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LA RICHESSE MINÉRALE DU XVI* AU XIX® SIÈCLE

serai de côté, pour l'histoire des mines antérieure au XIX*' siècle, tous les jaiutres pays où il suffira de dire que cette industrie prend à la fois un développement croissant, pour nous borner à traiter en quelques mots le seul cas, plus particulièrement intéressant pour nous, de la France.

Exploitations gauloises. — La France avait connu une période de richesse minérale préhistorique, au temps où ses placers fournissaient Tor, dont les Gaulois étaient encore si abondamment pourvus qu'ils en apportaient des parures au combat. Il y a de Tor en France dans les Pyrénées, dans le Plateau Central, en Bretagne, dans les Alpes, et l'épuisement actuel des gisements, sur lesquels on trouve à peine par hasard quelque coin à glaner, n'est pas une raison pour en faire nier la richesse ancienne.

11 y a eu également de l'étain recherché par les primitifs à une date inconnue dans le Plateau Central et en Bretagne (Piriac). Les vieux travaux de Villefranche-de-Rouergue, portant sur de la galène argentifère, ont fourni un dépôt de monnaies gauloises en argent, avec des outils de fer. Ailleurs (Corbières, Pyrénées), les Gaulois cherchaient le cuivre. Enfin le fer a été toujours exploité un peu partout.

XV^ et XVP siècles : Jacques Cœur, Louis XI, etc. — Pendant tout le moyen âge, l'industrie minérale fut insignifiante chez nous, et les premières traces de son réveil datent du xv*' siècle. On attribue à Jacques Cœur, le grand financier du temps de Charles VI et de Charles VII, qui, ayant beaucoup voyagé et comparé, pouvait avoir appris ailleurs ce qu'il y avait

à faire dans cet ordre d'idées, un rôle dans ces tentatives qui ont laissé une trace par les ordonnances de Charles VI (1413), notre premier code minier. Il possédait des mines d'argent, de cuivre et de plomb dans le Lyonnais.

Louis XI (1471) continua à encourager les recherches. Sans grand succès ce semble ; car, encore en 1546, un ambassadeur vénitien déclare que la France n'a pas d'autres mines que des mines de fer; en quoi d'ailleurs il exagérait.

Pendant le xvi® siècle, on essaya du procédé des « Compagnies à chartes » souvent utile pour attirer les chercheurs dans un pays neuf; on voit alors accorder à tel ou tel seigneur, Roberval, Contre, de Lescot, un privilège plus ou moins général sur les mines qu'ils pourraient découvrir en France. Ces belles générosités d'un gouvernement correspondent d'ordinaire au cas où il apprécie peu lui-même son propre cadeau.

XVIP siècle : la baronne de Beau-Soleil . -— Les

grands ministres du xvii* siècle s'occupèrent activement de la question des mines. Citons l'ordonnance de Sully en 1601, qui fut suivie d'une tentative quelque peu fantaisiste et amusante à noter. On voit, en 1601, Pierre de Beringhen, contrôleur général des mines de France, appeler pour la première fois à son secours cette curieuse aventurière, la baronne de Beau-Soleil et d'Auffenbach ^ dont les rapports très sérieux et continus avec l'administration pendant une quarantaine d'années, les courses en France, la baguette

1. VoirL. DeLavnat. Les baguettes magiques. {LaNature^ 23 Janvier 1904.)

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magique à la main, et finalement les œuvres imprimées sous le nom de la Restitution de Platon forment, dans notre histoire des mines françaises, un chapitre de haute comédie.

Les mines du XVIIP siècle. — Un assez grand nombre de mines furent découvertes ou retrouvées à partir de cette époque : mines de plomb argentifère, de cuivre, de cobalt, etc., qui à peu près toutes ont disparu, mais dont quelques-unes ont eu, avant le XIX* siècle, leur moment de fortune. C'est, pour le plomb argentifère : Sainte-Marie-aux-Mines dans les Vosges, qui occupait 3.000 ouvriers en 1515 et qui fut reprise en 1712 ; Giromagny qui fut donné par Louis XIV à la famille de Mazarin et exploité jusqu'en 1793; Pontgibaud en Auvergne ; les Chalanches dans Tlsère, concédé en 1746 ; Pesey en Savoie, trouvé en 1714 ; Huelgoat et Poullaouen en Bretagne, exploités déjà sous Louis XIII. Pour J'or, c'est la Gardette (1700), dont le métal servit à frapper une médaille célèbre sous Louis XVI, etc. ^. Pour le cuivre, on peut nommer Chessy dans le Rhône et Baigorry dans les Pyrénées ; pour le fer : Kancié (Ariège), etc.

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