LIVRE GHARNKL tl
quelque chose étant vivant. De vaincre. D'im* poser au vaincu un ofdre qu'il n'était plus capable de conserver ou de modiier ou pas encore capable de bfttir. Sans doute, il y a dans THistmie des accidents, des hasards, des surprises, et la vie peut être vaincue. Cependant, celui qui triomphe, c'est généralement celui qui est digne de triompher.
Je connais l'argument principal du socialisme pacifiste. La conquête c<doniale est or* ganisée sous le prétexte patriotique par le ce banditisme financier ». Soit. Mais il s'agit de savoir si le « banditisme financier » ne représente pas une forme d'action supérieure au banditisme des pirates du désert. Il s'agit de savoir s'il n'entratne pas avec lui, de par les racines qu'il plonge de toutes parts dans la masse économique et intellectuelle des sociétés occidentales, un mouvement général de richesse, de lutte, de force et d'abondance infiniment plus vaste et plus prolifique que les procédés de colonisation et d'exploitation de la terre utilisés par les Turcs. Il s'agit aussi de savoir si les classes opprimées elles-mêmes ne participeront pas dans une certaine mesure — ^ ne serait-ce que
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par Ténergie qu'elles puisent dans l'action à laquelle elles prennent part et le sentiment de révolte qui natt en elles devant la disproportion entre leur récompense et leuv effort — au labeur parfois gigantesque et aux conquêtes souvent grandioses du capital. Le problème est là tout entier.
Les révolutionnaires ont besoin de manger tout comme les bourgeois et le rétrécissement progressif du territoire agricole de l^urope la met dans la nécessité, sous peine de mourir de faim, d'accroître ce territoire coûte que coûte et par tous les moyens. Si dans un demisiècle ou plus, ou moins, les peuples de l'Europe mangent, ils le devront autant à l'appât des gains monstrueux réalisés par le capitalisme qu'à la passivité peut*étre héroïque des pauvres dont les cendres ont fécondé les terres d'Afrique et d'Orient.
Je sais bien ce que la victoire (te l'Europe risque de détruire à jamais : des ruines, la majesté nostalgique des races qui ont été fortes et à qui reste encore, dans l'attitude et le regard, le fantôme de la noblesse que donnait la vie nomade et guerrière d'autrefois. Des ar-