CHAPITRE VINGT-QUATRIÈME
Et pour ce que Gadifer ne puet pas bonnement côuerser au royaume de France, ne es parties enuiron, pour le fait qu'il a entrepris sur mescréans , lequel Dieu lui doint accomplir à son hôneur et au sauuement de mainltes âmes. Et si ne feust ccste traison, le faict es toit bien exploictié, mais pour icelle est grandement détardé, car les paians mescréans nous ont fait dire : « Comment nous garderies vous quant vous mesme traissiez l'un l'autre? pôquoy il nous semble q vous ne tenez mié si ferme ne si bonne foy comme vous nous donnez à entendre » ; pour laquelle chose ilz se sont grandement estrangiez de nous et rebellez contre nous, tellement qu'ilz ont tuez de nous gens, dont c'est pitié. Et pôr ce quoi, Gadifer ne puet, quant à pût, le fait de la traison poursuiure ainsi qu'il le désire, requiert tous justiciers du royaume de France et d'ailleurs en aide de droit que ad ce ilz accomplissent justice, se aucuns des malfaicteurs peuent estre attains et chéent en leurs mains, ainsi que en tel cas appartient.
1. Texte Jean V de B. Chapitre xxiv. Résumé et arrangé. — Edition Société normande, p. 44. Titre du chapitre : Comme ceux de rile Lancelot s'estrangèrent des gens de Monsieur de Bethenoourt, après la traison que Bertin leur auoit faite.