‹ La conquéte et les conquérants des Iles Canaries: nouvelles recherches surChapitre 114 sur 134 · CHAPITRE SOIXANTE-NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SOIXANTE-NEUVIÈME

L'isIôd'Erbanne quise dit Forte auenture, contient vingt et quatre lieuez fransoises de long et vu de large ei en tiel lieu y a, elle ne contient q vne lieue là est vn mur grant et large qui côprent le pais tout à trauers de Tune mer à l'autre et semble q il y et là auprès pîerrere d'azur, laquelle nous auons veue et trouuée, maïs nous la sauions exprouer, le pais n'est mie ainsi garni de grans boys, côme sont les isles dessus nômeez mais de même bouys portât let de gût médicine en manière de bame. Et le pais tout plain et d'autres arbres assez, portons dates, etoliuez, mastic, etautreschosesbienestranges. Le pais est moult peuplé de cheurez tant priuéez que saunages, et en puet dorénauant prendre chascun an trantemille et mettre à profit la cber, le cuer et les grosses et sont les cbers descheurezde pardessa auxi franchez et plus tandrez et plus sauQuréez que les moutons de pardessa. On y trouue grant foison de sel du cousté deuers la Mer Occéane et de l'autre cousté de moult bêliez placez pour faire airez de salines, les fontaines y sont belles viuez et couranes et en

nu ou en cinq lieuez et pourroit on faire moulins moulans à cboseau. le pais est garnis de plains et de montaignes, et puet

1. Texte de Jean V de BéthencoueL Édition normande, p. 130. Titre: . Sy parle de Tisle d'Érbanye dit Fortaventure en laquelle y avoit denx rois.

Ce chapitre, dans Tédition normande est tout changé, il n'y reste one quelques phrases du texte du frère Boutiar.

on cheuaucher partout, fors que en auscunes montaignes,qui sont de grans rochers, le pais est moult garni de oyselin, de hérons, de bitardes, d'oîseaulx de rude d'autre plumage que ceulx de par dessa, de gns coulous qui ont la eue terminée de blanc, et de pigions de coulomber tant que merueillez. mais les fauscons les destruent touz, de cailles, d'alouètes, d'autres oyseaux qui sont blans et grans côme uue oye et hantant tous diz entôr les gens et n'y laissent nule ordure. Les habitans son pou de nombre et viuant de char et de lestagez et sont de grant estature hômez et famez, et moult fermez en leur créance et â poyne les puet on prendre vifs, et ont telle condicion entr'eulx que, si auscun est prins de Crestians et il retomôt en leurs mains et le tuôt sans remède, il y a de très bons pors en toutes saisons pour petit nauire et marchest le pais du cousté du SuOuest àxulieuezprèsdela GrantCanare, et de l'autre boutdeuers Nord Nord Est à nu lieuez de l'isle Lancelot. Les gens vont tous nuz, espécielement les hômez, excepté vn cuira tout le poel que ilz ont noué sur l'espaule, les fômez ont au tel cuer pour maismes mande, et deux autres cuers l'un deuant et l'autre darrôre sains à trauers rains et leur vont iusques aux génois^ et sont henseez sans auans piez et portant grans cheueulx et crespez, qui sont taille deuant le front, en la manière que les homes portant en h'uytefale, elles alettent leurs enfêns à la memelle Et du cousté deuers louant, qui est terre ferme peuplée de sarrazins sciet le royaume de laGuinoye qui s'estent iusques au Flun de l'or^» lequel flun marche en la terre du prestre Jean.

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