! Ensuite l'éducation publique si irralionnelke, et qui paraîtra invraisemblable à nos successeurs, impose une vie sédentaire, confinée, à des enfants en voie de croissance : beaucoup, minés par l'ennui, devieanent vicieux, comme des prisonniers. Cent cinquante mille tuberculeux meurent chaque année : ajoutons à ce tribut formidable prélevé par la mort, les jeunes gens qui succombent à des maladies microbiennes, fièvre typhoïde, etc. Qui pourra dans ce charnier dénombrer les rangs pressés de ceux chez qui la paresse et le vice avaient ruiné la résistance de l'organisme ? Innombrables sont les suicidés par « nolonté », car on ne peut appeler volontaires ces malheureux- qui sont la proie d'habitudes qui délabrent le système nerveux.
Combien nombreux ceux que l'ignorance, la paresse, l'accumulation des péchés, n'ont pas conduit jusqu'à la mort, mais qui demeurent souffreteux, mal portants : or être ou ne pas être est une question de moins de gravité que d'être bien ou mal portant.
Les découvertes faites depuis un quart de siècleparles psychologues permettent de substituer des faits aux affirmations vagues sur l'importance de la santé. Les éléments organiques du corps les plus ténus et les plus déliés envoient constamment à la conscience comme un état de situation : si nos organes jouent bien, si le sang circule dansde bonnes conditions, si les combinaisons chimiques qui s effectuent dans la profondeur de l'organisme sont
normales^ les sensatious d'énergie, de bien-être, de joie affluent. Les associations d'idées sont riches et aisées. Nous avons confiance en nous-mêmes : le besoin d'agir naît et nous faisons tout avec décision. Un sentiment de puissance et de liberté emplit Ja conscience. Nous avons tous l'expérience de ces moments où l'âme est servie par des muscles parfaits « Nous n'étions que sauts, élans, mouvement ». Nous avons alors un courage physique capable d'aifronter allègrement la pluie, la neige ou le danger. Ô^e dis-je? L'idée même du danger nous semble absurde. Nos yeux, nos oreilles ne nous donnent que des nouvelles précises du monde extérieur. Le travail est facile et nous pouvons créer, comme le dieu de Leibniz « par fulgurations ».
Au contraire, les fonctions vitales baissent-elles? Apparaissent la lassitude, le découragement. Les sensations pénibles envahissent la conscience, surtout cette affreuse sensation d'impuissance qui torture les neurasthéniques. Nous sommes apathiques, irrésolus. « Rien ne nous dit ». La pensée est enrayée, inerte, la volonté est paralysée : nous ne sommes accessibles qu'à des sentiments de crainte, de découragement : « A quoi bon? Nous ne savons plus éviter « le péché du chagrin »*. Tel le rat de la Fontaine, retiré dans son fromage, incapable de s'intéresser au monde extérieur : pitoyable égoïste par vie ralentie*
Aussi la santé est-elle le plus beau et le plus riche présent que la nature nous puisse faire : « Santé est nostre vie. Sans santé n'est la vie vie, n'est la vie viable. Sans santé la vie n'est que langueur : la vie n'est que simulacre de mort » ^.
Voltaire disait du président Hénault, qui était comblé
1« Zoroastre.