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LES CONFLITS DB Là COHSCtBNCB, ETC. 71
Pie IX, qui a vaillonmient écrii le S^llabus^ qni, en plein xis* siède, n'a pas craint d'ana» tliématiser toutes les idées modernes, qui a solennellement déclaré qu'elles ét&ul^it en complète opposition ai^^ec renseignement de l'Église romaine dans tous les sièdes, Pie IX m*fospîre une réelle estime ; je sens en lui : une conscience.
Quant à ceux qui se diargent d'interpréter les déclarations du SyUakm dans un sens libé« rai, nous n'avons qu'une excuse à présenter en leur faveur ; ils ne peuvent — espérons-le — prendre leur parti de voir aux prises deux intérêts qui leur sont paiement chers : leur croyance religieuse et leur foi politique. Plair gnons-les, mais, tout en les plaignant, détestons l'œuvre & laquelle ils sacrifient le sentiment moral : elle produit un mal incalculable, elle donne lieu de croire que la religion ne se défend qu'au prix de la loyauté.
Les partisans du SyUabus tel quel, mettent
science humaine à une autre épreuve :
t sommée de croire que TÉvangile a ina^ B pouvoir temporel, que le moyen âge s époque de bénédiction, que le christiaenseigne & brûler les bibles, à brûler les à organiser les tortures de Tlnqfuisition, ber la tête sous un vaste despotisme clé* à soutenir tous les despotismes politi^ à éteindre successivement toutes les [*es, à jeter Tanathème sur toutes les li»
squ'on considère ces réactions terribles nommeïit la Renaissance et le xviii* sièrsqu'on assiste à la réaction impie dont ;ommes témoins à l'heure qu'il est, il ne 3ts oublier la part de la conscience — je lins pas d'employer ce mot, la cons- — dans de tels ébranlements, renaissance voyait devant elle le christiasous la forme d'un clergé dominateur,
d'une papauté de Grégoire VII, d'Innocent III, d'Alexandre VI, d'un ÉvangUe traîné en lambeaux dans les conciles généraux de Constance et de Bâle, d'un long règne de la scolastique, d'une nuit profonde où TEurope avait souïTert des maux inouïs, où la liberté des consciences avait été traitée comme nous savons.
Le XVIII* siècle venait de voir le christia* nisme sous la forme des ministres de Louis XIV, de la dragonnade, de la révocation, de la destruction de PortrRoyal ; le tout aboutissant aux abbés galants de la régence : après la persécution exaltée par Bossuet, la pourpre jetée sur les épaules de Dubois!
Quand la religion est descendue à certains rôles, on finit par se méfier de toute religion.
Quand le nom de Dieu sert & sanctionner des infamies et des tyrannies, on en arrive — je frémis de le dire — à prendre Dieu en horreur*
A qui la faute, si le peuple devient athée?
Posons la question hardiment. La faute, en
LA CONSCIENCB :
oins, est à ceux qui ont mis FÉce qu'on appelle ainsi, aux prises Dienoe«
sn Espagne, en France, F&me huiçu un tel dégoût de ce qu'on lui LT TÉvangile que, chez beaucoup, est transformé en une incurable râtre la religion, quelle qu'elle
ons pas qu'un tel fait se borne aux boliques. L'Allemagne, où laRenplète et formaliste a longtemps jmagne, où le protestantisme s'est ; d'une fois sous la forme du raest rongée çà et là par un esprit auquel elle échappera, je l'espère, lent parce qu'elle retourne à l'Éet vivant*
stes envers les ennemis de notre 3t pas mauvais dans les réactions i là une certaine protestation du
éehs moral; il y a là, fréquemment, une récla* piaticHi de Thumanité et de Vhonnêteté.
Qui nous dira ce qui se passe dans la oons* cience des hommes intègres, alors qu'on leur présente telle arreur ou tel crime comme ye-» nant ^a droite ligne du ciel ?
J'ai reçu parfois les confid^dces des inoré* dules, et j'ai découvert que, s'ils rejetaient le véritable Évangile^ c'était pour avoir trop sou* vent rencontré le faux sur leur chemin.
Les plus consciencieux se montraient les plus hostiles. A leur entendre raconter quelles doctrines s'étaient données pour évangéliques, quels actes soi-disant pieux les avaient révoltés, on éprouvait un double sentiment : de compassion pour eux, de remords comme chrétien.
Ces consciencieux, blessés dans leur sens moral, je ne vais point jusqu'à les justifier. L'Évangile n'était pas loin ; plus consciencieux, ils l'auraient trouvé. Le Saint-Esprit n'était
pas loin; plus consciencieux, ils Fauraient DOuté. Le péché était là; plus consciencieux, s Tauraient compris*
Cependant, notre responsabilité demeure»
Quiconque, en faussant FÉvangile, place uelque pierre d'achoppement devant les pas 'un frère, est coupable de sa chute et de son mg-
Nous ne mettrons jamais assez de conscience ans notre foi.
Disons-le hautement : les consrîAï^''A« ^^i* été froissées à Fendroît de la religic
Un puissant effort de sincérité, \ que réaction de conscience dans le de foi, il nous faut cela.
Il faut qu'on le sente; nous s
hommes de vérité, servant le Dieu (
' Vrais -^ds-à-vis de nous-mêmes,
vis des autres, ne fardant rien de
flétri, n'embellissant rien de ce q
îW
avouant nos erreurs quand elles existent, n'employant aucun sophisme pour justifier ce qui n*est pas justifiable, conservant dans toute sa dignité cette grande et sainte conviction de rÉvangile qui est notre paix — que nous n'avons jamais eu tant de motifs de serrer sur notre cœur, heureux que nous sommes de posséder sa splendeur dans un temps où les ténèbres se font — nous glorifierons notre profession chrétienne aux yeux du monde entier.
Oui, de la conscience dans ce ^ué noutr savons et dans ce que nous ignorôiis; delà Ctia^ science dans le blâme des torts de notre cauise, dans Tadmiration pour Ce qu'elle a eu d'héroïque et de sacré : voilà le mot d'ordre que }^ voudrais faire retentir peirtout.
La politique, les réticences, les replâtrages: ne sont jamais bons; il est deô tetops d'ignorance où ils peuvent rencontrer un certainsuccès ^aujourd'hui, en pleine lumière histo*
LE PUR BYi.NGII.K» ETC. 7i>
rique, en pledne lumière adentifique, c'est le cas de demander qui on prétendrait tromper!
Otons ce scandale. Rétablissons dans sa ma* gniiique intégrité le véritable Évangile qui n'est paSy lui, en conflit avec la conscience» Nous n'avons point à l'arranger, nous avons à le présenter tel qu'il est; revenant à sa pureté, simplement, hautement^ par delà les inter^ prètes, par delà les théologies, par delà les réformateurs.
L'Évangile, religion de vérité, révélation du Dieu de vérité ; l'Évangile qui accomplit notre sanctification par la vérité; l'Évangile qui opère notre affranchissement par la vérité; l'Évangile nous place à l'austère école du vrai. Il ne nous enseigne ni les beaux mensonges, ni les erreurs nécessaires, ni les salutaires illusions; il nous transporte dans une région où la vérité seule rayonne: la vérité qui est le moyen, la vérité qui est le but.
Nous, les fils du Dieu de vérité, seijtons bien
le privilège de croire à sa vraie Parole. Cette Parole renferme des questions insolubles.; elle ne blesse aucune conscience»
Ce n'est pas elle qui froissera la moralité du libéral^ ou du philanthrope, ou du philosophe digne d'un tel nom. Dès qu'elle s'implante dans le sol, elle en fait jaillir les progrès ; sitôt qu'elle touche le cœur, elle y établit l'intégrité.
Convions tous ceux que révolte à juste titre l'histoire — souvent déplorable — des chrétiens et de leurs complicités avec le mal, invitons-les à considérer quelque chose de meilleur : le christianisme.
Notre conscience nous a mis en présence de rÉvangile et de ses fruits.
La Révélation qui les a produits serait-elle une invention de quelques juifs du temps de Tibère? — Avant, rien; après, rien; car on s'en écarte promptement. Votre conscience a répondu.
Une aussi extraordinaire apparition s'expliquerait-elle par l'évolution régulière des idées, par les tranisformations successives de la re-
ligion unique, dans ses métamorphoses sans fin ? — Notre conscience s'indigne au seul énoncé d'une telle hypothèse. Elle se refuse à écouter les gens qui récitent, pour la millième fois, l'oraison funèbre du Christianisme.
L'incrédulité d'aujourd'hui, qui trouve très-^ absurde l'incrédulité d'hier et dont l'incrédulité de demain se rira à son tour, ne cause à la conscience qu'un faible embarras. Tandis que les systèmes anti-chrétiens de notre siècle se déclarent évidents — en attendant que leurs successeurs les déclarent insensés — notre conscience remarqua deux choses :
D'abord, que s'il y a des difficultés à croire, il y a de plus grandes difficultés à ne pas croire.
Ensuite^ que cet Évangile si décrié a essuyé de bien autres bourrasques et qtfil eu est sorti ; qu'il a' survécu à de bien autres coups, qui devaient lelaisser pour mort, et qui Font laissé vivant.
jusqu'où nous a menés, etc. 83
Voici ce qui achève d'éclairer notre cousdence.
L'incrédulité base sa théorie sur la négation même de la conscience.
L'incrédulité a décidé qu'i faut une religion pour le peuple. Elle a décidé que la religiont quoiqu'ellenesoitqu'unmensonge,estunmen* songe indispensable, en ce moment du moins.
Elle a décidé que le cœur éprouve des besoins auxquels il faut pourvoir, quoi qu'en dise la raison.
Son plan donc est de nous faire des religions nationales, auxquelles il ne manquera que la vérité. Il y aura là des pasteurs dont plusieurs prêcheront contre leur consdence. Il y aura là des foules dont une partie, les sceptiques, pGo^ticiperont au culte contre leur conscience» On se moquera de l'Évangile, et on suivra gravement les prédications de l'Évangile, on y enverra sa femme et ses enfants. Ou bien ce sera tantôtla Révélation, tantôt le Rationalisme que
'■y^Twyz
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S temples verrontannoncer; une main huit jours après, ce que bâtissait lit jours avant; l'ambiguïté des teravent un langage pareil viendront es obscurités; quant aux âmes, elles ont comme elles pourront, le Pascal pour écrire des Provinciales îecî?
Églises officielles, ces Églises men* officiellement menteuses, devrait-on existent-elles point? Ne voit-on nulle etour au paganisme, à la religion asservie par l'État, débarrassée de
loi cette chose ignoble, le mépris du îsme, joint à la prédication du chris- > est-elle trop souvent pratiquée par nés loyaux en toute autre occasion?
L leur échappe-t-il de dire que, si le isme est faux, il n'importe, nous ne nous passer de cette erreur-là ? — Ah!
jusqu'où nous a menés, etc. 85
c'est qu'ils ne sont pas sûrs de leur incrédulité, c'est que la suppression du christianisme épouvante leur bon sens, c'est que leur conscience, à eux aussi, proteste. Plus d'un ia murmuré cette phrase absurde et touchante : Nous vous envions votre foi !
S'ils étaient conséquents, il faudrait traduire ainsi : Nous vous envions votre mensonge ! — Mais ils ne le sont pas, et les plus prévenus hésiteraient devant une si brutale interprétation.
Notre conscience, mise en demeure par les faits, repousse l'incrédulité contemporaine sôus toutes ses formes»
Elle reconnaît que l'Évangile ne saurait se confondre avec les autres doctrines, et qu'il occupe un rang particulier.
Notre conscience reconnaît en outre, qu'appelée à se prononcer sur les titres de l'Évangile, elle ne saurait se poser en juge du con-
«ft LA CONSCIENCB
d'un livre qui s'annonce comme divin»
3 titres sont faux^ ou les titres sont vrais : le livre tout entier s'écroule; vrais, le tout entier reste debout. Trier, choisir, r telle déclaration, efifacer tel écrit bi- 3 — une fois les preuves de la divinité Les — notre conscience ne le peut pas* ) sait, car l'idée même de révélation imî cela, elle sait qu'une religion révélée Bnfermer des problèmes qui nous étendes mystères qui nous dépassent. Elle lie le divin ne saurait être évident, car il oujours des choses insondables dans la ntre de l'homme et de Dieu, a foi était la vue, la foi cesserait d'être moral par excellence. Qui a jamais parlé noralitédes mathématiques?
a foi était la vue, si depuis dix-huit 3 et par ime interminable suite de mi-^ , répétés devant toutes les académies, la Biit opéré sa démonstration, on croirait
jusqu'où nous a menés, etc. 87
en Jésus-Christ comme on croit à une théorie démontrée d'algèbre, comme on croit à une loi démontrée d'astronomie; tout le monde croirait, et il n'y aurait pas un chrétien de plus.
Pour qu'il y ait des chrétiens, Dieu a séparé l'évidence de l'Évangile, et la vue de la foi.
On ne croit pas sans un vigoureux élan moral ; or cet élan ne se produit qu'en vertu d'un besoin de la conscience, d'un sentiment profond du péché, d'une ardente aspiration vers le pardon et vers l'expiation.
Ceci est le point essentiel.
Ici se déploie dans son ampleur l'action de la conscience : ce chercheur et ce conquérant de la vérité.
Le sentiment du péché I
J'en fais le couronnement des travaux de la conscience en quête de vérité; sans lui, la foi ébauchée ne s'achève pas. J'aurais pu en faire la base de l'édifice; sans lui, personne n'entame sérieusement, nul ne mène bien loin les poursuites du vrai. Les gens plus ou moins satisfaits d'eux-mêmes s'arrêtent en chemin; seule, l'âme qui se sent pécheresse et perdue, va droit à Jésus-Christ.
Faire comme tout le monde, se tenir écarte d'une doctrine envahissante qui n'a pas plus tôt mis le pied chez nous, qu'il faudra lui appcu»tenir et lui obéir ; se borner à la religion raisonnable, fuir le tête-à-tête avec soi-même et avec Dieu ; se soustraire aux luttes qu'impose la foi, se dispenser des rudes labeurs qu'entraîne la sanctification ; éviter de devenir petit, de devenir enfant, de devenir ignorant; éviter de se renoncer et de se donner: toute cette série d'oppositions, sans qu'on s'en rende compte — et je n'ai pas nommé les convoitises grossières qui ne veulent point mourir — toute cette hostile armée se range en front de bataille, à travers le chemin qu'il nous faut parcourir pour chercher et pour trouver la vérité.
Nous n'irons jamais loin sur cette route-là, tant qu'un impérieux mobile ne nous pressera point.
Ce mobile, c'est notre conscience, qui nous parle de notre péché.
Le Seigneur a tellement tenu à fonder notre foi sur une assise exclusivement morale, qu'il a évité, on peut le dire, de dévoila TÉvangile à quiconque n'avait point fait le premier pas.
n est venu guérir les gens qui se portent mal et qui en gémissent. Il est venu sauver, non les justes, mais tes pécheurs dégoûtés du serv£ige. « ffî quelqu'un a, il lui sera donné. À. celui qui n'a pas, cela même qu'il croit avoir lui sera ôté * ». — « Si quelqu'un veut faire, ïiconncâtra^ii.
Ainsi se trouvent placés vis-à-vis du Sauveur ces deux espèces d'hommes : ceux qui ont, ceux qui veulent faire, ceux qui s'atta-* chent au vainqueur du péché, ceux qui cherchant avec droiture trouveront, parce que leur conscience de misérables et de perdus ne les a pas secoués en vain ; et ceux! qui n'ont pas,