ACTE III, SCÈNE VII
ruhberg, se levant.
Il le faut, je l'exige. Je le veux!
Edouard, retombant à genoux.
Mais vous, qu'allez-vous devenir?
RUHBERG.
Moi , je deviendrai ce que deviennent les dépositaires infidèles.
EDOUARD
Ne dites pas cela, je vous en prie, mon père , ne dites pas cela.
RUHBERG.
Frédéric consentira peut-être à plaider pour moi comme il a plaidé pour le vieux Sivert.
EDOUARD
Mon père !
RUHBERG.
D'ailleurs.... quelque chose qu'il arrive, le grand-duc est bon; il aura pitié d'un vieillard.
Edouard, se relevant.
Oh! non, non, cela ne sera pas ainsi ; je cours me dénoncer, dire que je suis le coupable, et...
Et....
EDOUARD
Et je me tue !
RUHBERG-
Malheureux ! voilà justement ce que je ne veux pas. Si vous vous tuez! où sera le repentir? Si tu te tues, où sera l'expiation? Non. Il faut vivre , il faut lutter, il faut forcer les hommes à mettre la rhose commise sur le compte de la jeunesse et des passions folles. Il faut leur dire : « J'ai été perdu par l'ardeur du jeu , par une ambition insensée , par un amour fatal. Jeune et faible , j'ai payé ma dette au mauvais génie; je suis tombé, et mon honneur m'a suivi dans ma chute, mais je me suis relevé.... Soutenu par le repentir et l'espérance, deux anges de Dieu, je me suis relevé et j'ai traversé, pour arriver à des régions plus élevées, ces régions mauvaises. Me voici maintenant plus grand , parce que j'ai été abaissé; plus fort, parce que je me suis repenti; meilleur, parce que j'ai été éprouvé.
EDOUARD
Oui , oui , mon père Ce serait beau , ce serait grand , mais vous ! mais vous !
RUHBERG.
Moi ! je n'ai plus que quelques jours à vivre. Moi, je suis le passé ; toi, tu es l'avenir. {Il tombe à demi évanoui dans un fauteuil, à droite.)
Edouard , se jetant au cou de son père.
Oh ! mon père ! au secours , au secours !