SCÈNE VIII
EDOUARD, LE BARON', en costume d'officier bavarois.
le baron , très-amical.
Bonjour, mon cher Stevens.... Vous étiez avec quelqu'un, ce me semble, ne suis-jc pas importun ?
EDOUARD
Vous êtes mille fois le bienvenu , au contraire; cher baron , je souhaitais ardemment de vous voir et j'allais me rendre chez vous.
LK BARON
Ainsi tous deux en même temps nous avions même pensée, même désir; mais vous, Edouard, ce n'est point un sentiment égoïste qui vous poussait vers moi ; vous n'avez point de confidence à me faire, de secret à verser dans mon sein ?
EDOUARD
Hélas !
LE BARON
Oh ! parlez alors ; si un chagrin confié à un ami devient plus léger, dites que je ne suis point votre ami , s'il ne s'allège pas à partir d'aujourd'hui.
EDOUARD
Vous me devinez, vous m'encouragez. Toujours noble , toujours généreux , oh ! je vous reconnais bien là.
LE BABON.
Parlez , je vous écoute.
Ah mon Dieu !
Qu'avez-vous? -
EDOUARD
LE BARON
EDOUARD
J'ai qu'au moment d'aborder un aveu terrible, j'hésite, je tremble. Oh! baron, je voudrais, au lieu de vous tout devoir, vous avoir rendu de mon côté quelques-uns de ces services éminents qui engagent un homme envers un autre homme, tandis que je vous dois tout.
LE BARON
Eh bien ! ce service éminent , que vous regrettez de ne pas m'avoir rendu , je venais précisément le réclamer de votre amitié. Laissez-moi parler le premier, promettez-moi de faire selon le désir démon cœur, puis, alors vous parlerez vous-même, et ma reconnaissance sera si grande que, quelque service que vous me demandiez et que je vous rende , je serai encore votre obligé, puisque je vous devrai le bonheur de ma vie. (// lui prend le bras et V emmène au canapé.)
\. Edouard, le baron.
EDOUARD
J'accepte le pacte saint que vous m'offrez , baron , et je jure fidélité à vos intérêts , quand même le chemin de votre bonheur devrait passer sur mon tombeau. (// s'assied près du canapé.) le baron, lui serrant la main.
Écoutez : ma jeunesse a été une triste jeunesse, je suis arrivé à Tâge de vingt-cinq ans sans amitié , sans amour.
Et maintenant?
LE BARON
Maintenant j'ai tous les deux.... Un ami qui m'aime, une femme que j'aime.
EDOUARD
Sauriez-vous déjà qu'aujourd'hui votre père, le comte de Warden?.. .
LE BARON
Vous a chargé de sonder mes sentiments à l'égard de ma cousine, la comtesse Louise. Je le sais.
EDOUARD
Eh bien !
LE BARON
La comtesse Louise n'est pas celle que j'aime , Edouard.
EDOUARD
Mais votre père s'était fait une joie de ce mariage.
LE BARON
Mon père sait trop ce que c'est qu'une union, où d'un côté l'amour manque, pour insister sur la mienne, quand vous lui direz, Edouard, que non-seulement je n'aime pas la comtesse Louise, mais encore que j'aime une autre femme.
EDOUARD
Une autre femme !
LE BARON
Vous lui direz que j'aime la comtesse Sophie !
Edouard , se levant.
La comtesse Sophie..., ah!...
le baron, debout.
Qu'avez-vous, Edouard?
ÉDOFARD.
Rien, mais laissez-moi vous parler franchement, baron; je ne crois pas que la comtesse Sophie vous aime.
LE baron.
Vous ne croyez pas? et pourquoi? d'où vous vient ce doute, Edouard? vous ne répondez pas? Vous paraissez embarrassé.
EDOUARD
Vous savez que votre père m'avait chargé de vous parler de votre mariage avec la comtesse Louise. Il attend une réponse. Que lui dirai-je?