ACTE V, SCÈNE HT
EDOUARD
Je n'ai point désiré, je n'ai point demandé cette place, monsieur.
LE CONSEILLER
ïl n'en est que plus honorable pour vous d'avoir été jugé digne de l'occuper et par vos amis et par vos ennemis. OhJ ce n'est pas comme dans la politique, et il n'est question ici ni de raison ni de sentiment: l'emploi de directeur de la caisse des douanes est une affaire de simple comptable et n'occupe que les mains.... (Traversant derrière en observant Edouard.) Eh bien ! vous ne répondez pas? Edouard, embarrassé.
Pardon, monsieur, je pense au cautionnement, à la difficulté, je dirai même à l'impossibilité de me le procurer.
LE CONSEILLER
Bah ! on a des amis en ce monde. N'ètes-vous pas de Manheim? Eh bien ! je suis sûr qu'à Manheim des personnes s'empresseront de vous prêter ce misérable cautionnement. Je connais très-bien Manheim, moi, et si vous hésitez à faire les démarches, je les ferai pour vous, enchanté que je serai de servir un homme qui m'a empêché de commettre une injustice dans l'affaire de la belle paysanne de Selberg contre sa famille. [Faussa sortie.) Adieu, monsieur Ruhberg. Ah! pardon, je me trompe; mais j'ai connu autrefois à Manheim un M. Ruhberg, qui est bien souffrant en ce moment. Pauvre homme! et je ne sais comment son nom m'est venu aux lèvres à la place du vôtre. Pardon encore une fois.... Adieu, monsieur Stevens. (Il sort.)