CHAPITRE TROISIÈME
Sy descend! Gadifer* à terre et à la saincte Marie du port, pour sauoir que s'estoit. Là fu prins et mené à Siuile, mais quant le conseil du Roy eurent parlé à' lui, et il leur eust fait responce, euls le prièrent que la chose demourast ainsi et qu'il n'en feust plus parlé quant à présent, et le délivrèrent tout à plain. Et, lui estant à Siuile' et Bettencourt à la nef, les maronniers, meuz de mauuais corage, descoragèrent telement la compaignie, en disant qu'ilz auoient pou de vivres et que nous les menions tous morir, que de niixx personnes n'en demeura que Ixiij ; et' quant il fut retourné, Bettencourt lui dist (je ne scay à quelle fin sestoit) qu'il se délivrast encores de vint de ses gens, mais Gadifer lui respondi qu'il auroit plus cher y en mettre quarante que en ester vint. Après, avecques ce peu de gens qui demeurez leur sont, ont prins leur voiage, ou ilz ont soufiEert asses de paine, spécialement ceuls qui sont demeurez avecqs Gadifer* et n'ont mie voulu consentir à la traison de Bertin de Berneval et à ses compagnons, ainsi qu'il appara cy après. Et* leur ont
1. Manuscrit de Jean V. Si descendit Béthencourt an lieu de Gadifer.
2. Manuscrit de Jean V de Béthencourt. . . Béthencourt s'en revint à la nef.
3. Manuscrit de Jean V. Et quant il fut retourné, Bettencourt luy dit, je ne scay à quelle fin. C'estoit supprimé.
4. Le manuscrit de Jean V met : Bettencourt qui est resté deux ans sans rien faire.
5. Manuscrit de Jean V. Supprimé : Et leur ont fait les maronniers
fait les maronniers de Harefleu, qui estoient maistres de la nef de Gadifer, de moult grans mauvaistiez en plusieurs manières qui seroient longues à escrire eV, par leur malice, perdismes nous plus de ij^ homes des mieulx appareilliez que nous eussions, qui nous laissèrent au besoing.
de Harefleu, qui estoient les maistres de la nef de Gadifer, de moult grands mauvaistiez.