LIVRE CHARNEL 9iS
travail aiméfl et cuiiaafiéi geraieflat f<M'céft de conquérir ce qui reste des terres vi^^sj MaA% YorgBiBhme national existe. Ce^ là eiuxH*e -un de ces faite qti'il est plus o6uiageu:| d'!acdep(er que de niec. Il no. s'agit ipas de savoir, si queU ques hommes sont capables de . s'élevdr à la comp]téhexisioi^< dei toiit.ee qui exprime rhomme sous touteë tes latitudes où il vit, il s'agît de savoir si les hommes ne sont pas en» core odndajnnéft à vivre par groupements distincts fÊomi dfa< latitudes différentes et si une langue eomntune, mt^.cdîmat. eommun, une forme d'activité commune -^ ici; agricole, là maritime, là industrielle, ailleurs comn^rciale — ne détermine pas, même entre filasses différentes dans le même groupement, un certain nombre de besoins et d'intérêts communs dont l'existenee est d'ailleurs parfaitement conciliable avec des intérte et des besoins de classe indépendants des nationalités et des frontières. Et quand. nous nous trouvons en face d'un conflit entre deux groupements fondés sur ces bases chamelles, nous sommes forcés de nous demander non seulement quel est celui des deux qui est le plus près de notre
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façan de senlir el d'agir et représente pour nooB l'histoire el la culture les plus fécondés, mais suitoirt quel est le plus viyant, le plus ardent, le plus riche en rirtualités civilisatrices, en puissances devenantes, en rayonnement futur.
Le dernier exemple est trop beau. D'un côté une horde de pillards asiatiques qui n'avaient, il y a cinq siècles, pas plus de droits au sens abstrait du mot — si )e mot a un sens abstrait — pas plus de droits sur là Tripolitaine que n'en a aujourd'hui un peuple qui pourrait au moins invoquer les souvenirs de l'Empire gréco-^latin et de la Méditerranée moralement conquise par les légistes de Home et les artistes athéniens, une horde de pillards qui, partout où elle a passé, en Asie Mineure, en Europe des Garpathes au Péloponèse, en Africpie, dans l'Archipel, a laissé le désert reprendre rOasis, la pierre percer les terres labourées, les canaux et les ports creusés par les Romains et les Arabes s'ensabler, les hommes déchoir et s'abrutir. De l'autre la -race la plus vivante, la plus plastique, la plus résistante à la mort qui fût peut-être jamais, la race qui
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coula le vieux monde d^l9 flon moule quatre siècles durant, qui révéla il y a cinq cents ans à l'Europe l'individu, brisa le christianisme, fonda l'esprit moderne et qui, surgie il n'y a pas cinquante ans du fond d'un abtme de servitude et de onisère, a trouvé le temps non seulement de retremper son ressort intérieur, mais de créer la Tunisie, d'éveiller l'Amérique du Sud, de donner à l'Amérique du Nord un de ses plus puissants réactifs... Hélas I il y a quatre-vingts ans, les Romantiques, eux, avaient foncé sur la Turquie. Je sais bien, il s'agissait de délivrer. un peuple» d'arracher à l'asphyxie lente de prodigieux souvenirs. Tandis que les Tripolitains, c'est une proie qu'on se dispute. Soit. Un^e proie qui ne bouge pas est morte ou mourante, et faite pour nourrir les vivants... Et le socialisme, qui se dit force d'avenir, ne veut pas qu'on touche à la proie, demande à la laisser ipprurrir sur place I II tremble et gémit comme un malade devant la perspective d'une guerre qui ne pourra {aire autant de victim/qs, dût-elle durer vingt ans, que la domination turque en réalise, à chaque seconde qui tombe, en gaspillant la vie sur
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toute rétendue dei territoires où elle agit I Je sais que le paysan turc est un brave homme, honnête,' hôspitaliei" et travailleur,
(censuré)
Cela
prouve une fois de plus rinfériorité de la supériorité morale sur la vitalité pure et simple, et
qu'il n*y a rien de commun entre la moralité et la civilisation.
La civilisation. Oui. Je maintiens le mot.
Je sais qu'il peut prêter à rire. Belle civilisation en vérité que celle qui s'exporte par le cuirassé et s'impose par le canon. Plaisanterie usée. mon mattre Rousseau, le non-civilisé, je te Tai dit, n'est pas forcément un mouton. Et puis, 6 mon mattre Tolstoï, tu n'as pas su nous persuader, malgré ton art miraculeux, que la civilisation fût le renoncement, l'efEacernent moral et matériel devant la vie et devant la mort. La civilisation, hélas ! — ou par bonheur ? — c'est un ensemble de coutumes et d'idées, d'activités de domination et de libération formant sur l'Histoire une courbe harmonieuse, quelque chose de stylisé et de construit et qui eut la force de vaincre, ce