SCÈNE V
les mêmes, ALDEN, CHARLOTTE ».
Est-ce que vous n'aimez pas autant que ce soit moi qui vous introduise qu'un domestique?
ALDEN.
Si fait, mais je ne voulais pas vous déranger.
CHARLOTTE
Vous ne me dérangez pas. Je savais que vous deviez venir et je vous attendais.
ALDEN.
Vous êtes une belle enfant et une honnête fille, mademoiselle.
RUHBERG.
Soyez le bienvenu, monsieur Alden.
ALDEN.
Serviteur, monsieur le conseiller (sèchement), serviteur, madame.
MADAME DE RUHBERG.
Monsieur....
ALDEN.
Je viens plus tôt que vous ne m'attendiez, peut-être?
RUHBERG.'
A toute heure vous êtes le bienvenu. Mais où est notre avocat?
ALDEN.
Au pala's où il plaide. Aussitôt son homme condamné ou absous, il est ici.
CHARLOTTE
Oh ! je suis bien sûre qu'il gagnera sa cause. I. Mme de Ruhberg, Ruhberg, Alden, Charlotte.
ALDEN
Oui-da! Savez- vous que vous avez là une charmante enfant, madame ! Quel âge ?
MADAME DE RUHBERG.
Dix-sept ans !
ALDEN.
Ah ! Eh bien, voyons, les deux enfants veulent donc se marier?
RUHBERG.
Il paraît.
ALDEN.
Soit, je n'y vois pas d'inconvénient.
madame de ruhberg, piquée, va s'asseoir à gauche. Vous n'en voyez pas ! En vérité, c'est bien flatteur pour nous, monsieur Alden.
ALDEN.
Oh ! ne vous y trompez pas. Cela n'a pas toujours été ainsi.
MADAME DE RUHBERG.
Ah ! monsieur le vérificateur, c'est la première fois que j'entends pareille chose.
ALDEN.
Pourquoi ne l'entendriez-vous pas, puisque c'est la vérité?
Ainsi , ce mariage vous déplaisait?
ALDEN.
C'est-à-dire que, lorsque mon fils m'en a parlé la première fois , j'eusse autant aimé m'être cassé une jambe.
MADAME DE RUHBERG.
Grand merci , monsieur.
ALDEN.
Oh! moi, je ne sais pas dissimuler; chacun d'ailleurs a pour ses enfants des projets arrêtés. Donc l'affaire me déplut d'abord , mais bientôt après je me dis la fille est bonne, le père est honnête, la mère seule a une tète un peu éventée....
MADAME DE RUHBERG.
Monsieur!
ALDEN.
Mon fils a donné sa parole, et comme je n'ai jamais manqué à ma promesse , je ne veux pas que mon fils manque à la sienne.... Alors j'ai consenti.
MADAME DE RUHBERG.
En vérité?
CHARLOTTE
Ma mère !
RUHBERG.
Madame, il est ainsi fait. Vous ne le changerez point, n'est-ce pas?
Écoutez, venez par ici [elle entraîne Alden adroite); pour vous