CHAPITRE DEUXIÈME
Qvant ilz virent cela, ilz armèrent une galère et vindrent après nous, mais euls n'approchèrent mie jusques atant que nous parlasmes à euls; là ot parolles assez. Mais, au fort, ilz n'orent onques de nous autre responce que la première avoit esté, et sen retournèrent à tant, et nous' preismes nre chemin.
Quand nous eusnies doublé le cap do Fineterre (en Galice) nous tenismez la costière du Portugal, iusques au cap de Saint- Vincent, puis repleasmes et tenismes le chemin de Siuile et arrivasmez au port de Calix (Cadix) qui est assez près de rentrée du destroit de Marroc (Détroit de Gibraltar). Et y seiournasmez longuement et fusmes empeschiez', car les raarchans demourans à Siuile qui avoient perdu le leur sur la mer, (nous ne sauons par qui) c'est assavoir les Genevois, les Plcsentins et les Anglois nous accusèrent tellement douers le Conseil du Roy à Siuile car nous n'y peusmes rien recouvrer, en disant q nous estions robeurs et q nous auions aflondré trois mânes et prins et pillé ce qui dedans estoit.
1. Manuscrit de Jean V de Béthencourt. Titre du chapitre ii : Comment Béthenoourt et son arméo arrivèrent à la Coulonge, le comte de Craforte et le sire de Hély. — Édition de la Société normande, p. 7.
2. Et Monsieur de Béthencourt et sa compagnie prendrent leur chemin et quant ils eurent doublé le cap de Finisterre.
3. Manuscrit de Jean V. Et fust le d. Béthencourt empesché. Chapitre 3"' du Manuscrit de Jean V. Titre : Comment Béthencourt fut accusé par les marchands Genevois, Plaisantins et Anglois. — P. 9. Édition de la Société d'histoire de Normandie.