ERNEST LEROUX, ÉDITEUR
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turel de la France, à laquelle il est relié maintenant, par de nombreuses lignes de navigation à vapeur.
Le danger peut naître soit de conflits européens, soit de conflits avec le peuple musulman sur lequel nous l'ayons conquis.
II est logique d'admettre qu'en cas de conflits européens, nos possessions du nord de l'Afrique ne seront point terrain neutre et la tentation d'y apporter le désordre et d'en faire un théâtre de luttes, sera d'autant plus grande, pour l'ennemi, que la colonisation en sera plus développée. Il n'est pas douteux, non plus, que le séjour, tant soit peu prolongé d'une troupe de débarquement sur un point quelconque du littoral, amènerait une levée de boucliers d'une portion des populations indigènes. Quoique le transport et le débarquement d'une force, même peu considérable, soit toujours une opération difficile, nous devons en admettre la possibilité.
Les possessions françaises comprennent aujourd'hui l'Algérie et la Tunisie. Elles ont un développement de côtes de plus de trois cent cinquante lieues, de l'embouchure de l'Oued-Kiss à celle de l'Oued-Fessi.
Sur un aussi immense espace un ennemi entreprenant trouvera toujours moyen de descendre.
« La frontière maritime de l'Algérie, dit le colonel Niox dans .sa Géographie physique, n'est pas organisée en vue d'une attaque par mer. Si Von pouvait avoir quelque inquiétude en cas de guerre européenne, c'est à la flotte qu'il faudrait remettre le soin de garantir le littoral très étendu de l'Algérie et de la Tunisie. »
Si la descente a lieu, c'est à l'armée d'Afrique qu'il incombera de jeter promptement à la mer les troupes débarquées, sous peine d'avoir à combattre aussi, à bref délai, une insurrection indigène. Elle ne devra compter
que sur elle seule pour remplir cette tâche car, à ce moment, le reste de l'armée française aura sans doute son emploi sur le contineut, de même que la flotte sera opposée à la marine de nos adversaires.
Hue d'Alger. {Dessm de M. 0. Gailaghan.)
La concentration des forces, dont se compose l'armée d'Afrique, dans l'état actuel du réseau du chemin de fer algérien, serait longue et difficile .
Si l'on se rend compte de la dispersion, sur uue multitude de points, des éléments qui la composent, de
turel de la France, à laquelle il est relié maintenant, par de nombreuses lignes de navigation à vapeur.
Le danger peut naître soit de conflits européens, soit de conflits avec le peuple musulman sur lequel nous l'avons conquis.
Il est logique d'admettre qu'en cas de conflits européens, nos possessions du nord de l'Afrique ne seront point terrain neutre et la tentation d'y apporter le désordre et d'en faire un théâtre de luttes, sera d'autant plus grande, pour l'ennemi, que la colonisation en sera plus développée. Il n'est pas douteux, non plus, que le séjour, tant soit peu prolongé d'une troupe de débarquement sur un point quelconque du littoral, amènerait une levée de boucliers d'une portion des populations indigènes. Quoique le transport et le débarquement d'une force, même peu considérable, soit toujours une opération difficile, nous devons en admettre la possibilité .
Les possessions françaises comprennent aujourd'hui l'Algérie et la Tunisie. Elles ont un développement de côtes de plus de trois cent cinquante lieues, de l'embouchure de l'Oued-Kiss à celle de l'Oued-Fessi.
Sur un aussi immense espace un ennemi entreprenant trouvera toujours moyen de descendre.
« La frontière maritime de l'Algérie, dit le colonel Niox dans sa Géograpliie physique, n'est pas organisée en vue d'une attaque par mer. Si l'on pouvait avoir quelque inquiétude en cas de guerre européenne, c'est à la flotte qu'il faudrait remettre le soin de garantir le littoral très étendu de l'Algérie et de la Tunisie. »
Si la descente a lieu, c'est à Tannée d'Afrique qu'il incombera de jeter promptement à la mer les troupes débarquées, sous peine d'avoir à combattre aussi, à bref délai, une insurrection indigène. Elle ne devra compter
protégé' contre les insultes d'une flotte ennemie. Des fortifications, du co'té de terre, défendent la ville contre toute insurrection arabe, mais seraient sans valeur contre l'attaque d'une armée européenne. »
Nous ne pensons pas que l'attaque ait lieu contre Alger, mais, en admettant que ce soit une base, elle est trop éloignée pour suffire aux besoins sur tout le long développement de la côte. En effet, l'armée qui
en sortirait pour marcher sur les vallées de Bougie, de Mostaganem ou de la Calle, aurait à traîner à sa suite ses vivres, ses munitions, à traverser des contrées immenses, des montagnes du plus difficile accès, au milieu de populations denses et guerrières. Ces opérations menées à bonne fin, elle se trouverait en présence de forces peut-être supérieures, ayant eu le temps de renforcer leur position au moyen de la forlificafion de campagne.
Il serait déplacé, dans une étude de ce genre, de se demander si la conduite que nous avons tenue vis-à-vis
dos indigènes est de nature \ nous eu concilier au moins nue partir, mais il est V^pie d'admettre, que pendant do loueur* années. Vs peuples conquis, de quelque faeon qu'on tes tviite. «-nr V desîr et la volonté de ressaisir leur indépendance •""• i st un sentiment naturel auquel mi doit accorder ri»* valeur, lorsque, surtout, le vainqueur et V \:iv.eu son r mssi différents de religion, de m.niiN et vie 'arscice. -lue Le Français lest de
l'indigène algérien
IV simple expose su ,i; r cour deuioutrer que la défouse de ce vaste territoire sera:: ei::"Hei[e. et pour inviter à chercher les moveus damee-uvr la situation. Il appartient aux pouxoirs v-^-'s de faire Cou*t pour assimiler le plus possible d indi^è-vs en >ur faisant une part suffisante dans notre état scc:a\
Puis, il faut orcau:ser \v\ reseau de chemins de fer, qui permette de concentrer rap:de:i:o»'.: -es troupes sur les points eu les descentes peu\c M .t a\-ir lieu: il aura pour nous le double a\anîa^e do servir également à diriger rapidement les forces sur les *o\ers d'insurrection.
Il faut aussi créer sur la o*'. % lies points suffisamment forts pour être à l'abri d'un cou;» de tuam et suffisantmeut pourvus de vivres et de matériel pour pouvoir servir de bases aux troupes chargées de rcvter l'ennemi à la mer et leur épargner la conduite et la protection, toujours difficiles, de convois pour lesquels les movens de transport font toujours défaut au moment du danser.
Il n'entre pas dans le cadre tir- notre travail d'indiquer quels sont les points à fortifier, ileux-oi. du reste, ne peuvent être choisis qu'après une étude approfondie des localités.
La marine a les mémos besoins que l'armée . 11 lui faut sur la côte des points d'appui, des magasins, des arsenaux.
protégé contre les insultes d'une /lotie ennemie. Des fortifications, du côté de terre, défendent la ville contre toute insurrection arabe, mais seraient sans valeur contre f attaque d'une armée européenne. »
Nous ne pensons pas que l'attaque ait lieu contre Alger, mais, en admettant que ce soit une base, elle est trop éloignée pour suffire aux besoins sur tout le long développement de la côte. En effet, l'armée qui
Jardin u'Kssm. (Dessin 'te M. 0. Calfogkan.)
en sortirait pour marcher sur les vallées de Bougie, de Mostaganem ou de la Calle, aurait à traîner à sa suite ses vivres, ses munitions, à traverser des contrées immenses, des montagnes du plus difficile accès, au milieu de populations denses et guerrières. Ces opérations menées à bonne fin, elle se trouverait en présence de forces peut-être supérieures, ayant eu le temps de renforcer leur position au moyen de la fortification de campagne.
Il serait déplacé, dans une étude de ce genre, de se demander si la conduite que nous avons tenue vis-à-vis
de nombreuses avaries, perdent une partie dé leurs équipages, et ne sont plus en état de supporter une longue navigation. Il leur faut, à bref délni, un abri et les moyens de se réparer. Une flotte, loin d'un port de refuge, ne peut donc livrer plusieurs batailles sans de lourds sacrifices. Eu créant sur cette côte d'Afrique des abris et des chantiers de réparations, nous multiplions
ttorr;iE, Porte Kara*si;
donc la force de la flotte et nous diminuons sensiblement les chances de l'ennemi.
C'est en Tunisie surtout, qu'il est de toute nécessité de créer nne base de ce genre, à Bizerte, car c'est évidemment là que les premières tentatives auront lieu. — A quoi bon tous les efforts, tout l'argent dépensé pour coloniser ce pays, si nous ne prenons les précautions nécessaires pour le défendre et le conserver.
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Mosquée de Gabès. (Dessin de L. Pïmw.]