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bles surprises ; peut-être môme découvririons-nous un élargissement d'une de ces traînées, anadogue à ceux qu'elles présentent en Allemagne ou en Belgique dans leur partie mise à découvert.
C'est assurément une entreprise très hasardeuse que de partir à la recherche de ces bassins houillers problématiques et dont la profondeur peut être suffisante pour les rendre aujourd'hui, même si on les rencontre, inutilisables. Cependant les audacieux ne manquent pas, et les procédés de sondages se sont tellement perfectionnés dans ces dernières années, aussi bien comme rapidité que comme dépense, ils recevront encore évidemment de tels progrès — que, sans pouvoir bien entendu, y compter, — on ne doit pas tout à fait désespérer d'une découverte future qui prolongerait, dans une certaine mesure, l'existence de notre industrie houillère.
J'ai cité là un cas entre autres ; la même observation pourrait se faire pour toutes les régions de la France où le soubassement primitif, qui contient d'ordinaire la houille en notre pays, est masqué par un manteau de terrains plus récents. Il faut seulement se hâter d'ajouter que, dans ce cas particulier de la houille en France, sur lequel nous allons revenir, on a bien peu de chances de voir les évaluations actuelles pratiquement dépassées d'une façon très notable.
RÉSERVES MLNÉRALES DE LA. FRANCK. — La ricliesse minérale française,
— La houille en France. — Résultats des dernières recherches.
— Importations croissantes de houille de France. — Le fer en France. Situation privilégiée. — Autres minerais français.
RÉSERVES MONDIALES. — Combustibles minéraux. — La bouille en Grande-Bretagne, auï États -EJnis, en Allemagne, en Belgique, etc. — Les ressources mondiales en pétrole. — Leur épuisement rapide aux États-Unis, au Caucase, en Galicie, etc.
— L'avenir. Approfondissement et champs nouveaux. — Les ressources mondiales en fer. — Consommation croissante du fer.
— Déplacement futur de la sidérurgie. Utilisation de gisements nouveaux. — Épuisement des minerais de fer. Discussion générale. — Répartition des réserves mondiales de fer, États- Ums, Grande-Bretagne, Espagne^ Russie, Scandinavie, etc. — Le cuivre et l'or dans le monde.
Les estimations trop générales qui nous ont occupés dans le chapitre précédent, n'ont qu'un intérêt théorique. Il faut maintenant revenir aux cas particuliers et aux problèmes imm.édiats, dont l'intérêt pratique est tout autre. Nous commencerons par le cas de la France et envisagerons ensuite le reste du monde.
RÉSERVES MfNÉRALES DE LA FRANCE
La richesse minérale française. — Pour quelques substances minérales de premier ordre et^ en parti-
culier, pour les métaux précieux, le cuivre ou la houille, les réserves minérales de la France sont malheureusement assez faciles à connaître ^ Nous n'avons à proprement parler ni or ni argent ni cuivre, si ce n'est, en bien petites quantités, dans nos colonies ; et nos ressources en houille, qui n'ont jamais suffi à nos besoins, qui leur suffisent de moins en moins, sont presque certainement appelées à s'épuiser dans un délai si court que les conditions économiques et commerciales n'auront guère eu le temps de se transformer d'ici là. Nous verrons bientôt que l'on évalue le stock de houille français à 19 milliards de tonnes, alors qu'il y en a au moins 100 en Grande-Bretagne, 200 en Allegne et probablement 1.000 ou 2.000 aux États-Unis.
Il ne faut pas cependant s'imaginer, suivant une opinion trop répandue, que notre pays est absolument dénué de richesses minérales sérieuses. Nous avons, en particulier, pour le fer, comme nous le dirons bientôt, une situation qui, déjà fort belle, est destinée à devenir bientôt tout à fait prépondérante en Europe quand les minerais anglais et allemands auront achevé de s'épuiser. Nos minerais de nickel, de zinc, d'antimoine, nos phosphates ne sont pas non plus à négliger.
La houille en France. — Le cas de la houille est celui qui a le plus lieu de nous préoccuper, étant donnée l'importance prépondérante des combustibles minéraux dans tout l'agencement industriel d'un pays moderne et notre pauvreté relative à cet égard. Consi-
1. La production minérale de la France représente une valeur au moins trois fois plus faible que celle de l'Allemagne, quatre fois moindre que celle de TAngleterre.
dérons l'extension superficielle de nos terrains houillers. Bien que ce soit un très pièlre moyen d'appréciation puisque les conditions de gisement peuvent varier totalement et varient, en effet, d'une région à Tautre, il y a là toutefois un chiffre précis à mentionner. Nous avons en France 5.581 kilomètres carrés de terrain houiller contre 31 .000 en Allemagne. Sur ces 5.581 kilomètres carrés, la superficie exploitée de nos concessions houillères, qui peut être considérée comme représentant l'étendue du houiller productif, est en gros de 4.000. La disproportion entre les deux pays est, en réalité, beaucoup plus forte. En France, chacun sait que la fermeture de nos mines du centre est, ou prochaine^ ou imminente. Pour quelques-unes, comme celles du Bourbonnais, on peut à peine compter par années. Le bassin de la Loire, qui fournit environ le neuvième de notre production totale (4 millions de tonnes sur 36 en 1905), ne peut guère se survivre que si Ton trouve son prolongement avec une large extension sous la plaine du Rhône, où jusqu'ici, tous les sondages essayés ont eu des déboires divers.
Le Nord seul, qui donne près des deux tiers de notre production (23 millions de tonnes en 1905), a un avenir assuré relativement long, mais qui ne peut cependant pas se compter par siècles. A Anzin. Tune de nos raines les plus favorisées, on admet une épaisseur totale de 45 mètres de charbon répartis en 70 couches, dont le cube est estimé à plusieurs centaines de millions de tonnes représentant un siècle et demi d'extraction sur le taux actuel. C'est assez sans doute pour les actionnaires, c'est peu pour l'avenir du pays.
Dans nos colonies, le Tonkin a quelques charbons récents d'assez médiocre qualité (270.000 tonnes en 1905). En Afrique, bien que le carbonifère soit développé (surtout sous sa forme marine), on n'a pas encore aperçu un indice sérieux de houille.
Restent, il est vrai, les découvertes possibles en France, auxquelles j'ai déjà fait allusion précédem>ment pour envisager toutes les hypothèses. Nos bassins houillers eux-mêmes ne laissent plus guère place à rimprévu là où ils affleurent, ou quand ils ont été retrouvés déjà souterrainement; mais j'ai dit qu'ailleurs, là où ce houiller peut être masqué par des recouvrements anormaux ou simplement par des terrains postérieurs, au sud de l'Artois, dans le bassin de Paris, la vallée du Rhône ou même la Guyenne, on ne doit pas considérer des découvertes futures comme irréalisables. On est même en droit d'espérer qu'il s'en produira certaines. C'est quelque chose; mais il serait téméraire d'aller plus loin dans la voie de l'optimisme et de compter beaucoup sur ces trouvailles hypothétiques pour prolonger la vie de notre exploitation houillère.
Résultats des dernières recherches. — En ce qui concerne les tentatives à grande distance des bassins connus, il faut bien dire qu'outre la difflculté d'aller découvrir une aiguille dans un tas de foin, les présomptions les plus rationnelles sur le développement même de ces bassins cachés sont fort peu favorables, si l'on envisage la manière dont les bandes houillères plongent d'abord en profondeur quand elles nous arrivent de l'Est et aussi la façon dont elles doivent s'atrophier pour avoir presque totalement disparu là
OÙ elles pourraient reparaître au jour, avec le terraia primitif qui les englobe, au delà du bassin parisien vers rOuest, dans le massif breton.
Sans aller chercher aussi loin et en se bornant au prolongement presque immédiat des bassins exploités, par lequel il était naturel de commencer pour cheminer de proche en proche, du connu à l'inconnu, on . a énormément fouillé depuis une quinzaine d'années avec un succès très médiocre et qui ne rappelle en aucune façon les triomphes obtenus en Westphalie ou en Belgique.
Une première campagne, commencée en 1891, après la découverte sensationnelle de la houille à Douvres, a perforé de 42 sondages la région entre le cap Gris-Nez et Dunkerque sans aucun résultat.
" Après 1896, on s'est porté sur le prolongement sud du bassin du Pas-de-Calais au dessous des charriages primaires. Sur 25 sondages, 11 ont reconnu le terrain houiller entre 600 et 1.400 mètres et recoupé quelques couches de houille, qui pourront sans doute être concédées et exploitées sur 6.000 hectares de superficie. C'est le résultat le plus positif de ces dernières années.
En Meurthe-et-Moselle, où les premiers enthousiasmes ont été singulièrement déçus, sur 19 sondages exécutés depuis 1896 et poussés entre 1.000 et 1.600 mètres avec une dépense totale de plus de 4 millions, 3 seulement ont reconnu un peu de houille à près de 1.000 mètres de profondeur dans des conditions que Ton espère (sans en être nullement certain) exploitables.
La plupart des autres recherches entreprise^, soit sur le prolongement du bassin de Saint-Etienne, soit
sur le prolongement du sillon de Saint-Eloy au delà de la Bouble, etc., n'ont encore rien donné.
Importations croissantes de bouille en France. — Or, la France a toujours été et devient de plus en plus, en ce qui concerne les combustibles, tributaire de l'étranger : ce qui lui constitue une trop évidente infériorité industrielle, puisque la dépense en charbon se trouve à la base de toutes les industries. En tant que charbons, nous n'avons aucun espoir que cette situation se modifie jamais. Les courbes de la consommation et de la production sont caractéristiques à cet égard.
Prenons la courbe de la production. Celle-ci s'élève, non d'une façon continue, mais par étapes successives qui mettent un certain temps à se consolider et correspondent à des maxima relatifs à une décade : maxima eux-mêmes grandissant de plus en plus. Ces maxima ont été : de 1850 à 1860, 8 millions de tonnes; de 1860 à 1870, 13,5; de 1870 à 1880, 17,5; de 1880 à 1890, 24,3; de 1890 à 1900, 32,8; depuis 1900, 36. Actuellement, il y a un ralentissement manifeste par l'effet de toutes les lois ouvrières qui tendent à diminuer (à son détriment final) la productivité de l'ouvrier. Si nous prolongeons par continuité, nous trouvons donc au plus : pour 1910, 42 millions; pour 1920, 49; pour 1930, 56. Et rien ne prouve que les conditions techniques se prêtent même à ce développement*. Or la courbe de la consommation française monte singulièrement plus vite et, tant qu'on n'aura pas remplacé la houille par
1. Voir, page 135, ce qui concerne les limites de productivité d'une mine.
d'autres sources d'énergie, il y a toutes les chances pour que la loi de cet accroissement, qui est fonction de tout le développement général, se continue. L'écart entre la production et la consommation a été : de 6 millions de tonnes en 1860, de 7 entre 1875 et 1880, de 9 jusqu'en 1890, de 14 à 15 depuis 1900, de 18 en 1907 (consommation 54,2 ; production 36,3). Nous pouvons nous attendre à le voir de 20 en 1910, de 28 en 1920, de 33 en 1930. Tandis que les pays voisins (Angleterre, Allemagne et Belgique), auront du charbon en abondance, nous serons obligés de leur en acheter de plus en plus et nous nous trouverons donc vis-à-vis d'eux dans une situation d'infériorité, à laquelle remédiera quelque peu notre richesse en minerais de fer, sans parler de nos capitaux accumulés *.
Reste, il est vrai, à considérer l'hypothèse d'une transformation dans les sources de Ténergie. Ce n'est pas vers d'autres combustibles minéraux que nous pouvons nous tourner. Nous n'avons pas de pétrole, et nos chances d'eatrouver jamais, sans être nulles, sont bien minimes. Mais il faut compter avec l'utilisation des forces hydrauliques, avec celle de combustibles végétaux, comme l'alcool, dont je dirai un mot plus loin.
1. La comparaison des prix moyens par tonne de houille sur le carreau de la mine, est toute au désavantage de la France. En 1890, le prix moyen de la France était de 10,31 contre 7 pour la moyenne du globe, 5,82 en Allemagne, 6,35 en Angleterre, 8,45 en Belgique. En 1905, ce prix a été de 12,92; enl906,de 13,80, contre 9 en Angleterre.
Aux États-Unis, en 1902, les prix ont été, dans la Pensylvanie et rOhio, de 6,20, de 5,40 dans le Kentucky, tout en s'élevant à 11 fi-ancs dans le Washington qui alimente en grande partie la région du Pacifique. Entre 1895 et 1898, les houiUes de Pertsylvanie et de Virginie valaient, sur la mine, moins de 4 francs. En 1906, le prix moyen de tous les États-Unis a été de 7,82.
318 LA CONC>t'êTE ilINéBALE
Le fer en Fnnce. Situation privilégiée. — Pour le fer, D0U8 sommes, je l'ai déjà dit, plus heureux, grâce à nos minerais lorrains, normands et algériens, dont les principaux ont été découverts ou reconnus utilisables à une époque très récente.
Les autres gisements de fer sont de peu d'importance et beaucoup d'entre eux, comme ceux du Berry ou généralement du centre, après avoir joué un certain rôle autrefois et provoqué la création de centres métallurgiques, peuvent être considérés comme épuisés.
On ne saurait non plus tenir grand compte des 250.000 tonnes que donnent les Pyrénées-Orientales et, à plus forte raison, des 50 à 100.000 tonnes que fournissent chacune quelques autres régions comme Vassy dans la Haute-Marne, Mazenay et Change en Saône-et-Loire, le Gard, etc. Nous pouvons, dans les généralités où nous restons ici, nous borner à envisager le bassin lorrain et la Normandie qui, tous deux, ont la spécialité des minerais phosphoreux, et TAlgérie.
Le bassin lorrain produit, depuis longtemps, 80 à 90 p. 100 de Textraction française ; mais sa situation va devenir encore plus privilégiée par là mise en valeur du nouveau bassin de Briey, qui constitue peutêtre le plus beau gisement de fer du monde entier et qui porte sa superficie totale à 65.000 hectares. Dans ce bassin, des sondages, que Ton a poussés de proche en proche jusqu'à 1.300 mètres, ont permis de reconnaître, sur une étendue exploitable de 40.000 hectares (dont 6.000 restant à concéder) une couche de bon minerai à 35-37 p. 100, qui a souvent 7 mètres d'épaisseur, qui en a certainement au moins 4 en moyenne. En comptant 100.000 tonnes à l'hectare et supposant qu'on en retire les deux tiers, on estime le cube de
LES RÉSERVES HIHéBALES DES GRANDS PAYS 319
minerais au moins à 2 milliards et demi de tonnes. Actuellement, nous consommons, en France, 8,2 millions de tonnes * ; on voit pour quel chiffre énorme d'années nous pourrions nous considérer comme fournis, si ce bassin, trop voisin de notre frontière et déjà visé par l'envahissement des Allemands, n'était pas exposé à tous les hasards de la guerre future. En ce moment, il s'équipe là une vingtaine de mines prétendant fournir chacune, à raison de 8.000 tonnes par jour, 2.400.000 tonnes : ce qui donnerait le chiffre colossal de 48 millions de tonnes par an, plus difficiles sans doute à écouler qu'à extraire. En 1906, on a produit en Lorraine 7.256.000 tonnes (3.084.000 pour le groupe de Briey; 2.490.000 pour Longwy; 1.682.000 pour Nancy). D'ici cinq ans, on estime que le seul groupe de Briey aura atteint et probablement dépassé 10 millions ^ La France trouvera donc, dans ses minerais de fer, une contre-partie à sa disette en houille et deviendra forcément exportatrice dans des conditions qui dépendront surtout des débouchés commerciaux.
La mise en valeur des minerais de fer siluriens, en Basse-Normandie (Orne et Calvados), date à peine de quelques années, bien qu'nne des mines, Saint-Rémy (en Calvados), remonte à 1875. Ces minerais phosphoreux (hématites et carbonates calcinés) ont été, jusqu'ici, surtout exportés en Allemagne ; à mesure que le traitement des minerais de cette nature se développe dans le Nord de la France et en Angleterre,
1. Les exportations, encore très inférieures aux importations en 1900 (271.000 tonnes contre 2.119.000), sont aujourd'hui à peu près équivalentes (2.000.0(X) de tonnes dans chaque sens).
2. Les industriels parlent même de 20 millions. En 1907, la principale mine, celle d'Homécourt, a donné 1.200.000 tonnes ; la seconde, celle d'Auboué, 1.100.000.
leurs débouchés s'accroissent dans ces deux sens. On y dépasse maintenant 400.000 tonnes (295.000 pour la Normandie et 114.000 pour la Bretagne en 1906) et Ton vise le million. Mais la reconnaissance est trop incomplète pour qu'on puisse faire une évaluation sérieuse des quantités de minerais à espérer dans l'avenir et l'on peut seulement remarquer que, d'après les derniers sondages, le synclinal métallisé s'enfonce très profondément. Une incerlilude analogue existe pour les minerais de qualité supérieure que l'on connaît en divers points de l'Algérie et qui pourront être exploités successivement avec le développement des moyens de communication. La production algérienne est montée, en 1906, à 780.000 tonnes, dont 379.000 pour la seule mine de la Tafna. Mais on peut surtout compter sur la mise en valeur prochaine des très grands gisements depuis longtemps reconnus au voisinage de la frontière tunisienne ou en Tunisie même. Le cubage très discuté du Djebel Ouenza, après avoir passé tour à tour de 8 à 100 millions de tonnes, semble actuellement devoir être estimé à environ 70 millions; et, si ce gisement est le plus important que l'on connaisse dans celte région, il en est beaucoup d'autres de moindre valeur qui peuvent, dans l'ensemble, arriver à produire un chiffre plus considérable.
Autres minerais français. — A côté du fer et de la houille, les autres richesses minérales peuvent être considérées comme de second prdre dans un pays qui n'a ni or, ni argent, ni cuivre, ni étain, ni platine.
Pour Tor, une dizaine de millions produits par an en Guyane, 7 à Madagascar, quelques centaines de mille francs dans la Mayenne et en Indo-Chine, ne représentent qu'une ressource infime ; et, contraire-
ment au préjugé qui a existé jadis, notre richesse en or nous est fournie bien plus simplement et plus sûrement par les intérêts de nos capitaux et notre épargne que par l'exploitation des placers et des filons.
Pour le cuivre, nous n'avons guère à mentionner d'un peu sérieux que quelques tentatives récentes à Mindouli, dans le moyen Congo, fournissant 400.000 à 500.000 francs de cuivre par an; et, pour l'étain, des traces en Indo-Chine.
Pour le zinc, les conditions sont meilleures, La France produit actuellement, avec Taide de ses dépendances nord-africaines, à peu près le minerai de zinc nécessaire à sa consommation. Mais c'est en épuisant rapidement des amas toujours très limités de calamine et il est à présumer que cette ressource ne sera pas de bien longue durée.
On peut ajouter : le nickel, pour lequel nous avons une situation importante, grâce à la Nouvelle-Calédonie^ qui en a exporté pour 3,5 million^ de francs, en 1905, 2,6 en 1906, avec 8,9 millions de cobalt; l'antimoine, qui est assez abondamment répandu dans diverses parties de la France même ; les pyrites de fer (Sain-Bel) ; et, si l'on veut l'aluminium, dont nous possédons abondammentdes minerais richessouslaformede bauxites, mais dont l'extraction (pour laquelle nous venons aussitôt après les Etals-Unis), est plutôt une question d'industrie électrique que d'industrie minière.
Enfin il ne faut pas oublier les phosphates algériens et tunisiens, dont les gisements paraissent être énormes et dont la production, rapidement croissante, constitue une source de richesse notable pour le pays. En 1905, l'Algérie a produit 335.000 tonnes et la Tunisie 522.000 tonnes. En 1906, la Tunisie est montée à
796«000 tonnes. Les gisements susceptibles d'être mis «n valeur paraissent encore très nonobreux et peuvent dorer longtemps. Pour le sel également, nos gisements sont très supérieurs à nos besoins.