LA HOUILLE AVANT LE XIX« SIÈCLE
La houille en Angleterre et en Belgique . — La houille a été connue dès l'antiquité et il ne pouvait en être autrement ; là où lefs couches charbonneuses affleurent, elles sont trop remarquables par leur
1. Diverses médailles perpétuent le souvenir de ces mines du xviiie siècle: cuivre de Béarn, 1732; cuivre du Roussillon, 1732; Pontgibaud, 1735 ; or et argent d'Allemont en Dauphiné (la Gardette) 1786.
aspect, et leurs propriétés combustibles sont trop faciles à reconnaître, pour qu'on les ignore. Dans les temps modernes, c'est à TAngleterre que revient la mise en valeur active de ses gisements. Une charte de Petersborough, datée de 853, en mentionne déjà Tusage et deux autres titres de 1133 et 1239 sont relatifs à des exploitations de houille dans la région de Newcastle-on-Tyne. Sur le continent, il est également question, dès 1049, de la houille dans les environs de Liège. Mais les emplois du combustible minéral restèrent longtemps assez restreints, le bois suffisant amplement et donnant un chauffage plus agréable. C'est vers le xiv" siècle que l'usage de la houille commence à se répandre en Angleterre et en Belgique pour le travail du fer, pour les fours à chaux, etc. Peu à peu, les travaux se développent. Et, dès 1739, Newcastle a organisé une grande exportation de houille allant jusqu'à Paris et Marseille, tandis que les charbonnages de Liège fournissent surtout le pays wallon et les ports desservis par la ligne hanséatique.
La houille en France . — En France, les premiers gisements de houille exploités furent sans doute ceux de Saint-Étienne, utilisés par les forgerons du pays dès le xn® siècle, mais sans débouché au dehors pendant longtemps. Au xvir siècle, on voit les charbons du Bourbonnais, de Saint-Etienne et dé Brassac (Loire) arriver à Paris en concurrence avec les charbons anglais ; ceux d'Aubin (Gard) alimenter Bordeaux. Enfin, au xvm^ siècle, a lieu la grande découverte du bassin d'Anzin prolongeant souterrainement les affleurements du houiller belge. Une
LA RICHESSE MINÉRALE DU XVl* AU XIX*' SIKCLE 97
première société se forme là en 1716 ; elle échoue ; une seconde en 1720 trouve la houille, mais est ruinée par Tenvahissement des eaux ; enfin une troisième en 1734 réussit. Dès 1756 Anzin, avec une production de 100.000 tonnes, tenait le second rang après Saint- Étienne et Rive-de-Gier, avant Littry (Calvados), Auhin (Gard) et le Bourbonnais.
Au moment de la Révolution, la production de la houille en France pouvait monter à 600.000 tonnes, dont 250.000 pour la Loire, 250.000 pour Anzin, et 100.000 pour les autres bassins. Vers la même époque, l'Angleterre produisait déjà près de 8 millions de tonnes, les deux tiers de la production mondiale à ce moment. Nous verrons tout à Theure que, de 1850 à 1860, le bassin du Pas-de-Calais est venu s'ajouter à celui du Nord.