CHAPITRE DIXIÈME
Et aucuns jours après, Bertin de Berneual, qui longtemps deuant avoit maie volonté et traison en sa pensée, parla à tous ceulx qu'il pensa qu'ilz feussent de mauuais courage, et les exhorta et dist qu'il leur diroit telle chose, que ce seroit le bien, lessaucôment et lonneur de leurs personnes. Et à tous ceuls qui auecques lui s'accordèrent il leur fist jurer qu'ilz ne le desconuéeroient point, puis leur doûna à entendre, en mentant, côme Gadifer et Bettencourt leur dévoient donner à Remônet de Leuedan et à lui certaine somme d'argent et qu'ilz s'en yroient au premier navire qui viendroit auecques Gadifer, et que les compaignons seroient départis parmi les isles et là demourroient iusques à leur retour. Et auecques le dit Bertin, s'accordèrent aucuns gascons, desquels les noms s'en suient : Premièrement, Pierre de Liens, Ogerot de Montignat, Cyot de Lartigue', Bernard de Castelnau', Guillô deNau; Bernard* de Mauléon dit le Coq, Guillô de Salerne, dit Labat*, Morrelle de
1. Texte de Jean V de B. Édition normande, chapitre x, variantes. Titre du chapitre: Ck)mment Bertin donna faux À entendre à ceulx de son alliance.