UNE FOI NOUVELLE
t)es profondeurs du monde du travail monte une foi nouvelle qui mettra d'accord les mystiques, les nationalistes, les individualistes et les utilitaires. Dans leur la'avail, les mystiques se sentiront les véritables enfants de Dieu, ses collaborateurs dans l'évolution de l'Univers et de l'humanité vers une spiritualité plus haute; les nationalistes sentiront que la seule façon de travailler au développement de la Patrie, c'est de devenir plus énergiques, plus intelligents, plus justes, qualités qui ne s'acquièrent que dans le travail et par le travail. Les individualistes comprendront qu'ils ne peuvent atteindre à une valeur personnelle élevée que par la sévère discipline du travail. Quant aux utilitaires, ils savent déjà quels avantages sociaux il y a à être un excellent ouvrier, un médecin expérimenté, un homme utile, au
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8e0â plein du mot : mais» ce que leurs théoricieDS lais^ Sftot dans l'ombre, c'est Timpossibilité d'être un mattre ouvrier dans quelque profession que ce soit, sans être an plus haut point utile en même temps qu'à soi-^mémot aux siens, à son pays^ et sans être, du même coup, un bon citoyen de F Univers raisonnable.
Cette foi dans la valeur souveraine du travail a une efficacité capable de «c soulever des montagnes j». Quelle peut être en effet la force capable de maintenir la volonté tendue durant 4es années à méditer le plan d'un livre, à lire, à prendre des notes^ à observer, à méditer, puis à écrire, à raturer, à recommencer ua chapitre jusqu'à ce que la pensée se tienne et que le style rende exactement la pensée?
Quelle est la force capable et de vaincre la pesanteur de la paresse et de pacifier la hâte à agir? Cette ^ce, c'est la foi ferme, que par mon travail je puis insérer mon action dans la trame des choses, que je puis coopérer avec les énergies bienfaisantes de l'Univers, entrer comme ouvrier dans Torganisation d'une humanité meilleure. Les religions supérieures considèrent la vie sainte comme une imitation de Dieu. Nous ne pouvons concevoir Dieu autrement que comme actif et luttant c(mtre le mal et le désordre. Or la seule façoû qui me permette de limiter , c'est de coopérer avec luî^. Comment? Par le travail.
Le sentiment que mon travail s'insère dans tiim aoUon étt^rnelle imprime à Tâme un élan d'une efficaciié a«4si féconde que celui que peuvent donner les ctoyaûcas ïaystîques et c'est dans cette croyance supérieure que 90 fondront les diverses croyances dont le fonds ^ùb»^ tftâtiel est identique, dés qu'elles passent à l'actionu C'est ainsi que le travail désintéressé, fait de' tout cœor^ pHUà un caractère de haute majesté, parce qu'il entre dtm le grand ceur^nt étemel du bien. 11 participe à Téterûité.
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Hélas ! Celle vérité est voilée par uu état social déplorable. Si nombreux soat les parasites, que ceuK qui réellemeat travaillent^ sont opprimés par la double nécessité de gagner leur pain et en outre d'entretenir les fuyards du travail manuel» qui sont légion et qui vivent dtt labeur à^ ceux qui Gcé^ni,
Aussi seule une élite s'est élevée à la conception du travail conçu comme la suprême réalisation de res^rit. Cette vérité donne une valeur infinie à la vie individuelle^ suspendue à quelque chose d'éternel.
Qiette élite finira bien par imposer la plus haute des vérités morales modernes. Elle serait plus nombreuse si les éducateurs ne s'enfermaient dans la forma oonven" ttonnelle et routinière de leur professiou. L'éducation yaniteuse» favorltble aux gens de parade, éveille bn^p de désirs extérieurs. Elle nous jégare sur des chemins qui ne août point nôtres. Elle ne part pas du besoin d action si ffiiantfeste chez l'enfant sain,, qui dépense dans ses jeux une énergie prodigieuse mais dispersée, éparpillée* Elle n'éveille pas l'attention de l'enfant sur le plaisir profond de l'énergie qui se déploie. Elle ne rechercha pas les prédilections, les tendances durables^ afin d'y suspendre les occupations et le travail. Que d'erreurs d'orientation elle éviterait si à une nature artiste, elle donnait Texpérience sentie que le dessin, l'exactitude rigoureuse de l'observation, sont des moyens nécessaires sans lesquels jamais le besoin artistique ne pourra s'exprimer. Darwin eût été stérilisé si on avait combattu en lui le goût des collections où il reconnut plus tard l'origine de son génie. Les goûts permanents découverts, reste à les stabiliser et à les organiser par l'action répétée.
Le jour où l'éducation prendra le pas sur les systèmes de gavage qui en usurpçnt le nom, il y aura moins de choix absurdes du métier ou de la carrière, par conséquent moins de souflrances.
Plus nombreuse sera Félite qui fera du métier le centre de la vie, qui organisera autour de ce noyau solide intelligence, muscles, désirs, énergies, échappant ainsi à la dispersion qui annihile, à la déraison qui guette quiconque ne plonge pas dans la réalité. Nous sommes une race de fougueux et d'impulsifs et de même que l'action va au hasard si elle n'est soumise à la pensée, la pensée devient la folle du logis dès qu'elle cesse d'être contrôlée par l'action. La pensée ne se subordonne au réel que par un travail précis. Mais ce travail doit être ^épanouissement de nos goûts, stables, de nos tendances profondes. Seulement ainsi nous donnons à notre œuvre notre attention totale. \
Ce n'est que par l'application de toutes nos énergies qu'à travers les alluvions sablonneuses des préjugés, des erreurs, nous percerons jusqu'à la nappe profonde des eaux de la vérité. Les débiles s'arrêtent aux quelques eaux d'infiltration qu'ils prennent pour la nappe ellemême.
De plus aux énergiques seuls est révélée la grande vérité morale concernant le travail, à savoir qu'il constitue l'acte divin par excellence> l'acte de création. ^
iJM*.