LE CUIVRE DANS LE MONDE
Le cuivre est un des métaux dont la disette future est le plus fréquemment signalée, en insistant sur
la rareté de ses gisements et sur le grand développement de ses applications dans ^électricité, la marine, etc. En pareil cas, des statistiques complaisantes, auxquelles il serait puéril de se fier, montrent toujours la production dépassée par la consommation et les stocks visibles fondant à vue d'œil. On n'ajoute pas qu'il se crée par compensation des stocks invisibles. Quand, au début de 1907, on voulait pousser les cours du cuivre au delà de 2.500 francs, on a pu lire maint article plus ou moins désintéressé où on exprimait une véritable épouvante à ce sujet. Depuis lors, on a vu reparaître au jour tout ou partie de ces stocks que Ton croyait épuisés. Si Ton remarque que, pendant la période d'inflation, il s'est créé, en profitant de Fengouement public, une quantité de mines de cuivre, qui, pour la plupart, n'ont pas encore eu le temps de produire beaucoup, mais qui vont y arriver, on est au moins momentanément rassuré sur cette disette dii cuivre dont on avait fait si grand tapage.
Pour l'avenir, on peut appliquer à ce métal les réflexions générales qui ont été faites au début de ce chapitre sur Tensemble des métaux. Le cubage de telle ou telle mine de cuivre est déjà difficile, même quand elles ont la forme d'un amas limité conàme dans la province d'Huelva et de couches imprégnées comme au Lac Supérieur, à plus forte raison dans le cas d'un filon. Le cubage de l'ensemble des gîtes de cuivre est impossible, même en se contentant des plus larges approximations. Il suffit, en effet, que le cours du cuivre monte de 100 francs (et nous l'avons vu monter de l.OOU francs) pour qu'une quantité considérable de minerais et de mines entrent en
jeu. La valeur relativement élevée de ce métal permet de l'exploiter même dans des conditions de transport désavantageuses, à de grandes distances des côtes et forcera donc bientôt à tenir compte d'une fouie de pays encore à peine explorés. Les progrès techniques de la métallurgie compensent d'ailleurs peu à peu répuisement des minerais. Dans ces conditions, on ne saurait pronostiquer d'avance dans quelle mesure exacte les cours du cuivre pourront s'élever en moyenne comme Tout fait récemment ceux de quelques grands métaux; mais on est en droit d'affirmer que, d'ici longtemps, d'une manière absolue, on ne manquera pas de cuivre.