‹ La conquête du bonheurChapitre 69 sur 133 · CHAPITRE Vïl · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vïl

La Famille

La eertitûde que bous avons acquise d'une longue éTalution humaine jaMNas ensdgne la modestie. Le roi ;de l'Uiaîvers est parti d^e bas. Que de milliers de siècles n'a-tr-il pas Êtllupour qu'il desserrât l*oppression de la natuire! Pendant des centai&es de sdèoles il ae put même s'aJ)riter de la piuie, et subit les sensaiions désagréables qu'ont les chiens mouillés. Sur cette humanité précaire pesait le dur esclavage des besoins élémentaires : k faim menaçait toujours . Nous avons faijli re'vii^re ces angoisses pendant là gramle guerre : des millions d'hommes 1 ont con&ue et les Russes la cûanaisseiiut encore et meurent par mÂHiers..

MêmeiaiiqoBrd'M, nos momeo^ts de lucidité i^ktellectuettte et de ¥ie spirituelle .s(pt précaires et lourdement >âépendants de Tétat du corps.

Plus nmis teiulcHis vers une i^ie ixKnrale élevée et plus «io«s devons aous souvenir que Tesprit plonge ses racines dans les viscères.

Le chêne dont le front « au Caucase pareil, brave

l'effort de la tempête, » ne vît et ne résiste que parce que ces racines^ plongent profondément dans la terre.

De même nos sentiments les plus élevés et les plus nobles ont pour antécédents nécessaires des modifications profondes du corps. L'émotioa de la peur ne se .' produirait pas si le cœur ne battait précipitamment, si la respiration ne haletait, si les intestins paralysés ne provoquaient certaines sensations qui sont partie intégrante dé cette émotion.

. Nous avons du chagrin parce que la circulation du sang s'alanguit, la respiration se ralentit, la nutrition et les sécrétions subissent une diminution de quantité et de qualité*.

Il en est de même pour Famour. 11 faut descendre en chercher Torigine et les causes dans Tamour physiologique: Nulle part n'apparaît plus redoutable la subordination de l'individu à l'espèce et les philosophes pessimistes triomphent . quand ils constatent que ce qu'ils appellent le génie de respèee a placé dans chaque homme et dans chaque femme un instinct d'une puissance explosive qui souvent détruit les idées de dignité, d'honneur, de respect, et même des instincts aussi forts que celui de la conservation.

Yis-à-vis de ce fonds de sauvagerie les éducateurs adoptent l'attitude de l'autruche qui, dit-6n, cache sa tête dans le sable pour ne pas voir le danger : parents et maîtres refusent de s'occuper du problème, quitte à pleurer amèrement sur les conséquences souvent terribles de leur abstention. Seule l'Église catholique aborde de front la question. Quand on lit, dans le manuel des confesseurs^ à quelles concessions elle aboutit sur ce sujet, on ne peut qu'être effrayé de ce

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