‹ La ConscienceChapitre 38 sur 114 · ACTE IT, SCÈNE VIIT · texte numérisé non relu

ACTE IT, SCÈNE VIIT

EDOUARD

Depuis quelque temps, mon cher, elle a cessé de tourner et je

l'ai contre moi.

chrétien, à part.

Je parierais qu'au lieu d'aller chez Mlle de Kœnigstein. il a encore été jouer!...

RITAN.

Mais c'est qu'aussi, ma parole d'honneur, tu t'obstinais cette nuit sur la rouge....

EDOUARD

Oui, mon obstination m'a coûté cher. J'ai perdu tout ce que j'avais, plus, mille écus sur parole avec le baron de Daunberg.

CHRÉTIEN

A propos du baron Daunberg, son valet de chambre sort d'ici.

EDOUARD

Ah!

CHRÉTIEN

Et il a remis pour monsieur ce billet de son maître.

EDOUARD

Oui, je sais ce que c'est. (// froisse le billet.)

Tu ne lis pas ce billet?

EDOUARD

A quoi bon? Il me demande ses mille écus, parbleu! J'avais promis qu'ils seraient chez lui à neuf heures, et il est midi.

CHRÉTIEN

Le domestique a dit qu'en revenant de l'hôtel d'Europe, il repasserait par ici.

Edouard, il va s'asseoir à gauche.

C'est bien! Laisse-nous, Chrétien.

CHRÉTIEN

C'est que j'ai encore à remettre à monsieur....

EDOUARD

Quoi?

CHRÉTIEN

Un autre papier.

EDOUARD

Donne !

CHRÉTIEN

Celui-ci est timbré.

EDOUARD

Laisse-nous. (// lit.) Décidément, c'est une malédiction.

RITAN.

Qu'y a-t-il?

EDOUARD

Il y a que jusqu'à présent nous en avons été quittes pour l'éclair! Voilà la foudre !

RITAN.

Enfin, parle!

EDOUARD

Tu sais, cette affaire de douze cents florins?...

RITAN.

Pour laquelle on te poursuivait?

EDOUARD

On vient d'obtenir à la chancellerie un décret d'arrestation contre moi.

RITAN.

Diable ! ceci devient plus sérieux !

Edouard, amèrement et se levant.

Oui, cela brûle! aussi, vois! (// s'essuie le front et montre sa main mouillée par la sueur.) Allons, il n'y a plus d'autre ressource ! Ritan, puis-je compter sur toi?

RITAN.

Parbleu! excepté pour de l'argent. Je suis sans le sou, et il s'écoulera bien trois jours avant qu'une somme assez considérable que j'attends...

EDOUARD

Il ne s'agit point d'argent. Ce matin, j'étais parti pour aller chez Mlle de Kœnigstein.

Bon, je comprends.

EDOUARD

J'avais promis à mon père de rapporter un oui ou un non, mais me défiant de ma hardiesse à solliciter de vive voix une pareille réponse, j'avais préparé une lettie. En passant devant la maison de jeu, j'ai pensé que j'avais trente louis dans ma poche, qu'avec ces i rente louis et un peu de bonheur je pouvais faire sauter la banque, et que si j'avais deux ou trois cent mille écus , je serais bien plus hardi pour parler mariage. Je suis entré. J'ai tout perdu.

RITAN.

Et tu m'as ramené ici?...

EDOUARD

Pour te prier de me rendre un service. Il faut qu'aujourd'hui mon sort se décide. Va chez Mlle de Kœnisgtein et remets-lui cette

lettre.

RITAN.

Cette lettre?

EDOUARD

Oui.

RITAN.

Cette lettre! C'est celle du baron Daunberg!

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