‹ La conquête du bonheurChapitre 63 sur 133 · Sorel, Minerva · texte numérisé non relu

Sorel, Minerva

d48 LE POUVOIR

campag^ie. Un cœur sain ne saurait supporter à la longue celte vie de cour » ^

Le pape Pie X, qui <^tait affectueux , était accablé, si ron en croit son médecin, par les devoirs de sa charge. 11 souffrait cruellement aqssi de son isolement, et du manque de sympathie des cardinaux qui lui refusaient leur collaboration -.

Dans l'antiquité, Hiéron comparait le roi à un prisonnier. « 11 se voit privé de toute amitié et société mutuelle en laquelle consiste le plus parfait et le plus doux fruit de la vie humaine » ^ « Ma hauteur^ disait-il, m*a mis hors du commerce des hommes ».

Cicéron se plaignait à Âtticus des fatigues de sa vie agitée et de Tisolement moral où le laissaient tant de relations brillantes.

Tant il est vrai que « toute situation qui dépasse la moyenne est d'autant plus agitée, pénible et moins désirable qu'elle, la dépasse davantage » *• Cela est si vrai que la femme de Carlyle lui écrivait : « J'ai eu hier la visite de N. Nous avons longtemps causé et notre conversation vous aurait paru fort intéressante si vous y aviez assisté incognito.... Celui qui passe pour « le penseur le plus profond de notre siècle » est voué à vivre seul, dans upe solitude pour ainsi dire royale. Arthur Helps et beaucoup d'autres causent avec* moi simplement : leur conversation est pleine d'esprit et captivante au lieu qu'en causant avec vous ils vous ennuient mortellement. Avec moi ils ne craignent pas de rester tels qu'ils sont. • . »

Il serait intéressant desavoir si, à eux tous, les vingtcinq souvera.ins chassés de leur trône en quelques mois^

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