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CHAPITRE IX

La découverte et l'exploitation de la richesse minérale.

Les grandes étapes. — TravaU à la main. — La poudre. — La vapeur. — L'électricité.

Préaiibulb. — Les transformations de l'exploitation minière et les causes de son aspect retardataire. — Le type moderne : électricité et machinisme. — L'exploitation de l'air pour nitrates.

i4) La RECHERCHE. — Prospectîon . — Chercheurs de mines. — Baguettes magiques et magnétomôtres. — Inductions géologiques.

— Tecioi^que et paléontologie. -- Sondages et puits.

B) Exploitation MINIÈRE. — Travail idéal sans quitter la supEnFiciE.

— Eau salée. Pétrole. Acide borique. Bitume. Soufre, etc.

C] Travail COURANT DE 1 A mine.— Ses étapes historiques. — La mine antique et la mine du moyen âge. Travail à la main. — Science minière des anciens. — L'aspect de la mine antique. — La question des eaux. — Travail à la poudre. — Grands tunnels d'écoulement. — Relations de l'exploitation houillère avec l'emploi de la vapeur. — Utilisation de la vapeur. — Caractères généraux de la mine au xix« siècle. — Progrès au cours du xix« siècle.

Sans vouloir exposer ici la technique minière qui, même réduite à ses éléments les plus succincts, nous entraînerait trop loin, nous devons cependant, pour remplir notre programme, montrer l'évolution historique réalisée dans le travail des mines, les grandes phases par lesquelles cette industrie a passé et, dès lors, insister sur ce qui distingue une mine contemporaine d'une mine antique, ou seulement d'une mine d'il y a un demi-3iècle. En deux mots, Ton peut

dire de cette industrie minière, comme de toutes les autres industries, qu'elle est devenue, avec le temps, de plus en plus scientifique, et qu'elle a de plus en plus facilité le travail deTouvrierparune organisation plus rationnelle, plus homogène, mieux conçue, dans laquelle intervient, pour une part croissante, le machinisme, dans laquelle on s'attache aussi sans cesse à diminuer les frais par une meilleure utilisation des forces perdues. Mais ce sont là des observations bien banales ; et, tout en montrant comment le travail de la mine s'est conformé à cette loi universelle, je voudrais aussi insister sur ce qui fait sa physionomie propre.

Une mine actuelle de charbon ne ressemble pas, pour un professionnel, à une mine phénicienne ou romaine, et les exploitants de mines aiment à faire ressortir avec une jusle fierté les progrès réalisés. Il n'en est pas moins vrai que le travail de la mine conserve, aujourd'hui même, un certain air archaïque, par lequel s'explique, sans se justifier, l'intérêt sentimental, tout à fait disproportionné avec son objet, que l'opinion publique continue à apporter quand il s^agit de travaux miniers ou d'accidents de mines.

Assurément, cette façon d'aller chercher péniblement sous terre par des galeries étroites et tortueuses, menées parfois presque au hasard, une richesse que nous dérobent sans cesse des accidents imprévus; cette ignorance absolue où nous pouvons être encore de la présence d'un filon, quand quelques centimètres à peine de roche stérile nous en séparent; enfin, ce travail dans l'obscurité, où la part de la machine reste tellement subordonnée, ne correspondent pas à l'idée que Ton tend de plus en plus à se faire d'une indus-

trie moderne. Rien, dans la mine, ne rappelle cet atelier élégant et presque vide, que Ton commence à réaliser ailleurs : ce salon parqueté et ciré, où le rôle de l'ouvrier consiste à peu près exclusivement à surveiller un tableau de distribution électrique et à tourner les boutons des commutateurs pour lancer à son choix, dans les directions diverses, un courant qui doit y travailler rapidement et sûrement à sa place.

L'exploitation minérale vraiment « moderne», c'est cette curieuse industrie née d'hier, qui extrait Tazole de l'air pour en faire des nitrates, en des usines silencieuses, comme endormies et abandonnées, où il n'apparaît ni ouvriers, ni matières premières, ni presque machines en mouvement, où il n'entre rien que de l'invisible, de l'air et de l'électricité, et d'où il sort chaque année par magie des milliers de tonnes d'engrais tout à fait tangibles.

Au contraire, le métier ordinaire de mineur consiste, comme au temps de Carthage, dans un fouissement souterrain, où il faut aller gratter loin du jour, en des postures parfois très pénibles, et le visage sali par le charbon ou par la fange, des parcelles de substance utile disséminées dans l'épaisseur des couches terrestres. Les dangers y apparaissent constants, bien que, tout compte fait, ils soient inférieurs à ceux de plusieurs autres professions ; mais ils frappent l'imagination par l'étendue des sinistres ; et la hardiesse croissante des travaux les renouvelle à mesure qu'on triomphe des périls antérieurement reconnus.

Rien là qui ressemble à cette transformation radicale par laquelle une filature moderne se différencie des antiques métiers à main, ou une usine du Creusot des petits bas-foyers où l'on fondait le fer à coups de soufflet.

Pour se plier, en eiffet, aux conditions sans cesse changeantes et toujours défectueuses de la mine, les machines auraient besoin d'une souplesse que l'électricité seule (si Fon remédie à ses dangers dans un milieu grisouteux), leur permettra peut-être d'atteindre. Le rôle du machinisme, qui a transformé le monde actuel, a modifié également, comme nous le verrons au chapitre X, certaines parties de la mine, toutes celles où Ton peut employer des engins stables, l'extraction des minerais, l'épuisement des eaux, la ventilation, etc. ; mais, dans le chantier même d'abatage, la machine pénètre encore difficilement (sauf dans des conditions de régularité et de facilité exceptionnelles, comme celles qui font la fortune des mines de Pensylvanie).

Pourquoi la mine semble ainsi, dans une certaine mesure, retardataire, et comment néanmoins elle a remarquablement progressé ; enfin, quels peuvent être les perfectionnements nouveaux à espérer de l'avenir, c'est ce que je vais essayer d'indiquer.

La conquête de la richesse minérale comporte deux parties bien distinctes : A, sa découverte ; B, son extraction. Nous allons les examiner tour à tour, en considérant, dans ce premier chapitre, l'historique de la question et, dans le suivant, les particularités les plus. typiques de sa solution actuelle.

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