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LA CONQUÊTE ET LKS CONQUÉRANTS

devaient être autant d'illusions, lorsque Madame de Béthencourt, qui s'était trouvée avec son mari en Espagne, où la parenté de celui-ci avec les Mendoza et ce qu'il y avait de grands lui ouvrait les portes; elle avait eu lieu de s'apercevoir en juin 1403 que par engagère de ses fiefs de Bélhencourt et deGraînville la Teinturière, son mari lavait réduite à une pension par trop congrue. En conséquence, avant de quitter Cadix, elle lui avait fait signer un acte par lequel il lui reconnaissait le droit de prélever sur les revenus de toutes ses terres le quart, plus vingt livres tournois ^i toucher au terme de l'Assomption, payables sur les revenus de Béthencourt, au besoin par autorité de justice.

Il fallait donc, pour satisfaire à la fois Madame de Béthencourt et Tengngiste Robert de Braquemont, que les terres de Béthoncourt rapportassent 805 livres tournois; mais elles ne rapportaient pas autant, et il parait que Robert de Braquemont prélevait très rigoureusement les cinq cents livres.

D'un antre c6té, Madame de Béthencourt, qui avait fait enregistrer l'acte de 1403 au Chàtelet de Paris, s'adressait à la justice et demandait que l'on fît l'assiette des biens de son mari pour fixer la quotité du quart auquel elle avait droit, et que Robert de Braquemont eût à lui fournir en cas de relard une provision.

Malgré les oppositions de Robert de Braquemont, l'échiquier de Normandie avait adjugé à Madame de Béthencourt, le 27 février 140^). ses conclusions avec rappel des fruits et arrérages depuis le jour de l'accord passé entre elle et son mari.

Les dépens devaient être payés par Braquemont.

Ce jugement du 27 février 1406, qui mettait le conquérant

des îles Canaries dans des rapports difficiles avec son oncle, était une assez mauvaise rentrée pour lui, et faisait entendre comme une note discordante avec les félicitations qui lui avaient été adressées à son arrivée à Béthencourt.

Les dcsagrcments ne se bornèrent pas là. Quelque temps après, à Grainville la Teinturière, Béthencourt éprouvait un chagrin violent. L'esprit vraisemblablement prévenu contre sa femme et contre son frère, qui le gênaient dans la disposition de ses biens, il s'était avisé, en raison de leur communauté d'intérêts, de prendre en mauvaise part une parole légère sans doute, mais sans portée de sa femme, et de croire qu'ils le trompaient ensemble.

De là, des scènes douloureuses qui lui firent mettre sa femme en charte privée et le portèrent à aliéner ses biens, afin que son frère n'en héritât pas \

A la suite de ces querelles, Béthencourt devait forcément s'éloigner de la cour, du duc et de la duchesse d'Orléans, où son beau-père, chevalier respecté, ne pourrait voir l'homme qui maltraitait sa fille et Temmurait si cruellement. D'autre part, les plaintes (ju'avait dû faire Gadifer de la Salle, sur sa conduite envers lui, n'étaient pas de nature non plus â lui rendre le retour agréable, soit près de Louis d'Orléans, soit auprès des chevaliers qui appréciaient le désintéressement autant que la valeur du Poitevin.

Dans ces circonstances, il était vraisemblable qu'il n'aurait pas eu le soutien de son oncle Guillaume de Braquemont qui, d'ailleurs, avait dû perdre de son crédit au moins momentanément, après la défaite qu'il avait éprouvée à

1. Le manuscrit de Jean donne sur ce point des d(Hails dramatiques, que Gallien de Béthencourt avait eu le bon sens do ne pas laisser imprimer.

Champigneulles, dans le commandement du corps d'armée dont le duc d'Orléans l'avait chargé.

Ainsi le malheur pesait sur une partie de sa famille ainsi que sur lui-même.

Les misères publiques avaient par exemple, dans cettç période de temps, avancé la fortune du frère, dont il croyait avoir sujet de se plaindre.

Regnault de Béthencourt se trouve en effet en évidence de 1400 à 1412. Dans cette année, il donnait un reçu de la somme de 1610 livres tournois, tant sur ses gages de lui comme bachelier, que sur ceux de 23 écuyers et de 12 archers de sa compagnie, pour services rendus, soit dans la ville de Paris, soit ailleurs.

Il remplissait alors, dans le parti du duc de Bourgogne, un rôle assez important. — En 1410, il s'était jeté avec de grandes forces dans la cité de Chartres, où les princes ligués s'étaient présentés; l'entrée leur en avait été refusée, mais elle avait été ensuite accordée au connétable d'Albret et à l'archevêque de Sens, de telle sorte que par traité Regnault de Béthencourt avait été obligé de s'en aller.

En 1411, Jean sans Peur, par une convention avec le comte d'Arundel, prenait à sa solde des arbalétriers anglais, qui furent licenciés en 1412 sur le certificat de Regnault de Béthencourt.

Enfin, le 14 mars 1412, on trouve une montre de ce chevalier capitaine de Longueville et de dix hommes en garnison au château, et cette même année, le 28 juin, Regnault, chevalier, chambellan du roi, conseiller et maître d'hôtel du duc de Bourgogne, donnait quittance de 800 livres d'or.

Sans doute, à la manière dont Jean de Béthencourt voyait les hostilités reprendre entre les fils du duc d'Orléans et le

duc de Bourgogne qui avait été battu, il songeait à se soustraire aux effets d'une guerre civile qui menaçait de se compliquer d'une guerre avec les Anglais ; il avait des intérêts en Espagne, il y alla en 1412 et y trouva encore le concours de son oncle, quoique celui-ci pût avoir à se plaindre de lui.

Depuis 1402, que Béthencourt était parti pour les Canaries, Robert de Braquemont n'avait cessé de s'élever par les services qu'il avait rendus tant en France qu'en Espagne.

En 1403, il amenait quatre galères d'Espagne avec 500 arbalétriers. En 1404, il signait, le 14 juin, comme chambellan du roi, le traité d'alliance avec Owen Glendower, qui préparait l'expédition du maréchal de Rieux, au pays de Galles, et la campagne de Pero Nino, sur les côtes de Cornouailles.

La manière dont il avait rempli sa mission appelait sur lui de nouveaux honneurs.

Il était nommé chambellan au service ordinaire du duc d'Orléans, aux gages de 500 francs, et siégeait au grand conseil.

Ces honneurs convenaient à la nouvelle mission dont il était chargé; il allait avec Girard du Puy, évéque de Saint- Flour, auprès du roi Henri III de Castille, lorsqu'il fut rencontré, en décembre 1404, dans le golfe de Gascogne, par Pero Nino.

En 1406, il était à Valladolid avec l'évêque de Saint- Flour, à conclure le traité pour lequel il avait été envoyé, lorsque la mort de don Henrique III (25 décembre 1406) empêcha de terminer leur négociation. L'évêque revenait en France, mais Robert de Braquemont restait probablement en Castille, pour aviser aux éventualités de la régence, que

Catherine de Lancastre, mère du jeune roi, se partageait avec rinfant don Fernando^ son beaurfrère. Il fallait veiller à nos intérêts, contre Tinfluence anglaise, pour le renouvellement des traités d'alliance entre la France et la Castille.

Don Ferdinand emj)loya en même temps Robert à la guerre contre les Maures. Robert réunissait alors une flotte avec laquelle il les battait et se rendait maître dans le détroit de Gibraltar.

Le 24 avril 1408, ayant reçu des pouvoirs pour renouveler avec Tévêque de Saint-Flour, les traités d'alliance, il concluait le traité de Vr.lladolid du 7 décembre.

Comme on le voit. Robert de Braquemont était toujours en action au service des deux pays, mais père de famille, il n'oubliait pas ses propres intérêts. En 1412, le 12 avril, Béthencourt lui faisait une reconnaissance des 2,000 livres reçues par lui en 1405. Et Navarrete rapporte que deux mois plus tard, le 25 juin 1412, Béthencourt renouvelait par acte fait à Valladolid son serment de fidélité pour les îles Canaries, au roi Jean de Castille, fils d'IIenrique III, et la régente, sa mère. Braquemont qui, en 1414. assistait parmi les seigneurs castillans au couronnement de Tinfant don Ferdinand comme roi d'Aragon, avait intérêt h mettre son neveu en état de tirer parti de sa conquête, et en 1417, ce fut sur les sollicitations de Ro))ert que le jeune prince accorda le privilège des Canaries avec le titre de roi.

Dans ces circonstances, Béthencourt avait peut-être pris quelques arrangements avec son oncle. Malheureusement sa position en France ne pouvait guère s'améliorer, en raison même des afl'aires généi-alcs.

Il allait du moins remplir son devoir dans ces nouvelles épreuves de la patrie.

En 1415, avant l'ambassade en Angleterre, dans laquelle son oncle Guillaume de Braquemont allait, avec le comte de Vendôme, tenter un dernier effort pour obtenir la paix ou au moins une trêve, le roi écrivait au bailli de Caux, le 4 juin : « Faites pour résister à Tadversaire d'Angleterre, qui réunit des navires avec l'intention de descendre dans notre royaume, faites crier aux lieux accoutumés et publier semonce aux gens de guerre de se tenir sur leurs gardes et de s'appareiller pour résister et répondre à tout appel. Fortifiez les villes et les châteaux, rendez compte. » On apercevait bien l'imminence du danger et l'on avait voulu y parer. La semonce fut répétée, le 28 août, au retour de l'ambassade, d'une manière générale à tous les gens de guerre, lorsque le Dau[)hin fut nommé capitaine général et envoyé à la défense de Harfleur.

Et l'on voit Béthcncourt, dès le 4 août, répondre à la première semonce, dans le temps où Lyonel de Braquemont allait prendre son poste dans cette ville, où il était rejoint par Estouteviile et Gaucourt qui l'effacèrent.

La montre de Jean de Béthencourt, reçue à Vittefleur, porte avec le nom de Jean de Béthencourt^ chevalier banneret, ceux de neuf écuyers de sa compagnie: 1^ Guillaume de Saint-Laurent (arrond. de Dieppe, c. Envermeu); 2" Jehan le Prévost; 3° Aubin Pépin; 4° Jehan de Grainville; 5^ Colin de Pimont (fief d'Yvorville, arrond. d'Yvetôt) ; 6^ Jehan de Canonge ; 7^ Guillaume leCavelier; 8® Michel de Maubuisson ; 9° Pierre Lecaut.

Le nom de Béthencourt que l'on trouve souvent avec le prénom de Jehan, ne suflisait pas pour gaiantir qu'il s'agissait ici du seigneur des îles Canaries', mais nous reconnaissons parmi les écuyers des hommes (lui lui sont attachés et

dont un, le sieur de Maubuisson, ne tardera pas à figurer ici même dans deux ou trois ans.

Cet empressement est d'autant plus honorable à signaler pour Béthencourt, que M. de Belleval dans son Histoire d'Azincourt, porte comme ayant assisté à cette triste journée, dans laquelle périssaient six princes du sang, ceux dont il avait trouvé les montres en Normandie depuis la descente des Anglais.

Si Béthencourt ne fut p«ns à cette journée, il servit probablement du moins autour d'Harfleur, dont le siège commencé le 15 août finit le 20 septembre par la capitulation de Lyonel de Braquemont.

Après la défaite des Français, la garnison anglaise, établie dans ce poste si important ravagea les rives de la Seine jusques à Cany et à Val mont, c'est-à-dire aux abords de Grainville la Teinturière. Charles VI régnait toujours pourtant, encore au moins de nom, pauvre insensé à instants lucides dont son entourage abusait. Béthencourt lui rendait hommage en 1417, pour son fief du pays de Bray. C'était, quoiqu'il habitât Grainville, tout ce qui lui restait de ses biens. Encore cette seigneurie de Béthencourt était-elle grevée d'une rente de cinq cents francs.

Il est vrai qu'il ne la payait pas. Le conquérant des lies Canaries, qui, comme le chien de la fable, avait lâché la proie pour l'ombre, devait donc être bien mal dans ses affaires et certaines circonstances donnent à le penser. 11 songea en effet à tirer parti de cette conquête qui lui avait coûté le repos de sa vie. Le 8 janvier 1418, il obtenait de Henri V, un sauf-conduit qui lui permettait de circuler et de naviguer, pendant un an par toutes ses possessions en compagnie de 40 personnes, sur un navire jaugeant 80 tonneaux, dont

était patron Michel de Maubuisson, un des écuyers do sa montre de Vittefleur.

Un autre sauf-conduit de même date que le précédent lui était octroyé pour le même espace de temps, en faveur de 25 personnes de sa compagnie montées sur un bâtiment de 40 tonneaux, dont Jacques Grossier était patron.

Une condition, mise à cette double faveur, interdisait aux* deux bâtiments d'aborder aux côtes d'Angleterre, nisi eausanté véhémente maris tempestate.

Le savant historien du XV® siècle, M. Siméon Luce, qui m'a communiqué ces deux documents cités par M. de Fréville, pense qu'alors Béthencourt dut aller aux Canaries; rien ne le prouve.

Dans tous les cas, si ce voyage eut lieu, il dut être bien triste, car il était loin de ressembler à celui de 1402, où il s'embarquait avec l'espérance, à en juger par l'ordre que Béthencourt donnait à Maciot, son lieutenant, d'aliéner le domaine utile des îles, tout en se réservant la seigneurie en général et la possession de Fortaventure en particulier.

En douze ans, comme tout avait changé et devait changer encore! Les événements présentaient en France un gouffre dans lequel devait s'abîmer bientôt le prix de la vente.

Les Anglais ravageaient tout, Robert de Bra(jueniont, qui en 1417, se vengeait d'eux, par une victoire, à la tête de 5 vaisseaux de Castille, près de la Rochelle, Robert de Bra-

quemont nommé en janvier 1418 lieutenant général du roi au bailliage de Caux, Gisors et Gournay, ne put arrêter

l'invasion. Il n'avait pu entrer à Rouen qu'occupaient les

Bourguignons. II avait mis en état le château de Neuf-

chastel, et son gendre Pierre de Rouville, capitaine du Pont-

de-l'Arche, soutenait contre le roi d'Angleterre le siège de

cette place, que n'avait pu secourir le Dauphin. Henri V en était parti pour le siège de Rouen.

Après la capitulation de cette ville si admirablement et si malheureusement défendue, les autres points principaux n'avaient pas tardé à succomber.

Fécamp s'était rendu le l*'*' février, Dieppe le 9 mars, Caudebec avait inutilement tenu six mois. Enfin les forts tenus par les Braquemont, Saint-Martin-le-Gaillard et

Pont-Traucquart, n'avaient pas été plus heureux \

Dès lors, tous les seigneurs normands furent vexés, rançonnés, dépouillés. C'était à qui des Anglais ou des mauvais Français dépouillerait ceux qui étaient restés fidèles au roi. Quand Henri V se crut le maître du pays, pour n'avoir plus à rencontrer de résistance, il fallut, pour garder ses biens, lui rendre hommage.

Béthencourt n'échappa point à cette humiliation, mais il subissait ici l'influence de son frère, Bourguignon et allié des Anglais, auquel il vendait, le 11 mai 1421, ce qui lui restait, à condition que celui-ci serait tenu de lui donner le nécessaire, autant que son rang le comportait. Regnault devait en outre payer ses dettes.

Par cet acte, qui marquait la triste situation dans laquelle le conquérant des lies Canaries était, ainsi que tout le pays, réduit au désespoir, Béthencourt. pressentant sa tin, cherchait peut-être à racheter ses torts envers Regnault, son frère, que d'autres papiers nous montrent, après lui, maître « Insularum cananarum vulgari modo de Quenare ».

La mort de Jean IV ne tarda pas. Elle eut lieu Tannée

1. Un aveu rendu au roi le 13 février 1558 dit le Pont-Traucquart, un quart de iief, assis en la paroisse d'Aucoui t. D'après ce document, il y souloit avoir un fort château et y avoir doubles fossés pleins d'eau,

suivante 1422, une des années les plus malheureuses de notre histoire.

Les paysans, cessant de labourer, disaient alors : « Met- » tons tout en la main du diable, mieux vaut servir les Sar- » razins que les chrétiens. II vaut mieux renier femmes et » enfants et fuir aux bois comme bcstes égarées. ))

Pouvait-il en effet y avoir malheur plus grand, si ce n'était celui-inéme du roi^ du peuple qui se plaignait ainsi? Ce roi n'avait de coini)cnsation à son sort que d'être précédé dans le tombeau par Torgueilleux anglais auquel la reine Isabeau avait livré leur fille et le rovaumo. Là finissait du moins le rêve d'Edouard III, roi d'Angleterre, et de ses fils, qui pendant près d'un siècle avaient réclamé la couronne de France et qui pour l'obtenir avaient ravagé notre sol, fait des hécatombes de nos chevaliers, à Crécy, à Poitiers et à Azincourt.

Mais la Providence réserve à l'orgueil de ces glorieux des leçons inattendues.

Henri V qui n'avait encore que 34 ans, et qui, père d'un jeune enfant, comptait déjà fonder une dynastie anglofrançaise, fut tout à coup emporté par une fistule et tous les projets périrent avec lui.

Peuples et rois semblaient bien alors se lasser au branle de la danse macabre, qui remplaçait les belles fêtes de Charles V^I. Cependant, comme dit l'Evangile, l'affection produit la patience, la patience l'épreuve, l'épreuve l'espérance.

Et même à travers ces peines, l'esprit s'arrête sur quelque

pont levis, boullevers, et aiiUres forteresses et basses cours. Il avait été anciennement détruit et démoli par les Anglais. (Cloches du Puj/s de Bray.)

résultat qui rappelle les semences tombées aux anciens jours.

Quoique la mort de Béthencourt ne fût pas remarquée en France, au milieu des guerres civiles et de la guerre étrangère qui sévissaient si cruellement sur notre pays, du côté du Portugal, qui continuait de jalouser TEspagne, dont il s'était rendu indépendant, les semences jetées par nos chambellans de Charles VI et de Louis d'Orléans engendraient des événements qui allaient étendre dans le monde l'action que nous avions commencée.

Les Portugais, qui avaient passé le cap Noun en 1412, découvert à Touest, en 1418, Puerto Santo et Madiera, rêvaient au moyen de ces îles de faire des escales dans Tespace, et ils avaient en conséquence acheté à Maciot de Béthencourt les droits qu'il prétendait encore avoir sur les Canaries après les cessions que Jean IV avait dû faire.

Pour en finir avec les embarras qui pouvaient venir de là, l'Espagne prononça, le 30 juin 1454, la déchéance des titres de Béthencourt et de ses héritiers sur ces îles, au moment mémo où les Portugais obtenaient du Pape le privilège sur les navigations des côtes d'Afrique. •

On tentait d'écarter ainsi les titres des premiers conquérants lorsque leurs actes commençaient à faire sentir leur influence qui devait s'affirmer de plus en plus à travers les siècles.

De 1402 à 1405, les deux chambellans de Charles VI et de Louis d'Orléans avaient soumis les îles Gracieuses^ Lanzarote, Fortaventure, la Gomère, l'île de Fer, la plus occidentale et la plus méridionale.

Or, à la fin du siècle, avait lieu par des routes différentes la découverte des deux Indes. Colomb, se dirigeant à l'Ouest,

et Vasco de Gama, dans sa navigation du Sud, faisaient leur première halte aux Canaries, Colonnb neuf jours après son départ, et Gama après sept jours de navigation.

L'action des deux chambellans se manifestait alors dans toute sa portée et Ton devait chercher à la connaître dans ses détails, lorsque Louis XIII, en 1634, choisit Tile de Fer, la plus occidentale et la plus méridionale pour la faire servir à fixer le premir méridien des navigations transatlantiques.

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