‹ La conquête minéraleChapitre 30 sur 82 · Pages 144 et · texte numérisé non relu

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de la bonne exploitation économique provoquée par la libre concurrence ; et le rendement financier (quel qu'en doive d'ailleurs être le bénéficiaire, ce qui est un autre côté de la question) doit être seul considéré.

Or, il ne paraît pas douteux que l'Etat exploite mal les mines ; qu'il les exploite, si on me permet cette comparaison, comme un bourgeois citadin auquel il a pris fantaisie de « faire valoir » ses terres, et qu'il dessert, par conséquent, ainsi la. collectivité dont il est le représentant. C'est pourquoi la solution légale en France est, et a presque toujours été, l'exploitation particulière, sous la surveillance active de l'Etat.

Ailleurs, avec un tempérament national différent, soit d'une discipline plus stricte comme en Allemagne, soit d'un individualisme plus prononcé comme en Angleterre, on a pu supprimer parfois l'un de ces deux termes : ou faire intervenir les mines domaniales, ou réduire presque à zéro la surveillance administrative sur les mines privées. Des considérations spéciales, dont il sera question au chapitre XVI, peuvent également, dans certaines circonstances très particulières, amener une intervention momentanée plus active de l'Etat. Dans les conditions où se trouvent les gisements miniers français, on ne voit aucune raison pour changer, en principe, de système.

Inutile d'insister sur les défauts connus du système domanial, dont quelques-uns se retrouvent dans toutes les grosses compagnies, trop lourdes à mettre en branle, trop administratives, où manque le levier puissant de l'intérêt personnel, .avec la liberté d'allures permettant les solutions immédiates, sur l'intervention fâcheuse de la politique et des surenchères électorales, etc. Il suffira de citer quelques faits : .

l'organisme minier contemporain 153

Comparaison avec rindustrie privée. — Les mines de Sardaigne végétaient avant le régime de presque liberté institué en 1859, qui a fait leur grande fortune. Monteponi, dans les mains de TEtat, produisait, jusqu'en 1851, 300 tonnes de galène par an ; de 1832 à 1838, la mine occupait en tout 80 personnes. Avec une Société privée, elle adonné, en peu d'années, 2 à 3 millions, et le personnel est monté à 1.000. Monlevecchio, qui a produit des millions, dont le bénéfice net annuel était encore dans ces dernières années de 300.000 francs, avec 1.300 ouvriers, avait été déclaré inexploitable par les inspecteurs officiels. A l'île d'Elbe, où l'on vient de se décider à livrer les gisements de fer à une Société privée, quand on les lui a concédés pour vingt-cinq ans, on se croyait sûr qu'ils seraient épuisés longtemps avant ce terme : les recherches plus sérieuses, immédiatement commencées après l'affermage, ont montré que l'avenir du gîte était encore très long K

En Autriche, Idria fut, en 1865, mis en vente par l'Etat comme épuisé, et, si l'on en avait trouvé la mise à prix de 3.300.000 francs, la chose était faite. De 1867 à 1879,. le bénéfice net a été de 23 millions de francs.

Au Caucase, le gouvernement avait commencé par s'adjuger le monopole de l'exploitation pétrolifère. Le district de Bakou ne produisit à peu près rien jusqu'au jour où, en 1877, l'Etat se décida à affranchir l'industrie.

La comparaison entre les deux grands bassinas houillers allemands de la Sarre et de la Westphalie, le premier exploité par l'État, le second en majeure

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