QUELQUES FAITS INDIVIDUELS
et que la vie nationale en est empoisonnée parce que le sens national en est perverti* ?
L'industrie et les industriels ont blessé la conscience.
Ces fortunes immodérées, bâclées en un tour de main sous l'étouffante, sous l'impure atmosphère des manufactures n'étalent point leur luxe, sans que, par un juste retour, le spectacle des misères qui en ont favorisé la monstrueuse rapidité : travail forcé des enfants 2, travail forcé des femmes, destruction de la famille, dépravation de l'âme et délabrement du corps, ne sautent aux yeux.
Plus de foyer, plus d'éducation, plus de saines tendresses! L'enfant, ce libre oiseau, encagé au sortir de l'œuf, loin du soleil, du grand air, des buissons et de la liberté, s'atrophie et se corrompt. La femme séparée du mari, la fille de la mère ; le logis froid, désert,
1. Visitez le musée de Madrid; rappelez-vous le temps de« Poussin, des Lesueur; écoutez les Handel, les Beethoven; ils vous diront d'où nous sommes tombés.
2. Ce travail, jusqu'à seize ou dix-sept ans, devrait être absolument interdit.
^ LA GONSOIENOB
lugnant; rhomme au cabaret, parce qu'il plus d'intérieur; des rapprochements gs et fâcheux imposés parles exigences d'un me labeur, tandis que la différence des itudes et des branches opère la division enles membres d'une même famille : tout cela istitue un état de choses vicieux; et l'argent
en sort, les grosses prospérités bruyantes
émergent tout à coup de ces marais, ne itribujBnt pas, tenez-vous en pour certains, issainir la conscience publique.
)ieu merci, toutes les fabriques et tous les ricants n'en sont pas là. On rencontre des iustriels préoccupés du bien-être, de la ralité, de l'avenir de leurs ouvriers. Ceuxparce qu'ils respectent la conscience, resîtent l'homme; ceux-là, plus pères que itres, protègent les familles; ils instruisent
enfants, ils organisent des intérieurs graux, ils ménagent au travailleur des moments
il est roi chez lui. Mais on les compte; et >ens moral ne vit pas d'exceptions.
^.'argent — il faut, hélas ! y revenir sans^cesse