‹ La ConscienceChapitre 59 sur 114 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

RUHBERG, EDOUARD '.

Edouard, tombant à genoux.

Pitié , pitié pour moi , mon père.

RUHBERG.

Relevez-vous et regardez-moi.

EDOUARD

Mon père , je n'ose !

Oui. Ce vous est difficile, je comprends, de regarder le visage d'un honnête homme!

EDOUARD-

Soyez miséricordieux, mon père.

RUHBERG.

Oh ! vous m'avez cruellement traité et toutes les joies du mon !e, en supposant que le monde pût me garder encore des joies, toutes les joies du monde ne me rendraient pas les forces que vous m'avez prises aujourd'hui.

EDOUARD

Malheur! malheur sur moi, alors.

RUHBERG.

Voià ma récompense pour mes angoisses à son chevet, lorsqu'enfant il était malade; pour mes insomnies, quand, jeune homme, il commençait à déserter la maison et que je passais les nuits à l'attendre; pour mes cheveux blanchis dans la terreur de ce qui arrive aujourd'hui. Oh! Edouard, Edouard! tu aurais pu mieux me-récompenser. (// tombe sur le fauteuil a droite.) Edouard, toujours à genoux.

Oui! oui ! vous avez mison , mon père; repoussez le fils indigne, maudissez l'enfant ingrat qui, en échange de tout votre amour, vous rend le crime et la honte.

RUHBERG.

Edouard , vous allez partir ce soir même, nous ne nous reverrons plus.

Edouard, se relevant.

Ne plus vous revoir, mon père ! Oh mon Dieu ! mon Dieu !

Plus dans ce monde, du moins.

EDOUARD

Vous quitter, prendre la fuite, quand c'est moi ... Non. Vous n'y songez pas. C'est impossible.

i . Edouard, Ruhberg.

Page 1