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POSSIBILITÉ DE DECOUVERTES FUTURES

Bien que l'expérience nous ait assez de fois ensergné le contraire, surtout au cours du dernier demi-

l'avenir de la richesse minérale 307

siècle, nous avons toujours une certaine tendance instinctive à nous considérer comme le terme ultime de l'humanité et à supposer, suivant le mot de La Bruyère, que tout a été trouvé, comme tout a été dit, sous le soleil. Les découvertes sensationnelles, qui ont eu lieu sons nos yeux mêmes, suffisent pourtant à montrer que, dans tous les genres et notamment dans l'ordre d'idées qui nous occupe, celui des richesses minérales, il reste des trouvailles à faire, même en de vieux pays comme le nôtre, partout explorés et, en apparence, absolument connus, à plus forte raison dans des régions presque vierges, à peine traversées par quelques explorateurs, sur lesquelles on raisonne souvent, en géologie comme en économie politique, avec un peu trop d'imagination. L'Asie, l'Afrique, l'Amérique du Sud, l'Amérique du Nord elle-même, renferment certainement encore de grandes richesses minérales insoupçonnées, avec d'autres, entrevues, mais aujourd'hui inutilisables.

Prenons l'or par exemple; les trois principaux gisements actuels du monde, ceux qui fournissent à eux seuls 800 millions par an sur un total de 2 milliards, le Witwatersrand, Cripple Creek au Colorado, Kalgoorlie en Australie, n'étaient pas soupçonnés il y a vingt ans. Et, sans doute, des rencontres de ce genre marquent une étape dans l'histoire et ne se répètent pas sans cesse avec la même intensité ; il est cependant bien évident qu'on en verra encore beaucoup d'autres.

Cas de la France et des pays voisins. — Mais le cas de la France ou des pays voisins est encore bien plus concluant. Voici notre grand bassin de minerai

de fer qui est actuellement le premier du monde, celui de la Lorraine ; son eictension dans tout le bassin de Briey, qui représente un cube de 2 milliards de tonnes, n'était guère soupçonnée il y a une dizaine d'années, du moins à Tétat d'une richesse utilisable. Le bassin plus ancien de Longwy et de la Lorraine annexée ne faisait lui-même que débuter au moment où il fut amputé par la guerre de 1870. Toujours en France ou en Algérie, la plupart de nos mines de zinc ont été trouvées dans les mêmes trente dernières années (les Bormettes et les Malines, etc.) ; des gisements d'antimoine aurifère, comme ceux de la Lucette dans la Mayenne, datent d'hier. On reprend aujourd'hui une foule de petites mines de plomb jugées autrefois stériles, ou abandonnées comme épuisées ; et, s'il y a souvent, dans de pareilles reprises, une part de spéculation aux dépens des actionnaires, les succès sont cependant assez nombreux pour encourager quelques espérances. Quand il en est ainsi dans un pays battu en tous sens et depuis des siècles comme le nôtre, que peut-on attendre au centre de l'Asie ou de l'Afrique ?

Récentes découvertes de houille (Ruhr, Campine, etc.). — Pour la question si grave et si aiguë de la houille, on a fait récemment, en Allemagne, en Belgique, en Hollande, en Angleterre, des découvertes mémorables dont j'aurai à reparler. En Allemagne, le bassin de la Ruhr, dont on ne connaissait jusqu'en 1850 que les affleurements, a été prolongé peu à peu au nord jusqu'au delà de la Lippe. On a passé le Rhin et atteint la frontière hollandaise par Xanten et Geldern, en sorte que la sur-

face utile du bassin, évaluée en 1899 à 85.000 hectares, dépasse aujourd'hui, huit ans après, 300.000. Plus au sud, vient un terrain reconnu depuis 1900, en Prusse, à Erkelenz, puis retrouvé en Hollande, sur 20.000 hectares et en Belgique (Limbourg et Campine) sur 80.000. En Angleterre, d'heureuses recherches ont montré le prolongement des bassins connus au nord du Durham, à Test du Midland, et fait découvrir un bassin nouveau près de Douvres.

En France, on n*a pas eu la même chance et les dernières campagnes de sondages, sur lesquelles on avait fondé tant d'espoirs, n'ont donné, je le répéterai bientôt 1, que de fort minces résultats dans le Pas-de-Calais, en Lorraine, etc. Ces résultats ne sont cependant pas tout à fait négatifs. En Meurthe-et- Moselle, ils ont fourni du moins un fil conducteur, qui manquait, pour suivre le prolongement des traînées houillères sous leur manteau de terrains secondaires dans la direction de Touest. Il ne faut pas oublier combien on a été long jadis, de 1833 à 1850, et combien on a jeté inutilement de millions avant de découvrir, sous les terrains crétacés de TArtois, le grand bassin houiller du Pas-de-Calais, qui n'a finalement été reconnu que par le hasard d'un puits artésien. Or, il est logiquement presque certain que des traînées carbonifères invisibles, dont nous ne pouvons en aucune façon apprécier la richesse en houille, doivent exister dans la profondeur du bassin de Paris et, si nous pouvions par la pensée enlever les quelques centaines de mètres de tertiaire ou de secondaire qui les dissimulent, nous aurions probablement d'agréa-

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