‹ La conscienceChapitre 50 sur 54 · GB QUI BLBSSB LA C · texte numérisé non relu

GB QUI BLBSSB LA C

1. Sous ce titre, quelques notes die groupées au fur et à mesure de sa conscience était rédigé, mais le suje gâtions^ vos défaillances, nos corrup oppressif, et la vérité jaillissait alon ces lèvres qui ont pu dire sincèremt cience qui parle à des consciences.

La conscience est blessée par les a ^ Par ceux des croyants, comme par cei incrédules.

Les questions de raisonnement dévie des questions de conscience, lorsque, en d'un acte arbitraire de notre volonté, nous dérobons aux règles les plus él( taires de la raison.

Proclamer d'avance le surnaturel ina sible, proclamer d'avance le surnature dent, c'est porter à la conscience un :

6oup«

266 LA CONSCIBNOB

Va priori est immorf j ; le refus d*examen est immoral. Tous deux témoignent d'un absolu mépris pour la vérité- Tous deux signifient ceci : Vrai ou faux, j'admettrai ce qui me plaît, je rejetterai ce qui me déplaît!

Impossible de renier plus effrontément la conscience.

Aucune opération de l'esprit ne pourra ja« mais séparer ces deux termes, qui n'en font qu'un : la consoienoe et l'examen.

La conscience est blessée par les partis pris.

Fausser les lois de Tintelligence pottr arriver à un résultat que nous soinmôs décidés à atteindre coûte que coûte, c'est commettre tm acte malhonnête au premier chef.

En politique, le parti pris ferme l'oreille aux arguments des adversaires ; il n*écoute qU6 âa solution, à lui.

En matière de finances, le jo^r^i pris ferme les yeux aux laideurs des affaires véreuses; il ne voit que son intérêt, à lui.

En religion, le parti pris ferme tout, portes

, et fenêtres; il ne voit, il n'entend que ce qu'il a résolu, lui, d'entendre et de voir.

En matière de croyances personnelles, le partipris, lorsqu'il croit, exécute fréquemment un saut périlleux qui laisse la conscience sur le carreau. Il se jette du scepticisme dans la foi, de propos délibéré, sans abandonner un seul doute, sans acquérir une seule conviction, niant comme philosophe ce qu'il admet en qualité de père de famille, démolissant Dieu dans son cabinet, adorant Dieu dans les cathédrales, maintenant l'incrédulité de tête, prétendant au christianisme du cœur.

Que devient la vérité, que devient la conscience? demandez-le au parti pris *.

1. Gassendi est d'un côté matérialiste, partisan d'épicure; de rantre, prêtre chrétien et même croyant.

Hegel a tout renversé; et Ton assure que sorti de son cabinet, qu'entré dans une église, il avait de la foi.

Dan» un autre genre, voyez Victor Jacquemont, un des douteurs les plus impitoyables de notre temps. Victor Jacquemont avoue son faible pouir le catholicisme, il proclame son horreur pour le protestantisme, consentant bien à ce que la religion soit lef^it du sentiment, mais détestant qu'elle soit la -conquête de Texamen.

Je ne crois pas qu'on puisse imaginer une attaqae plus di-

LA GONSCIBNOB

? conscience est blessée par certaines phiphies.

uand les idéalistes d'une part, et de l'autre sceptiques : Berkeley, Hume, Stuart-Mill, it l'existence des corps ; lorsqu'au lieu de la ité de la matière ils nous donnent les im- ^sions de notre esprit; quand ils nous délent de conclure de la perception au fait, s interdisant de sortir de nous-même; il

les renvoyer à Molière, au mariage forcé

la réfutation de Marphurius.

POUvez-moi un de ces hommes-là qui n'é*

le point le bras pour écarter un obstacle,

ne fasse point un détour pour éviter un

rouvez-moi un de ces philosophes qui, pour

la matière, n'ait point pris une plume érielle, ne l'ait point trempée dans de 3re matérielle, n'ait pointcorrigédesépreu*

à la conscience, un dédain plus complet delà vérité que 'rangement & bien plaire, qui assure une égale tranquil* loz philosophes résolus de nier, sans trop se compro* e; aux croyants résolus d'affirmer» sans rompre avee les [ esprits*

ves matérielles sur du papier matériel, i pas, en un mot, cru, absolument, continue mentj à la chose qu'il fait profession nier!

On en peut rire; les subtilités, même absurdités, n'empêchent pas d'être hôni homme ; mais le mensonge du raisonnen est là, et la conscience a reçu le pavé !

La conscience est blessée parle positivis Lorsque celui-ci, supprimant l'homme aj avoir supprimé Dieu, nie la liberté, nie la lonté, nie la personne, et met carrément machine à la place d'un individu; le sens i rai se révolte, et le bon sens en fait tant.

Le positivisme invoque les statistiques e régularité presque immuable de leurs chiffi — Or cette immutabilité varie d'une époqi l'autre, varie d'un pays à l'autre, selon l'Évangile est accepté, selon qu'il est re, par les populations. Les crimes, leur nati leur fréquence, tout a changé. Sans une in vention morale et libre, expliquez ce chan

LA CONSOIENCB

Arrivez, sans cette intervention, fc autre in* h une progression invariable : asoen« m descendante! Une fois le sens moral 1, une fois Fâme remplacée par le mé* le; dès que ces déterminations ne sont le des résultantes au lieu d'être des actes •e volonté, je vous défie de produire une [es modifications profondes^ aucun des es revirements que nous montre l'his- 11 genre humain. Les mobiles, en bien mal^ s'ajoutant sans cesse d'après une thématique^ votre humanité qui n'est bille, roulera dans le sens de l'impulgmière, toujours, forcément, sans qu'un it l'arrête ou la détourne; car un acciî'est une cause, c'est une action, c'est ionté; et il n'y en a point!

; au bagne, allez dans les prisons» allez libre arbitre écrit en caractères tragims ces vies tourmentées de tentations, ées de luttes, éclairées par des retours icience, obscurcies par des défaillances mté, dévorées par le remords ; et, en 3e de ces hommes que le souvenir de

LBS PHILOSOPHIES 271

certains actes fait frissonner^ établissez votre théorie de la machine humaine !

Vous-'même, ne vous repentez-vous jamais?

Voiare responsabilité ne vous a-t-elle jamais pesé? Ce mot i j'ai eu tort ! ne s'est^il jamais trouvé sur vos lèvres? Cette pensée : j'ai mal fait ! n'a-t-elle jamais agité votre esprit?

Mais, dites*'le«moif aimez-^vous quelqu'un, par hasard? *^ Non^ ce n'est pas possible* Une machine qui aime une machine ! a-tron jamais vu cela!

Estimez-vous quelqu'un^ blâmez-vous quelqu'un? — Quoi, estimer, blâmer des engins qui nécessairement, mécaniquement, cèdent à un mouvement fatal, fatalement transmis I Vous n'y avez jamais pensé.

Vous ne dites jamais : Je veux! ou : Je ne veux pas !

Lorsqu'il s'agit de prendre une détermination quelconque, vous ne considérez jamais le pour et le contre! Vous Idssez vos enfanta se marier à l'aventure^ vous laissez votre «urgent se placer ou se déplacer tout seul, vous laissez la vie faire de vous ce qu'exige l'inexorable loi

itizedbyGOPgl^^

mstances et des milieux; car essayer ement, opposer une résistance, quelle Bichine qui l'oserait? La moindre ré- [ue se permettrait votre intelligence, »etit bâton que glisserait votre main rouages ferait tout sauter, àcommen- ^otre philosophie.

au droit de punir les crimes, quant de flétrir les infamies, vous y avez re- 3la va de soi. On ne châtie ni ne flétrit •enages qui moralement se valent, s fabriquent du bien, soit qu'ils fabriimaL

d'éducation, puisqu'il n*y a point )e l'instruction, des habitudes, à la mve : rien de plus. Faire intervenir la Il devoir, la distinction du bien et du serait mentir impudemment. Le deden, le mal, supposent la conscience, it le libre arbitre; pour des machines, li bien ni mal, ni vrtd ni faux; il y a de poing déterminant qui part on ne , qui vient on ne sait de qui, et l'objet jusqu'à ce qu'un autre coup de poing.

LES PHIL0S0PHIB8

tout aussi énigmatique , s'abatte et l'aj C'est très-clair^ très-logique et très-concl

De quel droit ces hommes-là raisonnen — et Dieu sait s'ils s'en font faute, — ra ner! avec quoi?

De quel droit jugent-ils tel ou tel acte, 1 tel procédé?

De quel droit ont-ils condamné l'escla la vente en détail des familles, les horren la traite?

De quel droit blâment-ils ou approuve leurs enfants?

De quel droit stigmatiser les tyranniej lébrer les libertés?

Enfants, despotes, négriers et coquii seraient pas en peine de leur répondre :

obéissons à la nécessité, les milieux nous mandent, le mécanisme va son train, noi saurions qu'y faire! — et tout est dit.

O Molière, encore une fois, où es-tu?

des gens qui refusent de voir en eux la ra la conscience, le libre arbitre, la voient ces gens ont des opinions à eux; ces ger taquent les idées d'autrui, ces gens défei

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leurs pensées ; ces gens accordent ou refusent leurap'ppobation; ces gens, qui déclarent que l'homme ne peut rien vouloir et qu'il subit toujours, ces gens, par leurs discours, par leurs écrits, par le travail de leur vie entière, font un constant appel à la liberté de l'âme humaine, à sa volonté !

Comment expliqiient-ils l'action directe, incontestable de l'Évangile? Qu'on l'étudié dans le monde, qu'on l'observe dans une famille, q[u'on le suive ohez l'individu, toujon^rs il oppose au positivisme ce fait, incontestable, de rompre avec les milieux, avec les habitudes, avec les idées reçues, avec les iastincbs naturels, avec les répugnances du cœur corrompu, avec tout ce qui astservit, avec tout ce qui maehinise.

L'Évangile pose son levier sur la consoiie^Ge, et d'un seul effort la relève. L'Évangile pose son levier sur la volonté, et d'un seul effort lui communique une telle puisSf9.nce, que la volonté régénère, e'estrà-dire retourne, cpnv,ertii, transforme l'âme, le coeur, la Ade, les o^tes ; contrairement au passé, aux goûts, aux édu^

tES PHÎLOSOPHIES 275

cations, aux servitudes, aux paresses, auj^ dégradations, EtThomme ^st joyeux, Ihomme est heureip^, l'homme est libre , Thomme est roi; jamais il n'ft porté plus hq^ut sou noble front de maître; jamais il ne s'est mieux senti l'immortel enfant de Dieu.

Et les familles se redressent comme les individus.

Et les nations, comme les familles, émergent des basr-fpuds à la lumière.

Et partout où la conscience humaine a reçu l'Évangile, on voit l'humanité combo-ttre le mal, poursuivre le bien, se dégager de tous les esclavages, s'emparer de toutep les libertés.

Vous moquez-vous, d'ailleurs? Est-ce que je ne me sens pas, moi, libre et responsable, responsabli^ et libre? Est-ce que l'observation intérieure, ce fait énorme, dont vous ne voulez p^s tenir compte, ne me démontre pas, clair comme le jour ma conscience, ma raison, mon cœur, ma volonté ?

Vous vous prétendez observateurs; vpu? prétendez faire de l'induction ; etvousoommeaeeE par répudier les observations d'une certaine

celles qui portent sur rhomme întéet vous oubliez que sans ces obser- -là, que eans les lois qu'elles nous rétoutes vos observations extérieures jdeat impossibles, puisque l'être observant, dire l'être indépendant, n'existe pas; isonnement est interdit, puisqu'il n'y a is de raison que de raisonneur.

, nous sommes plus que vous de l'école aentale; notre psyc^jologie spiritualiste n de nier le principe de l'observation, absolu, se montre plus baconienne que Vous mutilez votre système, nous le as 'complet; vous l'étouffezen le boroûs lui rendons le souffle en lui ouvrant es sphères d'examen, pvons, je le veux, il le faut, je ne me )as plus que vous du témoignage de la 3; mais observons tout, partout. En decette condition-là, il n'y a qu'obscurité * •

le de Biran est le chef de la nouvelle école de psyspiritualiste qui s'attaque à l'induction de l'école de

Aristote, Descartes, Leibnitz, les Écossais, Jouffroy

LES PHILOSOPHIBS 277

La ct)nscience est blessée par les philosophies qui rejettent l'Évangile, le déclarant impossible â croire, et qui admettent sans sourciller les énormités suivantes :

Une matière éternelle.

Qui s'est créée toute seule.

Qui s'est organisée toute seule.

Qui s'est donné des lois toute seule.

Qui a émis ce qui la dépasse, ce qui lui ne ressemble en rien : l'esprit, la conscience, l'affection.

Quoi ! l'âme sortir de la matière! ce qui est libre, de ce qui est fatal ; ce qui agit spontané-

et Cousin, ont en face d'eux les Positivistes et les Matérialistes, Littré et Stuart-Mill.

Ici, la recherche intérieure, l'examen de ce qui se passe dans l'homme, ces certitudes du dedans qui sont les premières de toutes, puisque sans elles aucune autre ne saurait exister; là, une recherche purement expérimentale qui s'attache aux faits extérieurs et qui exclut l'étude des causes intérieures, des innéités, des instincts, des lois de la conscience et de la raison, de l'intelligence et du sens moral.

Ici, on aboutit à l'affinnation; là, au scepticisme absolu.

Ici, on maintient le libre arbitre ; là, on soutient que l'homme n*est qu'uii«, machine.

Maine de Biran a ramené plus que personne la philosophie à la conscience.

LA. C0I^3CÏENCB

at, diB ce qui ne peut que recevoir et trans-

ttre l'action; ce qui aime, de ce qui est

tnger au sentiment ; ce qui est moral et

pensable, de ce qui ignore le mal et le bien!

is voulez rire!

oint du tout, et ces gens là sont fort sérieux.

s, comme ils sont aussi conséquents qu'ils

t sérieux, ils nient tout simplement ce qui

embarrasse : la conscience, les affections,

prit; et ne gardent que ce qui leur va : la

tière.

[atière soit ! Seulement je prendrai l'instinct,

stinct n^aternel chez l'animal ; ce petit fait,

i que lui; et je leur demanderai : Comment

pliquez-vous?

omment expliquez-vous cette tendresse,

e habileté, ces prévisions? Gomment ex-

[uez-vous ces soins préservatifs, ces sol-

tudes aliw^entaires, ces douilleterjies du

iffaire d'hérédité, dites-vous!

rès-bien. Vous n'oubliez qu'un détail, qui

)n importance : le premier couple. Sans ie

mier couple, les autres sont impossibles.

LES PHILOSOPHIE» 2tÔ

n a fallu de toute nécessité, uti premier couple adulte, parfait, tnuni dès la première heure 'le toutes les connaissances, de toutes les habitudes exigées par k faiblesse et Tincapacité des petits.

Or, ce premier couple, qui Ta créé?

Et iious revoilà dans les mains de Dieu.

La conscience, blessée par cette négation dé rame, du cœur, de la raison, de la Volonté, de la liberté, et d'elle-même, que lui opposeiit les philosophie» incrédules; la conscience regarde à l'histoire, aux faits^ et trouve là sa guérison.

Elle voit, en dépit des climats, en dépit des races, l'Évangile, o'est-à-dire la puissance de Dieu, convaincre partout Thomme et partout le régénérer.

Quelques juifs apportent à la Grèce éprise de la forme une religion d'austérité, à la Grèce dégradée une religion de pureté, à la Grèce discoureuse une religion de devoir; quelques juifs apportent à Rome amoureuse delà force, à Rome débauchée, à Rome cruelle^ une reli-

les âmes, des caractères sont créés, des héroïsmes se lèvent. Voyez les martyrs chrétiens, voyez nos huguenots : Du Plessis-Mornay, Jeanne d'Albret, Lanoue, tant d'autres, et les galériens de Louis XIV, et les prisonnières de la tour de Constance 1 Voyez, sur un autre rivage, les Puritains, ces vaincus qui ont fondé FAmérique ! Voyez de nos jours, les dissidents d'Ecosse, ces familles qui, en pleinhiver, abandonnent leurs presbytères et s'en vont à la grâce de Dieu ; ces milliers de congrégations qui entrent résolument dans la voie des sacrifices ; ces sommes incroyables fournies chaque année, ces églises construites, ces écoles ouvertes, ces facultés de théologie instituées, ces œuvres de charité partout établies, croissant partout, avec les missions, avec l'expansion de la Bible, avec le renoncement, avec le dévouement chrétien I

Dans un temps comme le nôtre, passionné de jouisscmces, idolâtre d'argent, la conscience, cette intègre observatrice, trouve que de tels faits donnent aux philosophies incrédules et matérialistes un éclatant démenti.

LBS RBLIGIONg

plud pfôfdhdesblèHêtti^èë qu'ait f exiles la iêncê Itll ont été faltëd pAf la religion ; hlft presque dii'è, par la religion ôhré^

qu*il y 6 de piaJ au moflde, ô'êSt Ift corm de quelque ehoi^e de bôu. Lèd l'eligions ties ont gâté la eônsciènce, le ehristia^ ) corrompu a failli la tue^.

'squè le eathôlioidtne, au nom de la i^- L chrétienne, étale pendant des diècled 3anâàlei!i des couvents et du clergé; l'il jUdtifie les tyrannie» et les injustices, i'il exerce des persécutions violenteSf

îiBS RBLIQIOKS . 288

lorsqu'il travestit la Révélation, lorsqu'il invente une ëérie de dogmes qui nous ramènent en pleine idolâtrie, lorsqu'il fabrique des procédés de salut; lorsque le protestantisme, à son tour ^devient une institution politique, une morte orthodoxie ; lorscfu'il se fait intolérant, formaliste, appui du despotisme gouverne*mental; la oonsoienoe se trouble et se pervertit.

Dans quel état le long règne du catholi*cisme avait mis les conscienoes ; il n'y a qu'à se reporter au %yt sièole pour le savoir.

D'un côté, oe relâohement et ces mœurs dépravées qui n'étonnent plus personne; de l'autre, une Renaissance franchement païenne à laquelle se rattachent presque tous les hommes éclairés^ à commencer par Léon X et bon nombre de ses cardinaux.

Mais, parmi les preuves de cet affaissement prodigieux des consciences, j'en connais peu de comparables aux trois ou quatre conversions successives de l'Angleterre, acceptant sans difficulté la religion prescrite par le sou-^

verain régnant : papauté du monarque avec Henri Vin, protestantisme avec Edouard VI, catholicisme avec Marie, anglicanisme avec Elisabeth!

Lors de Tavénement de Marie, le parlement et le clergé fournirent à peine quelques opposants à la restauration catholique.

Ah ! par exemple, ce parlement qui acceptait le catholicisme de prime-saut, n'aurait pas du tout accepté Tobligation de rendre les biens qu'il avait pris au clergé. On obtint des bulles. On rassura les nouveaux possesseurs contre un changement de propriétaires, avant de leur demander un changement de foi. Tous adhérèrent! Leur religion, à la bonne heure. Leur argent, non.

Les pauvres gens furent, sous la Reine sanglante, les seuls martyrs ou peu s'en faut.

Et ce pays nous présente, aujourd'hui, un type achevé d'indépendance, de conviction, de self govemment!

Pourquoi? La véritable Réforme est venue, apportée par les dissidents, par les persécutés. Le catholicisme avait établi l'autorité romain8|

celle qu*on accepte les yeux fermés. La Ré forme a ramené Tautorité biblique, celle qui veut, \)OUT être reconnue, que la conscience ait les yeux ouverts.

De nos jours, le concile se charge de blesser la conscience, et de la blesser à mort.

Voici des hommes qui déclarent qu'un concile général présidé par le pape est l'organe infaillible du Saint-Esprit; et ces hommes intriguent pour déterminer l'action du Saint- Esprit, et ces hommes recherchent l'intervention des gouvernements pour déterminer la marche du Saint-Esprit, et ces hommes protesteront contre telle ou telle décision du Saint-Esprit, et ces hommes, le moment venu, interpréteront la décision du Saint-Esprit dans un sens absolument contraire à son vrai sens!

Les respects de l'incrédulité pratiquante, envers le christianisme, infligent à la conscience une blessure empoisonnée.

Je veux dire cette vieille hypocrisie en vertu

héL 00HS0IB9CS

^Ue^ les gens qui ne croient pas, font s'ild ofoyaient, saluent chapear* bas la qu'ils ont mise à la porte, et conser^ gneusement pour leurs femMes^ poui* fants, pour le peuple et pour la paix pulés mensonges — il fâtit înéttrë le îîôm îhôse " dont ils ïië veulent pâ^ poiir

là eommufiient à certaines époques, t parfois àtl ctïlte, font baptiser leurs bhi^ fllléà, se munissJettt des derniers jfttsà rheufe dernière ; ceux-là se scàni trèd-fort, lot*sqù'Un dotitetit» intègre, ite-BéuVe, par exemple, refuse couraent, honnêtement Textrêiûe-onctioni 3hport délivré par une religiott dont il nnaît plus Fautorlté.

is pour l'âme humaine, mépris pour la chaque acte religieux pratiqué par Tinsignifle cela. La religion à laquelle on i pas, et dont on fait Ufi moyen de'gouènt, tin moyen de répression, un supi, la gendarmerie ; c'est tout simplement wnge utile remis en honneur. Je ne

vois pa9 de quai droit ces gensrlà font la gua aux jésuites,

I^ christiamsme libéral^ proche parent VinoréjdiuUté respectueuse, ne î»4nage. i mieux la conscience.

Et d'abord, pourquoi Ubéral, en quoi béral?

}1 n'y a qu'une liberté, celle qui apporte délivrance du mal. rrr « Où esjt l'Esprit Christ, là est la liberté */» rr- La liberté; voilà. Souinission à la vraie autorité, indép dance visrà-vis djes faux pouvoirs, ne la ah chez pas ailleurs,

Libres! — Nous qui reconnaissons l'^ï rite de la Révélation, nou& qui voulonf obéi la Révélation, n^us sommes plus libr^, Ui sommes plus l^béraijix que vous. Nul ne e< sidère de plus haut qn^ npus les directeurs, traditions humaines, les croy^,nces toi] faites, la Cion^imode acceptation des inertes tbodoxies , -l'abdication de ces âmes pai

l, lîf Oormthieng, m, 17.

seuses qui, renonçant à la fatigue suprême, la recherche du vrai, s'échouent pour en finir ÛBXis le scepticisme ou dans la foi.

Nous connaissons, nous pratiquons le rude métier d'hommes libres. Les hommes de la jsible, les peuples de la Bible savent ce que c'est; je crois que tous ont fourni leurs preuves en fait de liberté.

Que deviendrait la liberté livrée aux libérattx : la liberté sans l'autorité, la liberté sans la foi? l'avenir le dira.

En attendant, voyez un peu ces chrétiens — car ils tiennent au nom — qui rejettent tout ce qui constitue le christianisme.

Ils croient en Dieu! et nient le surnaturel ; c'est-à-dire qu'ils détruisent Dieu.

Ils affectent d'admirer Jésus ! et nient tout ce que Jésus a déclaré sur lui-même; c'est-àdire qu'ils font de Jésus, ou un insensé, ou un blasphémateur.

Ils invoquent la Bible ! et nient la vérité de son contenu, c'est-à-dire qu'ils font du livre divin un recueil d'absurdités.

Ils prononcent des prières ! et nient l'inter-

vention du Tout-Puissant dans les affaires d'ici-bas; c'est-à-dire qu'ils se moquent et d'eux-mêmes et du Tout-Puissant.

Ils se posent comme les hommes de la conscience, comme les hommes du devoir! et nient le péché, nient la conversion ; c'est-à-dire les affirmations les plus éclatantes de la conscience, c'est-à-dire l'essence même du devoir.

Cela fait, les chrétiens libéraux prennent des attitudes mystiques, considèrent la larme à l'œil ce pauvre Évangile qu'ils ont mis en lambeaux, et nous apprennent ceci : que l'Évangile n'a pas de réalité objective, mais qu'il répond à des besoins subjectifs! que l'âme humaine -he saurait se passer de religion ; qu'elle demande une certaine dose d'idéal ; que c'est dans la proportion où un individu, où un peuple est religieux qu'il est libre, qu'il est moral; que, par conséquent, il faut lui donner du dogme, qu'il faut lui administrer de la révélation, suivant ses appétits ! — Et voilà de nouveau le mejisonge à la base de tout l'édifice moral, de tout l'édifice social.

Étonnez-vous après cela des ébranlements.

290 îiA CÔNSCIENCB

Étonnez-vous que les âmes indignées, ^pou* vantées, se jettent en plein despotisme romain. Battus de la tempête, déchirés par les douleurs, hantés de ces pourquoi terribles que chaque tombe en se fermant déchaîne sur notre cœur; étonnez-vous que des hommes sérieux, que des hommes de devoir et jusqu'à un certain point de conscience, se précipitent vers une autorité quelconque, acceptent une religion inacceptable, croient, subissent, pratiquent la tête dans un sac, plutôt que de se résigner à cette Révélation qui n'en est pas une, à ce Sauveur qui n'en est pas un, à ces prières qui n'obtiennent rien, à ce Dieu qui dort on ne sait où I

La Réforme, quoi qu'on en ait dit, n'a rien à faire avec le christianisme libéraL Le libéralisme — pris dans le sens théologique, actuel et faux du mot — n'est pas la conséquence du principe réformé; il en est la négation. La Réforme a ramené les âmes à la foi, à 1» grâce, à la Bible, trois choses absolument antipathiques aux libéraux.

LES ÎIELIGIONS 291

En fait d'autorité — le monstre par excellence pour tout libéral — montrez-m'en une comparable à celle que la Réforme a retrouvée et remise en vigueur : l'autorité du livre qu'aucune tradition, qu'aucune interprétation ne modifiera jamais! Montrez-moi, ici-bas, un pouvoir plus absolu, un maître plus exigeant! Et découvrez, si vous le pouvez, des soumissions, des renoncements pareils à ceux des vrais hommes libres, des enfants de la Bible et de Dieu!

Ne laissons donc mettre au compte delà Réforme, ni les négations audacieuses, ni les négations doucereuses, ni pas une des énormités qu'elle rejette avec horreur et qu'on cherche à lui endosser.

Les Églises nationales — il faut rendre à César ce qui appartient à César — ont, avec l'Église catholique, préparé ce perpétuel divorce entre les actes et la foi, qu'on appelle libéralisme, et par où la conscience est si grièvement blessée. Leur principe et leurs coutumes, qui supposent une conviction universelle , ont

mt accoutumé les hommes à traction,

aensonge païen, celui qui avait coups à la conscience antique, itinué, sous la forme chrétienne, et la conscience affirment que la m fait personnel, que la converit individuel ; le pag€uiisme et les altitude proclament une foi colut de tout citoyen. Ces dernières catéchumènes aussi régulièretat lève ses conscrits* Quels que tes, ou rindifîérence, ou la conçu dix-sept ans — à sept dans ne — le fossé est sauté, nérations successives sont appe- Terconvaincues sans l'être ; ainsi )mmunion sans la conversion — s si celles-là l'emportent sur les 'e la porte à toutes les méprises * ne pas dire à toutes ses dupliomme qui n'est pas chrétien se chrétien, fait en chrétien baptîts, reçoit la cène en chrétien.

pratique tout, ne croit à rien, prend Dieu à témoin de ses hypocrisies, s'y établit en paix, y vit, y dort, y meurt ; et ne se doute pas qu'en agissant de la sorte, il devient un des plus terribles agents de cette perversion morale sous l'incessant travail de laquelle notre société pourrit et périt.

A mesure que s'éclairent les consciences, elles voient là ce qu'il y a : un scandale; et, par ce qui leur reste de religion, elles rejettent la religion.

Mais, grâce à Dieu, les Églises nationales ne sont pas les vraies Églises de la Réforme.

La Réforme, dans tous les temps et dans tous les pays a produit ses témoins, a fourni ses représentants. Ceux-là, partout et toujours, sont retournés au modèle apostolique; ceux-là, partout et toujours, ont pris la Parole de Dieu pour unique règle de leur vie et de leur foi ; ils ont rejeté la tradition, ils ont retrouvé l'Église. Par la profession individuelle, par la séparation de l'Église et du monde, par la séparation de rÉgli'se et de l'État, ils ont rétabli la vérité*

Catholicisme, luthéranisme, anglicanisme, calvinisme sont à l'heure qu'il est battus en brèche et vont se démolissant. Une seule foî reste debout : la vieille foi des vieux réformateurs. Solidement appuyée d'un côté sur la Bible, de l'autre sur l'Église, elle se sait immortelle, et le prouve en vivant.

VÉglise dÈtat^ cette monstruosité, blesse plus à fond la conscience.

L'Église d'État demande l'appui du magistrat, le secours de l'épée. Quand elle ose et que l'heure est aux violences, elle demande la persécution. Par compensation, elle laisse l'État s'immiscer dans ses affaires ; et par calcul, elle protège à son tour l'État. Cet échange de bons services entre les despotismes et les clergés, mène droit les âmes en pleine incrédulité religieuse ; c'est bien le moins.

Des lois qui attachent certains privilèges à certaines croyances, des statuts qui frappent de défaveur certaines convictions, des mesures de répression qui vont gêner l'exercice d'une foi quelconque, des mesures de rigueur

qui vont en châtier l'expression; des politiques de sacristie qui, au dehors et au dedans, poursuivent un but absolument étranger à l'intérêt loyal, honnête, avoué du pays; des magistrats civils qui mènent ou malmènent les questions roligieuses, qui autorisent la fixation d'un dogme ou s'y opposent, qui tantôt protègent, tantôt régentent — et souvent tous les deux à la fois — l'Église qu'on appelle Église de Dieu; des czars, des reines qui sont les chefs nés de la religion ; un empereur qui, par ses ministres, intervient dans les décisions de Rome, c'est-à-dire^ — pour les catholiques — dans les décisions du Saint-Esprit; voilà de quoi ruiner, et à fond, toute notion de vérité chez tout peuple consciencieux.

La conscience est blessée par tels ou tels procédés nationaux absolument contraires au sens moral.

Conversion sommaire des peuples barbares, à dater de Constantin; armées de moines lâchées sur les païens dont elles saccageaient les temples et violentaient les habitants; missions à coups de massue exercées en Phénicie sous les auspices de saint Chrysostôme, missions à coups de hache exercées parmi les Saxons sous la paternité de Charlemagne, missions à coups de sabre exercées en Livonie et en Prusse par

les chevaliers Porte-glaive ; croisades contre les musulmans, qui, le plus souvent, aboutissaient au pillage des chrétiens et au massacre des juifs; croisades contre les Albigeois et les Vaudois, rondement menées à grand renfort de bûchers : autant de procédés qui sont de l'histoire, qui ont été des faits, et qui, de près ou de loin, attaquent la conscience, car ils sousentendent le mépris de la vérité.

Même sous-entendu, moins sanguinaire, aussi funeste à Tâme, lorsque, de nos jours, les princesses allemandes qui prétendent à l'honneur d'entrer dans la famille impériale de Russie, se tiennent prêtes — retardant exprès leur première communion — soit à rester catholiques, soit à demeurer protestantes, soit à se faire grecques [si quelque Grand-duc sollicite la faveur de leur main.

Mêine scandale quand les Bernadette se font protestants en Suède, quand les fils d'un roi protestant ou catholique se font grecs à Athènes, quand la religion se fait partout la servante de Tambition.

298 LA CONSCIENOB

Et vou$ VOUS étonnez quQ les peuples ne us à rien M

aute, cette école impie, ouverte ou Le tout au moins par les gouverno- 1 bon temps jadis, blesse au vif la.

irsenal, qu'un musée nous livre les ) la torture; en présence de ces raffisans nom, pratiqués à froid, savourés Dut notre être s'exaspère et proteste, ips dont je parle on ne s'exaspérait ne s'indignait même pas; on allait teler comme on va voir courir, et revenait au petit pas de sa mule, conourreau, de ses valets et de soi, loses se passaient hier, Souvene»- Damiens! Souvenez-vous des belles ispendues à ces agonies dont nous ne LS pas à supporter le récit !

irler de la dépravation profonde opéie tels enseignements ; chevalets, te-

)tc F à la fin du yolume.

nailles, poires d'angoissQ et le reste proclamaient ceci : qu'il n'y a ni juste ni injuste , car chacun le sent d'instinct, dès que la torture s'en mêle, le résulat ne peut plus être la découverte de la vérité ; ils proclamaient CQci : l'absolu dédain de l'âme humaine, car, au nom de la moralité, il§ lui arrachaient le sens moral.

Notre temps n'a-t-il rien à se reprocher? Les exécutions publiques ne pervertissent-elles pas la conscience publique? Ne sait-on point quels propos s'échangent en face du couperet? Être libre, se sentir l'esprit allègre, le corps dispos, et se tenir là, les mains dans les poches, pour voir agoniser; cela fait-il des braves ou celé fait-il des lâches? Est-ce de l'humanité, ou de la bestialité?

Les combats de taureaux, cette sauvagerie féroce dont se repaît l'Espagne et que maintient son gouvernement, est-elle à la gloire de notre siècle? Favorise-t-elle Téclosion des générosités, le développement du sens moral; ou réveille-t-elle les mauvaises voluptés, allume-t-elle la soif du sc^ng, va-t-elle déchaî^

^"^^ cette brute, cette fauve que chacun de sent rugir et gronder au fond de son

enseignement se retrouve, soyez-en sûrs, jours de révolution, aux jours de corn- •, il montre les élères qu'il a faits. Alors oit des assassinats atroces longuement nplis par tout un peuple, alors on voit des les acharnées au sang, alors on voit des its tuer pour se divertir, alors on voit la conscience n'est pas impunément per- B par les leçons que lui donne l'autorité ^ croyez-vous que la guerre légèrement dée, croyez-vous que ce dédain pour la * humaine qui implique la plus parfaite Férence aux douleurs de l'âme, qui sous-

ipprimez dans nos villes les boucheries et le transublic des chairs sanglantes; ayez des marchés spé-

Qu'on n'égorge plus dans les rues de nos villages, es yeux de nos enfants rassemblés. Vous ouvrez là x>les de méchanceté, qui gangrènent la conscience, me indifférent aux souffrances de l'animal, Thonmie lépravé pour s'en repaître, l'homme assez perverti pour T lui-même, vaut un assassin ; fournissez-lui l'oc^iasion, leviendra tout à fait. — Quant aux façons cruelles de l est granrî temps d'y mettre un terme. Que la cons*

publique s'émeuve et qu'elle en ^t raison.

entend le plus complet oubli de TÉternité, croyez-vous que de tels attentats ne démoralisent pas à fond?

Et les procédés que la guerre entrcune :

tueries d'ennemis sans défense, coups de fusils tirés par derrière; et les Arabes enfumés ; et les boulets qui enfoncent la glace après Austerlitz! cela fait-il vivre ou cela fait-il mourir la conscience d'un peuple?

Il n'y a pas trois jours, nous pratiquions la traite. S'inquiéter des massacres qui l'entretiennent en Afrique, s'inquiéter du désespoir de ces désemparés, de ces déchirés ; s'inquiéter des tourments de cette marchandise noire, pantelante, étouffée, pourrie à fond de cale, jetée par-dessus bord dès qu'elle s'avariait ou qu'un surveillant de la mer paraissait à l'horizon; demander un réveil de la pitié, un effort, un mot, un vote : n'était-ce point passer pour un esprit chimérique, pour un pourfendeur de moulins à vent?

Rien ne se perd dans le monde moral, pas plus que dans le monde physique. Les exemples ne meurent pas plus que les idées.

Le sang inutilement versé par 1q pouvoir a disparu, vous le croyez ! nos places publiques Font bu, nos pavés Vont recouvert, nos magis^ trats s'en sont lavé les mains, tout est dit! Non, tout n'est pas dit, et une heure vient, toujours, où ce sang ressort, où ce sang bouillonne, où ce sang appelle un autre sang; et c'est le peuple, l'élève attentif de la grande école du pouvoir, qui, de son talon, le fait jaillir du sol.

Toutes les fois que le représentant de la justice : le gouvernement, vole, ment, corrompt, oppresse , il assassine la conscience.

L'altération des monnaies jadis, TÉtatretranchant un quartier dans les temps plus modernes, la banqueroute totale ou partielle ; autant d'actes, qui d'un homm^ feraient un coquin, Que font-^ils de cette collection d'hommes qu'onappelle gouvernement? que mettentils devant l'âme ? qu'enseignent-ils au pays? Les révolutions et les révolutionnaires pourront vous le dire au besoin.

Ils vous diront que les moyens infâmes employés en haut lieu, les lettres de cachet au

sièclç (Jernier, les embastilkments sans procès et sans terme; de nos jours Fimmorale action d'une politique sans scrupules; les faveurs scançlftleuses, les violations du droit, le mensonge prenant partout ses entrées sous le nom d'habileté, la corruption électorale établissant l'achat, par conséquent la vente des consciences ; ils vous diront que la police secrète, ce long crime destiné à prévenir les crimes, ces agents provocateurs qui ont intérêt à faire éclore le mal, ces camarades placés en prison auprès des accusés afin de les espionner, de les tromper, de les perdre; et, si l'on remonte quelques degrés sur cette sale échelle : les abus de confiance, les serviteurs déloyaux entretenus auprès des ministres, auprès des ambassadeurs ; les lettres décachetées, copiées, recachetées; les e^çistences louches et dégrar dées sous l'apparence de l'intégrité, de la sincérité ; toute cette infernale boutique en un mot, foyer permanent de corruption, gâte le pays, crée un danger perpétuel, proclame à grande voix qu'il n'y a ni bien ni mal, ni vrai ni faux, ni sainteté ni perversion; qu'il y a

le chose qui se nomme le pouvoir, et

arsqu'on le tient, tous les moyens sont

)Our le garder.

l'est pas impujiément non plus, croyez-

[ue la ôonscience voit les gouvernements

* une partie de leurs revenus, les uns sur

rie : l'Espagne, l'Autriche et l'Italie * ; les

; sur les maisons de jeu : le gr€md duché

le, le canton du Valais, Monaco; ceux-ci

L vente des eaux-de-vie : la Russie chez

a France à Taïti ; ceux-là sur le débit de

m : l'Angleterre aux Indes, l'Angleterre

ine^!

l'oubliez pas davantage, les gouverne-

3 vont puiser leurs ressources en de pires

3 devient la conscience publique, que

ut la pudeur publique, que devient l'hon-

)n seulement la loteriôfr publique est autorisée en non seulement le gouvernement perçoit un droit sur re d'entreprise, mais le monopole lui en est exclusiveréservé, et c'est par quatre-vingt millioni que Ton '. le bénéfice annuel que verse au trésor cette institutioa aie, la ruine du pays. * oyez note F à la fin du volume.

nêteté, lorsque des établissements innommables reçoivent un caractère officiel du gouvernement qui les impose, qui les autorise, qui les protège, qui les S€uictionne, et qui encaisse sans rougeur ces écus chargés de boue et tachés de sang!

Soyez-en certains, sur cet argent-là, sur ces gouvernements-là, il y a de la malédiction \

Vous qui tolérez de tels marchés, vous qui autorisez ces ventes et ces achats de chair humaine, faites attention à ce que je vous dis]

Vous qui légalisez ce vaste assassinat des âmes, vous qui le supportez ; au jour du jugement, vous répondrez des âmes assassinées.

Prenez garde au jour du jugement ».

1. En face de pareilles turpitudes, il fait bon se souvenir de cette parole d'un ministre d'État qu'on félicitait sur son avènement au pouvoir :

<x Je ne suis pas au pouvoir, je suis au devoir! » Je préfère ce viril accent à nos banalités sur le : bane de douleur.

2. Tout ce qu'on a dit de l'attentat que je signale, on Ta dit des maisons de jeu.

On a dit des maisons de jeu : qu'elles étaient un mal nécessaire. •— Or le mal n'était pas nécessaire, puisqu'il a disparu et qu'on s'en est passé.

On a dit des maisons de jeu : que, si la loi les prohibait, def

iccultes, échappant à toute surveillance, Tiendraient ilacer, et que, loin de guérir, la plaie grandirait* «^ lice, qui n*a le droit d'exister que pour découvrir les ntions à la loi et pour les empêcher de nuire, met nent la main sur les tripotSf sur las tripoteurs, cof» ix-ci, fermant ceux-là.

dit : que, privée d'une satisfaction en quelque sorte

et légitime, la passion du Jeu s'exaspérerait, qu'elle t des proportions effrayantes^ que le nombre des des dupeurs et des dupés décuplerait, que le jeu sup* rait plus de victimes qu'il n'eu a fait, toléré ! — Or, il vé, qu'affranchie d'une provocation continuelle, d'un t appel qui la créait lorsqu'elle n'existait pas, qui la i lorsqu'elle était engourdie, qui, lorsqu'elle vivait et 3n surexcitait les ardeurs, la passion du jeu, si elle ne it évanouie, ne s'est point accrue, que le nombre dos 3t des victimes n'a point augmenté, et que l'occasion, i toiyours aux aguets une fois délogé, les allants et les

les indififéreuts, les passants qui tombaient daii9 ses • tout au moins, ceux-là — lui ont échappé, inez, en conteieMe, et tirez les conclusions.

queXaQubs faits individuels

Les rois sont des individus, admirablement placés, convenons-en, pour sauvegarder ou blesser la conscience.

Quand les Valois, quand un Louis XIV étalent leurs adultères au plein éclat du jour; lorsqu'ils entourent cette fange de la considération publique ; lorsque la position de maîtresse en titre, de fils adultérin devient un état, j'allais dire une vocation reconnue, brillante, rayonnante, proclamée, respectée; lorsque, sans scrupule et sans vergogne, avec une impudence qui n'a d'égale que l'orgueil,

l'individu roi légitime son vice et le déployé en haut; Findividu peuple profite de la leçon, et la répète en bas. — Lisez l'histoire!

Tout écrivain est un professeur, tout artiste est, à sa manière, un orateur.

Quand le théâtre et les livres prennent à lâche de remuer les lies du cœui^; quand l'impureté, sous tous ses aspects, en fait l'éternel fond; quand le vice, à toutes les sauces; tantôt frivole et grotesque, tantôt sérieux et gourmé, forme l'unique plat du menu; lorsque les expositions de peinture, sous prétexte de retour au vrai, lorsque les expositions de sculpture, sous prétexte de retour à l'antique, placent devant nos regards, c'est-à-dire devant nos âmes, des images vicieuses, provocatrices au mal; quand la musique se fait ignoble, quand ses phrases moqueuses, triviales et débauchées, je n'ai pas d'autre mot, vont rabattant l'esprit au lieu de l'élever; pensezvous, dites-le moi, que ces discours-là restent sans action sur un peuple? Ne voyez-vous pas que chacun entend , que chacun comprend

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