‹ La conquéte et les conquérants des Iles Canaries: nouvelles recherches surChapitre 98 sur 134 · CHAPITRE CINQUANTE-CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUANTE-CINQUIÈME

Et dit ainsi le frère dessus dit eu son liure q len ne conte du cap de Bugeder jusque au flun de TOr que vjij^'lx mi lez, qui valent enuiron c et Ix lieuez et ainsi le trouuons nous par la carte, et ce n'est singleure que pour iij jours pour barge ou pour naue car galéez qui vont tousiours terre à terre prennent plus lonc chemin et quant est pour y aler dicy nous n'en tenons pas grant comte, mais noiis n'en pouuons plainement parler quât à présent. Et se les chouses de pardessa sont tel lez que le liure du Praire Espaigneul deuise et auxi que ceulx qui ont fréqté en cestez marchez dient et racontôt, à l'aide de Dieu et des princes et du peuple Chrestien, Tentcncion de Gadifer' est d'essaier d'ouvrir le chemin et s'il puet conquérir l'isle de Gadez qui est bien près du Flun de l'Or, ce ly seroit vn grant comencemôt pour le chemin ouurir et sont gens qui oncques ne virent guerrez. Si est son entencion d'y aler et d'y enuoier vne barge ou aultre nauire en manière de marchans pour auiser les pors et les contreez et le gouuernement des pais afin d'estre plus certain de son fait et selon ce qu'il trouuera il mettra paine et diligence à l'exécution du fait, car s'il en vient à bone fin ce sera grandement l'onneur

1. Texte de Jean V de Béthencourt. Chapitre lviîi. Édition normande, pages 100-101-102 : Si parle le frère mendiant du fleuve de l'or.

:î. L'cntencion de Gadifer devient naturellement l'intention de Béthencourt. Le nom de Gadifer disparait ainsi que plusieurs lignes à l'ouverture par lui d'un chemin du fleuve do l'or et à l'envoi d'une barge.

et le proufit du Royaume db France et de tous les Royaumes xpiens, qui sont deuers Ponant, et ne doubte Ten point que moulte de choses sont deniouréez incongnues on temps passé par faulte d'emprise. Et il ne se vante mie de le faire, mais il mettra bien telle deligence que l'on leur deura tenir pour excuse, car il mettra paine de sauoir s'il se pourroit faire ou non, Et s'il ne se puet ore faire en nulle manière, si côuertira il à l'aide de Dieu et mettra à la foy Chrestienne moult de peuple qui s'est tousiours perdue par faulte d'enseignement et de doctrine, de quoy c'est vne grant pitié; car alez par tout le mode, vous ne trouuerez nulle part plus bêliez gens ni mieulx formez qu'ils sont es isles par dcssa, homes et fémes et sont de grant entendement, s'ilz auoient qui leur monstrat. Et pour ce que Gadifer^ à grât volonté de sauoir Testât et le gouuernement des aultres pais qui nous sont pourchains tant islez que terre ferme* met il paine et diligence de s'informer à plain de toutes celiez marchez. Mais il conuiendroit bien que nos seigneurs tant espiritueulx que temporeulx y tenissêt la main et auxi par leur bon conseil et par leur bône ordenance le veult il faire.

1. Texte de Jean V de Béthencourt. Édition normande, chapitre lviil page lOi. — Le pronom il remplace Béthencourt.

2. Comme le prouvent les lignes suivantes: le dit seigneur de Béthencourt mettra paine et diligensse de soy informer tout à plain de toutes ses marches.

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