‹ La conquête du bonheurChapitre 86 sur 133 · Pàyot, Cours de Morale, Les mAlailitss de la veUftte · texte numérisé non relu

Pàyot, Cours de Morale, Les mAlailitss de la veUftte

A quoi bon connaître par exemple dans ses détails VAndromaque de Racine et savoir que le sujet en est tiré du troisième livre de V Enéide et de VAndromaque d'Euripide, si nous ne « confrontons » le caractère d'Hermione avec notre propre expérience de la jalousie et si nous n'en tirons pas nous-mêmes et pour Téducation de nos enfants une vigoureuse illustration des ravages que cause cette passion qui détruit peu à peu la raison et la conscience.

Qu'importe qu'on ait épuisé l'érudition sur Polyeucte, si on ne fait son profit de l'admirable vérité psychologique que nous enseigne Pauline : si nous acceptons le devoir qui nous est imposé et si nous faisons taire les inclinations contraires, celles-ci finiront par se soumettre à la raison : bien plus, elles apporteront leur élan au parti du devoir.

Nous ne devons aucun respect à la femme érudite, à la femme « savante » qui a tout effleuré mais qui ne sait rien à fond, et chez qui le savoir emprunté ne transfigure pas la vie quotidienne et ne se tourne pas en maîtrise de soi, en générosité, en sérénité. Une femme ce savante » dont la science ne se traduit pas par plus de bien-être et plus de sagesse pour les enfants, pour le mari, pour l'entourage, c'est une précieuse ridicule.

Gomme on le voit, la question ne se pose pas comme die se posait pour Diderot et pour George Sand. « Un homme de lettres peut avoir une maîtresse qui fasse des livres, mais il faut que sa femme fasse des chemises ». Une femme complète et vraiment intelligente sait faire des chemises, et de plus, elle a une solide culture scientifique, littéraire et artistique. Il n'est pas à souhaiter qu'elle fasse des livres, car rien n'est aussi rare qu'un bon livre.

Nous sommes encore éloignés de cet idéal ! Il suffit, pour s'en convaincre, de feuilleter un de ces journaux de modes dont tant de femmes, dépourvues d'esprit

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